SMQ - L'impasse des musées québécois
« Le milieu muséal enregistre un recul en ce moment »
Alors que démarre la grande fête annuelle des musées à travers le Québec, la Société des musées québécois (SMQ) profite de l'occasion pour rappeler au gouvernement Charest ses inquiétudes quant à l'impasse budgétaire qui guette ses institutions membres. Une lueur d'espoir semble toutefois poindre à l'horizon.
En mars dernier, la SMQ lançait un message sans équivoque au gouvernement libéral du Québec par le biais d'une campagne de sensibilisation au slogan évocateur: «Pour que les musées restent vivants, contre le sous-financement des musées.» «Jusqu'à tout récemment, rien n'avait vraiment changé, constatait Carl Johnson, président de la SMQ et directeur du Musée régional de Rimouski. Cette campagne n'a pas reçu l'écoute escomptée de la part du gouvernement. Le budget Séguin n'a pas pris nos besoins au sérieux et les annonces de la ministre Jérôme-Forget confirment cette tendance. Le budget de fonctionnement reste à la même hauteur que celui de l'an dernier.»
Ainsi, pour l'année en cours, les 124 institutions recevant des subventions d'aide au fonctionnement se retrouvent avec une enveloppe globale de près de 60 millions de dollars, comparativement à 53 millions pour l'année 2003-04. Une augmentation de sept millions que se partagent en réalité le Musée de la civilisation à Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal pour combler, dans le premier cas, des compressions subites l'an dernier et rembourser, dans le deuxième cas, des dépenses au service de la dette. La SMQ réclame au gouvernement 18 millions supplémentaires en trois ans pour le soutien au fonctionnement, un minimum qu'elle juge nécessaire afin que les musées puissent remplir leur mission de conservation, de recherche, de diffusion et d'éducation.
Une méprise
La ministre de la Culture et des Communications Line Beauchamp, venue marteler en octobre dernier sur la tribune du congrès de la SMQ que c'en était assez de la fragilité du réseau muséal, semble toutefois ouverte à l'idée de remédier à cette absence d'écoute de la part du gouvernement, interprétée par Carl Johnson comme une méprise par rapport à la responsabilité et au rôle que jouent les musées dans leur milieu.
Dans une lettre adressée tout récemment à la SMQ, la ministre laissait en effet entendre à l'organisme qu'elle acceptait son offre de collaborer à l'amélioration du mode de soutien aux institutions muséales. Carl Johnson a reçu cette réponse avec satisfaction, considérant tout de même que le problème demeurait entier pour l'heure. «L'ouverture de la ministre pourrait faire toute la différence», a-t-il commenté.
Il rappelle néanmoins qu'en 2003-04, onze institutions muséales municipales ont subi des coupes, qui devraient se poursuivre encore cette année. «On est 120 musées (en excluant les musées nationaux) à se partager 15 millions, alors qu'il y en a 175 qui en ont besoin. Le milieu muséal enregistre un recul en ce moment.» Selon un sondage éclair réalisé auprès de ses membres, la SMQ avance même que, si plusieurs institutions ne reçoivent aucune aide au fonctionnement ou aucune augmentation du soutien actuel, cette situation risque d'entraîner des incidences à court terme telles des coupures de postes et des fermetures pour une période indéterminée.
Dans ce contexte, la mise sur pied d'un Bureau national des institutions muséales, telle qu'annoncée par la ministre Monique Jérôme-Forget lors de la présentation de son plan d'action 2004-07, pourrait-elle aider à corriger la situation? «Il y a une apparente bonne nouvelle derrière tout ça, estime Carl Johnson. Si on crée un tel bureau, c'est parce qu'on va créer les ressources pour le mettre en oeuvre. Dans ce contexte, il pourrait à la rigueur amener un peu de profondeur dans la vision gouvernementale à l'égard du soutien aux musées.» La SMQ, qui déplorait n'avoir été aucunement consultée dans ce projet, annonce maintenant qu'elle est «à nouveau prête à consacrer temps et énergie, avec le nouveau Bureau national des musées, dans le but de trouver les meilleures solutions pour dénouer l'impasse actuelle à laquelle font face les musées du Québec».
Un cri du coeur
Malgré cet apparent signe d'ouverture présenté par la ministre Line Beauchamp, la SMQ reste aux abois. De peur de se «retrouver à la rue» si rien ne bouge réellement du côté du ministère de la Culture et des Communications, les institutions muséales relancent donc leur campagne de sensibilisation. Quelque 190 000 cartes postales ont été distribuées à travers le Québec, et le courrier continue d'affluer au bureau de Jean Charest.
Et pour donner encore plus de poids à ce cri du coeur, le cul-de-sac constitué par le segment nord de la rue Saint-Christophe a été baptisé, l'espace d'un jour, «L'impasse des musées».
«On a choisi cette approche métaphorique pour démontrer notre impatience, fait valoir Carl Johnson. Il faut que les gens comprennent que c'est beau de mettre de l'argent dans la santé et l'éducation, mais la culture est aussi fondamentale pour une société. Line Beauchamp a choisi un cheval de bataille, qui est celui des conditions socioéconomiques des artistes, mais elle l'a mis en opposition avec tout le reste. On est un élément de la chaîne. En diminuant progressivement nos expositions, on risque de contribuer à l'appauvrissement des créateurs.»
