Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Financement des arts

    Nouveau programme autochtone au Conseil des arts et des lettres du Québec

    L'artiste autochtone Hannah Claus siège au conseil d'administration du CAM. Hannah Claus, Question de temps, Art souterrain 2014, Montréal. Zone: Place Ville-Marie.
    Photo: art_inthecity L'artiste autochtone Hannah Claus siège au conseil d'administration du CAM. Hannah Claus, Question de temps, Art souterrain 2014, Montréal. Zone: Place Ville-Marie.

    Après le Canada, le Québec. Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) a annoncé en primeur au Devoir l’inclusion dans ses programmes d’une « nouvelle approche autochtone ». Son instauration sera terminée en avril 2018, mais la transition est entamée, avec l’inclusion désormais systématique sur les comités de pairs d’une « expertise autochtone », comme l’expliquait en entrevue la présidente-directrice générale, Anne-Marie Jean.

     

    Au lendemain d’une prise de position ferme de la part du Conseil des arts du Canada (CAC), son pendant fédéral, le CALQ a fait savoir qu’il est de son côté en train de « réfléchir à un programme et de développer une nouvelle approche » pour les arts autochtones.

     

    « Dans la foulée de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, on a constaté que nos actions avançaient très lentement, a expliqué Mme Jean. On n’avait pas l’impression de faire les progrès espérés, ni d’avoir le Conseil le plus inclusif possible. » Un grand remue-méninges a donc eu lieu, le 3 mars dernier, avec des travailleurs et artistes autochtones. La discussion a porté sur les enjeux et barrières auxquels ils doivent faire face, ainsi que sur les méthodes actuelles du CALQ.

     

    Et de là, acte.

     

    Se définir

     

    La définition « d’artiste autochtone » a été ajustée, et est déjà appliquée pour l’accueil des projets. L’artiste professionnel doit pratiquer son art contre rémunération, avoir une reconnaissance de ses pairs et diffuser publiquement des oeuvres dans des contextes reconnus de ses pairs. L’artiste autochtone, lui, désormais, doit être issu des Premières Nations ou des collectivités métisses et inuites du Canada, être engagé de façon continue dans sa pratique et être reconnu par sa communauté ou sur son territoire comme artiste dans sa forme d’art, qu’elle soit traditionnelle ou contemporaine.

     

    Le CALQ voulait d’abord instaurer des comités de pairs entièrement autochtones pour juger ces projets — cette information est d’ailleurs encore affichée sur le site Internet. « Lors de la rencontre, on s’est fait dire que ce serait plus porteur pour l’avenir d’avoir des comités mixtes, dévoile la directrice. On recrute présentement des experts pour notre base de données, et quand on met un comité sur pied, on s’assure qu’il y a de l’expertise autochtone autour de la table. Les membres des comités vont donc apprendre les uns des autres, échanger. Ça va nous permettre d’avoir des gens mieux outillés pour prévenir l’appropriation culturelle, pour identifier les moments où il faut peut-être reparler à un artiste pour préciser sa démarche. On pense que ça va être bénéfique pour tous », poursuit Mme Jean.

     

    Une ébauche de programme est déjà écrite, qui sera soumise au groupe-conseil à des fins d’ajustements. « À terme, on aura à l’interne une ressource permanente, un collègue autochtone parmi les chargés de programme qui aura la tâche d’aller à la rencontre des artistes et des organismes sur l’ensemble du territoire, de s’assurer que les gens connaissent le CALQ et ses programmes, de nous aider à adapter nos moyens de communication et nos mécanismes. » La nouvelle approche sera intégrée au prochain exercice financier, en avril 2018.

     

    Est-ce à dire qu’il y aura plus de financement pour les arts autochtones ? « Probablement que ça va se traduire comme ça, avance la p.-d.g. Un des indicateurs de succès sera l’augmentation du nombre de projets autochtones qu’on recevra dans le cadre de nos programmes. Présentement, on a le même taux de réponse pour les projets autochtones que pour les autres projets. On souhaite une augmentation, autant chez les artistes que les organismes autochtones, ces derniers étant en très petit nombre. »

     

    Mme Jean tient à préciser que la mission demeure de soutenir d’abord « l’excellence. Autour de la table, c’est aussi ce qu’a souhaité notre comité-conseil. Les projets soumis doivent se qualifier, comme tous les projets. Il faut travailler avec les mêmes processus pour tous. C’est dans les références qu’il y a des différences. Jusqu’où et de quelle manière est-ce qu’on peut assurer une diffusion des oeuvres autochtones, et ce faisant aider à l’avancement de l’art ? Il faut que nous soyons, tous, de plus en plus exposés à l’art autochtone, pour mieux le comprendre, pour l’ajouter à nos références. »

     

    Côté municipal ?

     

    Est-ce que le Conseil des arts de Montréal (CAM) entend emboîter le pas ? « Nous sommes conscients de la nécessité de renforcer nos liens avec les créateurs autochtones, a répondu la directrice des communications, Tania Orméjuste. C’est d’ailleurs une des grandes priorités de notre prochain plan stratégique. Dans cette optique, nous aurons dorénavant un siège au conseil d’administration réservé à un artiste de la communauté autochtone. Nous sommes fiers d’accueillir au sein de notre conseil l’artiste autochtone Hannah Claus. Il va de soi que plusieurs autres changements suivront. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.