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    Édition

    Vers un mariage entre La Martinière et Média-Participations

    Hervé de La Martinière
    Photo: Fred Dufour Agence France-Presse Hervé de La Martinière

    Le Seuil va épouser Dargaud. Ce faire-part de noces annoncé jeudi entre le groupe La Martinière (propriétaire notamment du Seuil) et Média-Participations, leader européen de la BD, marquera, s’il aboutit, la naissance d’un géant de l’édition française qui sera également présent aux États-Unis.

     

    « Nous étudions les possibilités d’un rapprochement entre nos deux groupes, dans le cadre d’un échange d’actions. Je dois penser à l’avenir de la maison que j’ai fondée il y a 25 ans », a déclaré Hervé de La Martinière, le p.-d.g. et fondateur de l’actuel septième groupe éditorial français.

     

    Les élus du comité d’entreprise (CE) du groupe La Martinière ont été informés jeudi matin de l’ouverture d’une consultation sur ce projet de rapprochement. « Nous n’avons pas encore donné notre feu vert », a précisé à l’AFP la secrétaire du CE, Isabelle Détienne.

     

    Les discussions entre les deux groupes devraient permettre de déboucher sur un accord dans les mois qui viennent.

     

    « Dans un monde où les acteurs traditionnels comme les nouveaux opérateurs ne cessent de se renforcer, se rapprocher avec un groupe aussi solide et complémentaire que Média-Participations, nous semble, à moi et aux actionnaires fidèles qui m’accompagnent, une solution à la fois pérenne et prometteuse », a estimé Hervé de La Martinière.

     

    « Nos deux groupes ont depuis longtemps une vision internationale similaire, stratégie qui m’a conduit à acquérir [l’américain] Abrams, qui représente aujourd’hui une part significative du chiffre d’affaires du groupe », a-t-il expliqué.

     

    En 2016, le groupe La Martinière (500 salariés) a réalisé un chiffre d’affaires de 206 millions d’euros (303 millions de dollars canadiens). Média-Participations (n° 5 de l’édition française) a réalisé quant à lui un chiffre d’affaires d’environ 355 millions d’euros (522 millions de dollars canadiens). Média-Participations compte un millier de salariés.

     

    Si les négociations aboutissent, la nouvelle entité deviendra le troisième groupe éditorial français (derrière Hachette et Editis). Elle devrait être présidée par Vincent Montagne, p.-d.g. de Média-Participations et par ailleurs président du syndicat national de l’édition (SNE), qui rassemble la plupart des éditeurs français.

     

    Hervé de La Martinière, 70 ans, devrait assurer quant à lui la vice-présidence du nouveau groupe. « J’ai besoin d’Hervé », a assuré à l’AFP Vincent Montagne.

     

     

    Journal d’un dégonflé

     

    Les deux hommes ont insisté sur « la complémentarité » des deux maisons. Avec des marques comme Le Seuil, L’Olivier, les Éditions du sous-sol ou Delachaux Niestlé, La Martinière est très présent en littérature générale et dans les beaux livres tandis que Média-Participations, leader de la bande dessinée européenne, éditeur notamment de Lucky Luke, est également présent dans le livre religieux et pratique (Fleurus, Rustica…) ainsi que dans la production audiovisuelle.

     

    Média-Participations a déjà mis un pied dans la littérature générale en prenant le contrôle en juin des Éditions Anne Carrière.

     

    « Notre société, comme celle d’Hervé de La Martinière, est d’abord un groupe familial qui a, depuis 30 ans, fédéré en Belgique et en France des actionnaires fidèles et sensibles aux spécificités de nos métiers de création », a rappelé Vincent Montagne.

     

    « L’importance du Seuil, son image, son histoire et ses succès sont de nature à nous permettre de prendre une place très significative dans la littérature », a souligné le p.-d.g. de Média-Participations.

     

    « Média-Participations, par la bande dessinée et la production audiovisuelle, s’est dès l’origine construit sur une vision internationale de notre métier, a noté M. Montagne. L’arrivée d’Abrams et des filiales suisses et allemande de La Martinière Groupe accélérerait et transformerait la présence du nouveau Groupe ainsi constitué à l’international », s’est-il félicité.

     

    Abrams, la filiale américaine de La Martinière, est spécialisée dans la littérature jeunesse et constitue une des pépites du groupe.

     

    C’est notamment l’éditeur de la série au succès planétaire le Journal d’un dégonflé.

     

    Pour assurer son indépendance, La Martinière avait cédé en 2015 sa filiale déficitaire de diffusion et de distribution Volumen au groupe Editis (filiale française du géant de l’édition espagnole Planeta). Le groupe est aujourd’hui principalement détenu par les frères Alain et Gérard Wertheimer (actionnaires de Chanel) et par Hervé de La Martinière lui-même.













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