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    Tex Lecor, le dernier des vrais

    9 septembre 2017 | Ugo Giguère - La Presse canadienne - avec Le Devoir | Actualités culturelles
    Toute sa vie, Tex Lecor aura d’abord et avant tout été peintre. Il a notamment été l’un des instigateurs de l’Institut des arts figuratifs.
    Photo: Source Denis Archambault Galerie Archambault Toute sa vie, Tex Lecor aura d’abord et avant tout été peintre. Il a notamment été l’un des instigateurs de l’Institut des arts figuratifs.

    À la fois chansonnier, humoriste, animateur et peintre, Tex Lecor a toujours su émouvoir et faire rire les Québécois de diverses façons.

     

    Il aura travaillé à son oeuvre dans son atelier de peintre jusqu’à la toute fin malgré son hospitalisation récente pour un anévrisme, comme le souligne son ami de plus de 50 ans, Louis-Paul Allard.

     

    Ce dernier n’aurait jamais cru perdre son ami de façon aussi subite. « On va se souvenir de lui à tous les points de vue. C’est un être à 360 degrés. Un talent immense. Tout le monde va se souvenir de lui, soit par les toiles, les chansons ou les insolences. On en a pour un bout de temps avant de l’oublier », a ajouté celui qui l’a côtoyé à la radio de CKAC, puis à la télévision à l’émission Y’a plein de soleil.

     

    « Il était vraiment le dernier des vrais », a-t-il conclu en faisant référence au titre du premier succès en chanson de Tex Lecor, paru en 1963.

     

    Peintre avant tout

     

    Selon la biographie publiée sur son site Web personnel, Tex Lecor, de son vrai nom Paul Lecorre, est né le 10 juin 1933 à Saint-Michel-de-Wentworth, dans les Laurentides. Il était l’aîné d’une famille de trois enfants.

     

    Son père, Henri-Paul, d’origine bretonne, était lui-même artiste, homme de théâtre et politicien local. Sa mère, une Québécoise de souche normande, lui a légué son émerveillement face à la nature.

     

    Paul Lecorre étudie chez les Clercs de Saint-Viateur, où on l’encourage à poursuivre son cheminement pictural. En 1951, à l’âge de 18 ans, il entame des études à l’École des Beaux-Arts de Montréal.

     

    Son surnom de « Tex » lui est donné lors d’un été passé à travailler dans l’Ouest canadien, au milieu des années 1950. Il lui vient d’un ceinturon qui portait le mot Texas sur la boucle.

     

    Toute sa vie, il aura d’abord et avant tout été peintre. Nathalie Beauchamp, de la galerie Balcon d’art, qui s’occupait de la gérance de la carrière picturale de Tex Lecor, raconte que son père, Denis Beauchamp, a rencontré l’artiste il y a plus de 45 ans. M. Beauchamp travaillait alors à développer le métier d’agent d’artiste au Québec.

     

    « Quand il a été prêt à montrer sa peinture, il voulait être certain qu’il n’aurait pas de succès grâce à son nom. Alors mon père a présenté les oeuvres à l’extérieur du Québec, au Canada anglais, pour voir la réaction. Il est un artiste extraordinaire. Il a peint la joie de vivre. Il a peint le Québec, les gens au travail. Il a marqué l’histoire du Québec avec sa peinture », insiste la galeriste qui a présenté le dernier vernissage de Tex Lecor, en juin dernier à Saint-Lambert.

     

    Elle n’est d’ailleurs pas étonnée que M. Lecor soit resté devant son chevalet jusqu’à ses derniers jours. « N’importe quel artiste va dire que peindre, c’est aussi important que respirer. Même s’il avait des problèmes, il retournait à son chevalet dès qu’il pouvait s’asseoir. La peinture, pour lui, c’était un véritable besoin. On a la chance que ses tableaux restent pour que plusieurs générations puissent les voir », souligne-t-elle.

     

    Pionnier de la chanson

     

    Vers la fin de la décennie 1950, après sa sortie des beaux-arts, il se tourne vers la chanson. Il devient rapidement une figure marquante du mouvement des chansonniers. Son premier disque 45 tours, intitulé Le grand Jos, paraît en 1959, sous étiquette Disques London. Puis, un album paraît la même année sous le titre Complexe de la chanson canayenne.

     

    En 1963, il obtient son premier succès avec la chanson Le dernier des vrais. Il passe ensuite du côté de la télévision, en 1970, pour animer l’émission de variétés Sous mon toit, à Télé-Métropole.

     

    Son plus grand succès en chanson, Le frigidaire, paraît en 1972. Écrite par George Langford, elle sera traduite en quatre langues et sera diffusée à travers le monde.

     

    C’est aussi en 1972 que Tex Lecor rencontre Denis Beauchamp, qui est alors à inventer le métier d’agent d’artistes au Québec.

     

    Toujours au début des années 1970, Tex se retrouve à la radio de CKAC où il coanime le Festival de l’humour québécois, une émission hebdomadaire où ses talents d’humoriste sont mis à profit, aux côtés de Louis-Paul Allard, Roger Joubert et Pierre Labelle.

     

    Il deviendra alors célèbre pour ses Insolences d’un téléphone.

     

    Au début des années 1980, sa popularité de peintre devient telle qu’il réussit pratiquement à vendre la totalité de sa production.

     

    Au milieu des années 1980, il fonde, avec d’autres artistes désireux de promouvoir l’art figuratif au Québec et à l’étranger, l’Institut des arts figuratifs qui regroupe aujourd’hui plus de 160 peintres et sculpteurs professionnels.

     

    À la fin des années 1990, Tex Lecor, Louis-Paul Allard, Roger Joubert et Pierre Labelle se retrouvent à l’animation de l’émission Y’a plein de soleil à la télévision. Shirley Théroux se joindra par la suite au projet. L’émission sera diffusée durant 13 saisons.













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