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    Cinéma

    La Mostra rit aux éclats grâce à Martin McDonagh

    5 septembre 2017 | Catherine Marciano - Agence France-Presse à Venise | Actualités culturelles
    Le réalisateur Martin McDonagh à la première de «Three Billboards Outside Ebbing, Missouri», à Venise
    Photo: Tiziana Fabi Agence France-Presse Le réalisateur Martin McDonagh à la première de «Three Billboards Outside Ebbing, Missouri», à Venise

    La Mostra de Venise a ri aux éclats lundi en découvrant la tragi-comédie Three Billboards Outside Ebbing, Missouri aux dialogues ciselés, du Britannique Martin McDonagh, avec l’actrice Frances McDormand dans le rôle d’une mère en deuil partie en guerre contre la police locale.

     

    Cela fait sept mois qu’elle n’a pas eu de nouvelles de l’enquête sur l’atroce mort de sa fille : Mildred Hayes (la formidable actrice Frances McDormand) décide de placarder sur trois panneaux publicitaires l’incompétence du très apprécié chef de la police locale, William Willoughby (Woody Harrelson).

     

    « Il me semble que la police est trop occupée à torturer des Noirs pour faire quoi que ce soit pour résoudre un vrai crime », lance sur une chaîne de télévision locale cette mère brisée et enragée.

     

    Et nous voilà partis pour deux heures de comédie féroce, rythmée par les pires jurons que l’Amérique ait engendrés et des propos au-delà du politiquement incorrect…

     

    En compétition pour le Lion d’Or du festival de cinéma, le cinéaste irlando-britannique a expliqué lundi devant la presse de la Mostra qu’il adorait jouer sur le décalage : « Même dans des scènes comportant des tirades en apparence drôles, les personnages ne savent pas nécessairement qu’ils sont en train de dire des choses drôles. »

     

    En 2008, Martin McDonagh s’était fait un nom au cinéma avec son hilarant Bons baisers de Bruges mettant en scène un tueur à gages avec des remords (Colin Farrell) se mettant au vert dans la Venise du nord. Il avait réalisé en 2012 Sept psychopathes.

     

    S’inspirer des westerns

     

    Le dramaturge et homme de théâtre a écrit le scénario de son troisième long métrage en pensant spécifiquement aux acteurs.

     

    « C’est vraiment un grand scénario, comme devrait l’être un bon morceau de littérature », apprécie l’actrice principale Frances McDormand (oscar de meilleure actrice dans Fargo, des frères Coen).

     

    Pour camper son personnage déterminé, elle avoue avoir puisé dans les films de cow-boy de John Wayne, le héros prêt à défier toute sa ville pour que justice soit rendue.

     

    Le réalisateur dit l’avoir choisie pour sa « dextérité à manier l’humour et la mélancolie », ingrédients chers à son cinéma, mais aussi sa « sensibilité à la classe des travailleurs ». L’actrice incarne une petite boutiquière sans le sou abandonnée par son mari parti avec une jolie fille de 19 ans, profondément idiote.

     

    « Les protagonistes étaient déjà parfaitement définis dans le scénario », confirme Harrelson (oscarisé notamment pour Larry Flint). Il joue le rôle nuancé du commissaire en train de mener lui-même une bataille contre la maladie, et qui n’incarne peut-être pas en définitive l’ennemi juré.

     

    « L’histoire commence comme une guerre presque à la mort entre deux êtres qui ont chacun raison à leur manière », analyse le cinéaste.

     

    Le personnage de Mildred incarne à la fois « le héros et l’antihéros », car « la colère n’est pas la meilleure arme, même si elle fait parfois bouger les choses ».

     

    Les hostilités vont crescendo avec le numéro deux du poste de police Dixon (Sam Rockwell), garçon immature vivant chez sa mère, lent, raciste et ultraviolent.

     

    Il est paradoxalement l’un des personnages les plus drôles, qui finalement deviendra sympathique dans ce film qui brouille habilement les pistes entre bons et méchants.

     

    Message du réalisateur : « C’est l’empathie qui compte, elle permet aussi de voir l’humanité de ce personnage, qui n’est pas qu’un péquenaud et un raciste. »

     

    La colère et la douleur « doivent aussi laisser de la place aux aspects plus optimistes de la vie », glisse-t-il.

     

    « Le propos du film n’est certainement pas de faire le portrait d’une petite ville raciste d’Amérique », explique-t-il, estimant que le racisme n’est pas plus présent dans ce pays qu’ailleurs.













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