En mars dernier, la SMQ lançait un message sans équivoque au gouvernement libéral du Québec par le biais d'une campagne de sensibilisation au slogan évocateur: «Pour que les musées restent vivants, contre le sous-financement des musées.» «Jusqu'à tout récemment, rien n'avait vraiment changé, constatait Carl Johnson, président de la SMQ et directeur du Musée régional de Rimouski. Cette campagne n'a pas reçu l'écoute escomptée de la part du gouvernement. Le budget Séguin n'a pas pris nos besoins au sérieux et les annonces de la ministre Jérôme-Forget confirment cette tendance. Le budget de fonctionnement reste à la même hauteur que celui de l'an dernier.»
Ainsi, pour l'année en cours, les 124 institutions recevant des subventions d'aide au fonctionnement se retrouvent avec une enveloppe globale de près de 60 millions de dollars, comparativement à 53 millions pour l'année 2003-04. Une augmentation de sept millions que se partagent en réalité le Musée de la civilisation à Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal pour combler, dans le premier cas, des compressions subites l'an dernier et rembourser, dans le deuxième cas, des dépenses au service de la dette. La SMQ réclame au gouvernement 18 millions supplémentaires en trois ans pour le soutien au fonctionnement, un minimum qu'elle juge nécessaire afin que les musées puissent remplir leur mission de conservation, de recherche, de diffusion et d'éducation.
Une méprise
La ministre de la Culture et des Communications Line Beauchamp, venue marteler en octobre dernier sur la tribune du congrès de la SMQ que c'en était assez de la fragilité du réseau muséal, semble toutefois ouverte à l'idée de remédier à cette absence d'écoute de la part du gouvernement, interprétée par Carl Johnson comme une méprise par rapport à la responsabilité et au rôle que jouent les musées dans leur milieu.
Dans une lettre adressée tout récemment à la SMQ, la ministre laissait en effet entendre à l'organisme qu'elle acceptait son offre de collaborer à l'amélioration du mode de soutien aux institutions muséales. Carl Johnson a reçu cette réponse avec satisfaction, considérant tout de même que le problème demeurait entier pour l'heure. «L'ouverture de la ministre pourrait faire toute la différence», a-t-il commenté.
Il rappelle néanmoins qu'en 2003-04, onze institutions muséales municipales ont subi des coupes, qui devraient se poursuivre encore cette année. «On est 120 musées (en excluant les musées nationaux) à se partager 15 millions, alors qu'il y en a 175 qui en ont besoin. Le milieu muséal enregistre un recul en ce moment.» Selon un sondage éclair réalisé auprès de ses membres, la SMQ avance même que, si plusieurs institutions ne reçoivent aucune aide au fonctionnement ou aucune augmentation du soutien actuel, cette situation risque d'entraîner des incidences à court terme telles des coupures de postes et des fermetures pour une période indéterminée.
Dans ce contexte, la mise sur pied d'un Bureau national des institutions muséales, telle qu'annoncée par la ministre Monique Jérôme-Forget lors de la présentation de son plan d'action 2004-07, pourrait-elle aider à corriger la situation? «Il y a une apparente bonne nouvelle derrière tout ça, estime Carl Johnson. Si on crée un tel bureau, c'est parce qu'on va créer les ressources pour le mettre en oeuvre. Dans ce contexte, il pourrait à la rigueur amener un peu de profondeur dans la vision gouvernementale à l'égard du soutien aux musées.» La SMQ, qui déplorait n'avoir été aucunement consultée dans ce projet, annonce maintenant qu'elle est «à nouveau prête à consacrer temps et énergie, avec le nouveau Bureau national des musées, dans le but de trouver les meilleures solutions pour dénouer l'impasse actuelle à laquelle font face les musées du Québec».
Un cri du coeur
Malgré cet apparent signe d'ouverture présenté par la ministre Line Beauchamp, la SMQ reste aux abois. De peur de se «retrouver à la rue» si rien ne bouge réellement du côté du ministère de la Culture et des Communications, les institutions muséales relancent donc leur campagne de sensibilisation. Quelque 190 000 cartes postales ont été distribuées à travers le Québec, et le courrier continue d'affluer au bureau de Jean Charest.
Et pour donner encore plus de poids à ce cri du coeur, le cul-de-sac constitué par le segment nord de la rue Saint-Christophe a été baptisé, l'espace d'un jour, «L'impasse des musées».
«On a choisi cette approche métaphorique pour démontrer notre impatience, fait valoir Carl Johnson. Il faut que les gens comprennent que c'est beau de mettre de l'argent dans la santé et l'éducation, mais la culture est aussi fondamentale pour une société. Line Beauchamp a choisi un cheval de bataille, qui est celui des conditions socioéconomiques des artistes, mais elle l'a mis en opposition avec tout le reste. On est un élément de la chaîne. En diminuant progressivement nos expositions, on risque de contribuer à l'appauvrissement des créateurs.»
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