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    Patrimoine

    La rivière des Outaouais désignée comme lieu historique

    22 août 2017 | Jean-François Nadeau - Avec Alexandre Shields | Actualités culturelles
    Les 1271 kilomètres de la rivière des Outaouais à la frontière du Québec et de l’Ontario ont été importants pour les Premières Nations, la traite des fourrures et le commerce du bois.
    Photo: Getty Images Les 1271 kilomètres de la rivière des Outaouais à la frontière du Québec et de l’Ontario ont été importants pour les Premières Nations, la traite des fourrures et le commerce du bois.

    C’est à bord d’un bateau tout blanc que Luc Fortin, le ministre de la Culture et des Communications du Québec, a désigné lundi la rivière des Outaouais comme « lieu historique ».

     

    « Cette désignation-là va nous permettre de mettre en valeur l’histoire de la rivière des Outaouais, mais surtout de transmettre aux générations futures toutes les connaissances nécessaires et l’histoire de cette rivière », a affirmé le ministre Fortin à l’occasion de sa conférence de presse orchestrée sur un bateau voguant entre Gatineau et Ottawa.

     

    Son attaché de presse, Karl Filion, précise cependant au Devoir que ce geste est avant tout d’ordre symbolique. Il n’y a aucune mesure de protection ou de promotion particulière prévue, même si « c’est seulement la deuxième fois qu’on désigne un lieu de la sorte grâce à la nouvelle loi de 2012 ».

     

    L’inscription du lieu n’entraîne en effet aucune limitation par exemple « dans la construction ou pour la protection des berges », explique l’attaché de presse du ministre. Alors, quelle est la nature de ce geste ? « Le geste immédiat, c’est de l’inscrire au registre » du patrimoine.

     

    Au cabinet du ministre de l’Environnement du Québec, David Heurtel, on répond essentiellement que cette désignation relève du ministère de la Culture et des Communications. « Elle ne prévoit aucune mesure de protection supplémentaire », confirme l’attachée de presse du ministre, Émilie Simard.

     

    La désignation symbolique concerne la portion de la rivière des Outaouais qui est située dans les limites territoriales du Québec. Elle exclut en outre les îles, les affluents de la rivière et le bassin hydrographique à laquelle elle appartient.

     

    Le ministre Fortin a indiqué que ces 1271 kilomètres du cours d’eau à la frontière du Québec et de l’Ontario ont été importants pour les Premières Nations, la traite des fourrures et le commerce du bois.

     

    Pour Sentinelle Outaouais, un groupe voué à la protection de la rivière, cette désignation bien que toute symbolique s’avère néanmoins porteuse d’espoir. « Alors que nous avons longtemps dénoncé le fait qu’il n’y avait pas de vision commune ni de plan d’action pour le bassin de la rivière des Outaouais, les événements d’aujourd’hui nous prouvent que tout est possible », a indiqué le groupe, qui souhaite désormais réunir les différents acteurs des bassins versants en vue d’obtenir des actions concrètes.

     

    Tout comme l’Ontario

     

    Pour rendre publique cette annonce, le ministre québécois voguait de conserve avec la ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, et de la députée provinciale de l’Ontario dans la circonscription d’Ottawa-Vanier, Nathalie Desrosiers.

     

    « La rivière des Outaouais a une grande histoire pour les peuples autochtones, aussi pour le commerce, a répété elle aussi Catherine McKenna. C’est aussi le futur. Nous savons qu’avec les changements climatiques, nous devons faire tout ce qu’on peut pour protéger nos rivières. »

     

    L’Ontario avait déjà accordé l’an passé une désignation patrimoniale à la rivière des Outaouais pour la portion qui traverse son territoire. Québec emboîte donc le pas à l’Ontario dans le registre du symbolique.

     

    Selon le président de la Société d’histoire de l’Outaouais, Michel Prévost, le gouvernement du Québec corrige de la sorte une anomalie. « Comment est-ce qu’on pouvait dire que la rivière était historique et patrimoniale d’un côté et dès qu’on arrive au milieu de la rivière du côté québécois, elle ne l’était plus. Alors aujourd’hui, je pense qu’enfin la rivière va être patrimoniale des deux côtés », a-t-il expliqué à La Presse canadienne.

     

    Après le Saint-Laurent

     

    Le 22 juin dernier, le gouvernement du Québec avait désigné, à l’occasion d’une autre sortie en bateau, le fleuve Saint-Laurent comme « lieu historique ». C’était la première annonce du genre en vertu de la nouvelle loi.

     

    Le premier ministre, Philippe Couillard, s’était toutefois empressé de préciser ce faisant que ce classement ne devait en aucune façon entraver le développement économique. La désignation n’était accompagnée d’aucune nouvelle réglementation environnementale ni de mesure pour protéger des lieux historiques considérés désormais comme menacés au fil du fleuve, par exemple les quais des municipalités, les phares ou les épaves maritimes.

     

    « Ce n’est pas une annonce de nouveau règlement. C’est une annonce qui est de l’ordre de la fierté nationale », avait alors résumé le premier ministre devant les médias, afin de bien baliser la portée réelle du geste.

     

    L’annonce d’hier au sujet de la rivière des Outaouais est-elle à situer dans les mêmes limites ? « Oui, c’est la même chose, le même concept », a indiqué au Devoir l’attaché de presse du ministre de la Culture.













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