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    L’illustrateur québécois Francis Back meurt à 58 ans

    L’illustrateur québécois Francis Back
    Photo: Michel Bazinet L’illustrateur québécois Francis Back

    L’illustrateur québécois Francis Back est décédé jeudi matin dans un hôpital de Montréal. Il avait 58 ans.

     

    Créateur au trait fin et assuré, spécialiste des reconstitutions en images de sujets historiques, il a mis son talent au service de projets multiples : illustration de livres, mais aussi pour les musées, les parcs nationaux, la télévision et le cinéma, ici comme ailleurs dans le monde. Il enseignait souvent son art en Asie.

     

    « Des illustrateurs historiques de sa trempe, il n’y en avait pas beaucoup dans le monde, dit David Ledoyen, spécialiste de la diffusion du patrimoine qui a connu Francis Back. Il était capable de fouiller des archives, d’y tirer des informations fiables et de les transcrire dans des images dynamiques, agréables à voir. »

     

    Né en 1959 à Montréal, Francis Back était le fils de feu Frédéric Back (1924-2013), lui-même mégavedette de l’illustration et de l’animation, au travail consacré par deux Oscar.

     

    Back fils démontre un talent précoce pour le dessin, que son célèbre père va encourager. Sa formation se fera ici auprès de sa famille (« tout le monde autour de moi avait un pinceau à la main », dira-t-il en entrevue), mais aussi à l’École des Beaux-Arts de Bâle en Suisse. Il s’y astreint à une discipline « quasi monastique » et commence ses premières escapades vers les dépôts d’archives, où il retranscrit patiemment des pages entières de manuscrits, explique-t-il dans une entrevue parue dans la revue Cap-aux-Diamants en 2013.

    Photo: Source Francis Back Scène de vie des premiers Montréalais transigeant avec des Amérindiens. Œuvre présentée en 2012 au Musée Marguerite-Bourgeoys dans le cadre de l’exposition «Dessiner l’Amérique française: les illustrations de Francis Back».
     

    À la longue, le dessinateur hors pair va faire de l’illustration historique une de ses grandes spécialités. Explorateur des archives, grand lecteur des chroniques et des travaux d’historiens, obsédé des détails, il va devenir la référence en matière d’illustration des petits et grands moments de la vie en Nouvelle-France, des cultures amérindiennes, de l’histoire maritime et de la transformation des costumes.

     

    « Mes illustrations sont de véritables armes d’instruction massive », déclarait-il dans une entrevue au Progrès de Lyon à l’occasion d’une présentation de ses dessins sur les Iroquoiens du Saint-Laurent dans le cadre d’une exposition muséale. « Elles dépassent la simple illustration et s’appuient sur un véritable travail de recherche. Faire revivre notre passé, c’est mettre en image le patrimoine. »

     

    David Ledoyen rappelle qu’il a produit plusieurs vues aériennes de Montréal à différentes époques en documentant chacun des édifices dessinés pour connaître sa taille, ses matériaux, son emplacement exact, etc. « Il a corrigé plusieurs mythes des clichés, ajoute-t-il, par exemple autour de l’image des coureurs des bois léguée par les illustrations américaines. Il a aussi donné à voir les gens ordinaires d’autrefois dont il n’existe aucune image ou presque. »

     

    Scénarimage

     

    Aucun sujet concernant le passé de son coin du monde ne lui était étranger. Francis Back a aussi bien illustré le livre Les coureurs des bois. La saga des Indiens blancs de George-Hébert Germain (Libre Expression, 2003) que des livres sur la piraterie et l’esclavage, ou des capsules historiques parues dans Le Soleil pour célébrer les 400 ans de Québec.

     

    Il a dessiné des timbres aussi. Par contre, le connaisseur avait refusé de participer à une exposition du Musée canadien de la guerre pour ne pas se soumettre à l’interprétation distordue par les conservateurs de la guerre de 1812.

     

    Son talent était aussi très recherché par le milieu de la pub, de la télévision et du cinéma pour préparer des story-boards. Le scénarimage permet d’illustrer le film à venir à raison d’un dessin par plan, un peu à la manière d’une bande dessinée préalable au tournage. Il a enseigné cet art à Taïwan pendant des années.

     

    Francis Back a planché sur les réalisations de François Girard (Cargo), Richard Attenborough (Grey Owl), sur des films historico-fantaisistes (The Mummy) comme sur des drames réalistes (Piché, entre ciel et terre). Il était aussi aux dessins pour Incendie de Denis Villeneuve.

     

    Les funérailles de Francis Back auront lieu le 22 octobre à la Maison Memoria du boulevard Saint-Laurent à Montréal.













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