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    Le CALQ accusé de discrimination systémique

    Des organismes artistiques déplorent le manque d’appui à la diversité culturelle

    Au moins deux pièces de Rahul Varma ont été traduites en français, dont «Bhopal», qui portait sur la fuite mortelle de gaz empoisonnés en Inde.
    Photo: Ben Balba Au moins deux pièces de Rahul Varma ont été traduites en français, dont «Bhopal», qui portait sur la fuite mortelle de gaz empoisonnés en Inde.

    Plusieurs organismes artistiques de la « diversité culturelle » du Québec se sont plaints mercredi de discrimination systémique de la part du Conseil des arts et des lettres du Québec. Ils étaient réunis sous la bannière du Réseau des artistes pour l’équité.

     

    Certains déplorent le fait d’avoir complètement perdu leur subvention sans raison évidente. C’est le cas par exemple du Tessri Duniya Theater. Son directeur, Rahul Varma, dit ne pas comprendre comment il se fait que le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts de Montréal reconnaissent le professionnalisme de sa compagnie tandis que le CALQ s’y refuse.

     

    Pour expliquer cet état de fait, il évoque le manque de représentation de la diversité culturelle dans les jurys et dans le personnel du CALQ. « Je parle hindi, j’écris en anglais. La différence culturelle fait partie de mon existence », dit-il. Après la fondation d’une compagnie sud-asiatique, le travail de Rahul Varma a évolué vers la diversité culturelle. Au moins deux de ses pièces ont été traduites en français, L’affaire Farhadi, qui portait sur la violence conjugale et sur le racisme, et Bhopal, qui portait sur la fuite mortelle de gaz empoisonnés en Inde.

     

    « Après le grand succès de L’affaire Farhadi, j’ai reçu une subvention du CALQ », dit-il, avant d’ajouter qu’ensuite, les subventions sont devenues irrégulières.

     

    De son côté, Zab Maboungou, de la compagnie de danse Nyata, affirme qu’il y a déjà 30 ans qu’elle se bat pour la reconnaissance de la diversité culturelle au Québec. Selon elle, le plan d’action pour la diversité culturelle, mis en place en 2016 au CALQ, n’arrange pas les choses. « Ils vont soutenir des artistes émergents, dit-elle. Mais retournez voir ces artistes dix ans plus tard… » La demande de Khosro Berahmandi, directeur artistique du Festival Accès Asie, a été entièrement rejetée par le CALQ. « Nous avons souvent l’impression d’être traités comme si nous étions inférieurs, étrangers et non professionnels, car nous présentons les diverses cultures asiatiques dans une ville où les différentes communautés asiatiques sont en croissance et dans un monde de connexions croissantes entre le Québec et l’Asie », dit-il.

     

    Fo Niemi, du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), s’engage à examiner de près la composition du conseil d’administration, du personnel et des jurys du CALQ. « Le processus de sélection des membres du jury, leurs caractéristiques raciales et linguistiques et leurs compétences relatives à l’évaluation des projets artistiques issus de cultures diverses sont des facteurs pertinents », dit-il.

     

    « Représentatif de la population »

     

    De son côté, la présidente-directrice générale du CALQ, Anne-Marie Jean, affirme que l’analyse de l’ensemble des comités de jury a été examinée cette année, entre autres en vertu du plan d’action pour la diversité culturelle adopté par le CALQ depuis 2016.

     

    Chiffres à l’appui, elle affirme que, selon les dernières statistiques du CALQ, 15,1 % des demandeurs de bourses sont des artistes issus de la diversité, alors qu’ils obtiennent 16,7 % des bourses. Aussi, 52,6 % des organismes issus de la diversité qui avaient fait une demande de subvention ont obtenu des fonds, tandis que la proportion pour l’ensemble des organismes est de 43,4 %.

     

    Les statistiques du CALQ démontrent aussi que 14,6 % des membres des jurys seraient issus de la diversité, alors que cette population représente 12,6 % de l’ensemble du Québec.

     

    Mme Jean assure que la composition de l’ensemble des comités de jury a été révisée. Le CALQ doit s’assurer que les jurys ont la compétence requise pour juger des oeuvres, dit-elle, et il a la possibilité d’aller chercher des personnes de l’extérieur si c’est nécessaire. « On souhaite être représentatif de la population », dit-elle, rejetant toutefois « carrément » les allégations de discrimination systémique.

     

    Anne-Marie Jean reconnaît cependant que, pour ce qui est du personnel du CALQ, les changements surviennent plus lentement. « Il y a des départs à la retraite et on s’assure que les postes sont affichés dans tous les réseaux », dit-elle.

     

    Le besoin de mieux refléter la diversité culturelle du Québec se fait sentir depuis plusieurs années, dit-elle. Mais les doléances des organismes issus de la diversité l’ont « fait sursauter », ajoute-t-elle. « Le Conseil des arts et des lettres du Québec fait depuis plusieurs années du travail avec le milieu de la diversité. »













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