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    Idées

    Hommage à Monique Simard

    2 décembre 2017 | Christophe Tardieu - Directeur général du Centre national du cinéma et de l’image animée | Actualités culturelles
    L’excellence du travail de Monique Simard à la tête de la SODEC a été saluée par tous les artistes, cinéastes, écrivains québécois, et ces derniers se sentent un peu orphelins en ce moment, souligne l'auteur. 
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’excellence du travail de Monique Simard à la tête de la SODEC a été saluée par tous les artistes, cinéastes, écrivains québécois, et ces derniers se sentent un peu orphelins en ce moment, souligne l'auteur. 

    C'est avec une infinie tristesse que j’ai appris que le mandat de Monique Simard à la tête de la SODEC ne sera pas renouvelé en janvier prochain.

     

    Qu’il me soit permis de dire ici à quel point Monique est pour moi une femme d’exception et j’espère surtout que son départ ne viendra pas remettre en cause la mise en oeuvre de l’entente signée cette année entre la SODEC et le Centre national du cinéma français.

     

    Monique m’a fait l’honneur de me demander de lui remettre en novembre dernier la médaille d’officier des arts et lettres qui lui avait été accordée par le gouvernement français, venant ainsi saluer une carrière exceptionnelle et une militante inlassable de la culture française et francophone.

     

    Je n’avais pas pu m’empêcher de dire dans ma petite allocution que nos deux familles étaient originaires de la même région française, en Charente, et que seuls les ancêtres de Monique avaient eu le courage de s’embarquer pour la Nouvelle-France au début du XVIIe siècle.

     

    Un milieu orphelin

     

    J’ai toujours été fasciné devant son incroyable connaissance du milieu culturel québécois et français. Je suis presque certain qu’il n’existe pas un artiste québécois dont on puisse parler sans que Monique dise « tu veux que je te le présente ? »

     

    Je sais que l’excellence de son travail a été saluée par son conseil d’administration et par tous les artistes, cinéastes, écrivains québécois et que ces derniers se sentent un peu orphelins en ce moment.

     

    Quand nous avons décidé de monter cette entente entre la SODEC et le CNC français, ce n’était pas seulement des retrouvailles émouvantes entre le Vieux Pays et la Nouvelle-France. C’était surtout pour échanger sur des sujets très concrets qui intéressent la France et le Québec, l’industrie cinématographique de nos deux pays, dans un monde globalisé. Qu’il me soit permis de donner quelques exemples.

     

    Lorsque nous décidons de soutenir financièrement ensemble des festivals qui mettent en valeur nos cinématographies respectives, y compris sous des formes modernes comme ce festival de courts métrages montréalais sur Facebook, nous faisons avancer les esprits dans nos deux pays.

     

    Quand nous décidons ensemble de lancer une mission commune pour trouver des solutions concrètes pour mieux diffuser dans les salles de cinéma les oeuvres françaises au Québec et les oeuvres québécoises en France, nous aidons nos industries cinématographiques et nous contribuons à rapprocher nos deux peuples issus d’une même souche.

     

    Lorsque nous créons avec de nombreux partenaires un fonds visant à soutenir la jeune création en Afrique francophone subsaharienne et en Haïti, nous faisons de la francophonie une arme offensive totalement pacifique et nous défendons cette belle langue que nous avons en commun et qui porte tant de valeurs qui nous sont chères. Le français n’est pas une langue qu’on parle pour accommoder une ville ou des médias !

     

    Je n’oublie pas non plus son inlassable curiosité sur nos discussions parfois byzantines au sein de l’Union européenne, surtout quand elles débouchent sur des résultats concrets comme cette directive européenne qui va donner la possibilité à la France de taxer Netflix pour financer la création française et lui imposer des obligations d’exposition d’oeuvres françaises et européennes sur sa plateforme accessible en France.

     

    Bien davantage que la très grande professionnelle respectée et appréciée par tous les artistes québécois, c’est l’amie de la France, l’amie très chère à mon coeur qui va nous manquer.

     

    Merci Monique ! Je suis si content d’avoir eu le privilège de croiser une belle personne comme toi.













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