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    Les coupes à BAnQ continuent à faire des remous

    Le ministre Fortin défend les «décisions responsables» prises par la direction

    Les historiens s'inquiètent de l'accessiblité des archives après les suppréssions de postes.
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les historiens s'inquiètent de l'accessiblité des archives après les suppréssions de postes.

    Les démonstrations de soutien à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), qui doit accuser une réduction de 2,4 millions de sa masse salariale, se poursuivent. Le Devoir a reçu des lettres ouvertes acheminées par l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF) et le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoise (CRILCQ), demandant toutes deux au ministre de la Culture, Luc Fortin, de reconsidérer l’effort budgétaire demandé à BAnQ. Ce que ce dernier rejette, arguant que les décisions actuelles de BAnQ sont « responsables, puisqu’elles n’ont pas d’impact sur les heures d’ouverture ni sur les services directs à la population ».

     

    Les historiens de l’IHAF s’inquiètent tout particulièrement des effets directs de certaines mesures annoncées par BAnQ — l’abolition de 29 postes permanents et la suspension des activités de numérisation — sur l’accessibilité aux archives québécoises (lisez la lettre). Les cosignataires craignent que les coupes ne touchent également d’autres services, particulièrement les salles de consultation et de recherche ainsi que le traitement et la numérisation de la collection patrimoniale.

     

    Comme plusieurs qui fréquentent la Grande Bibliothèque et ses centres d’archives, surtout régionaux, les chercheurs du CRILCQ déplorent « les effets délétères que les précédentes coupes » ont eus « sur le dynamisme de l’institution », selon la missive signée par une cinquantaine de spécialistes — dont Marie-Andrée Beaudet, Karim Larose, Jonathan Livernois et Élisabeth Nardout-Lafarge, entre autres.

     

    « Les belles expositions présentées à la Grande Bibliothèque, particulièrement celles qui servaient à mettre en valeur les riches fonds d’archives de l’institution, dans les domaines de la littérature et de l’histoire du Québec, ont été progressivement supprimées, le service de l’édition et de la recherche, dont la tâche était justement de mettre en lien les milieux de la recherche et les riches collections de BAnQ, a été aboli. »

     

    Ces chercheurs de la culture estiment ne pouvoir « qu’être choqués par une telle politique qui sape, lentement mais sûrement, la mission culturelle et scientifique » de l’institution.

     

    Un effort commun

     

    En entrevue au Devoir, le ministre de la Culture, Luc Fortin, a accueilli les critiques, qui, pour lui, vont de pair avec tout débat dans une société démocratique. « Mais le fond des choses reste le même. Globalement, en culture, dans le dernier budget, on a plus d’argent : on a annoncé 113 millions sur cinq ans, mais dès cette année, c’est 19 millions de plus — on est passé de 684 à 703 millions. On a plus de crédits budgétaires pour faire fonctionner le ministère et faire fonctionner les sociétés d’État sous notre responsabilité, on a de l’argent pour de nouvelles initiatives, mais ça n’enlève pas l’obligation de gérer les fonds publics chèrement gagnés par les Québécois de manière rigoureuse et juste. »

     

    Un effort a ainsi été demandé à l’ensemble des sociétés d’État, soit une demande de réduction dans le budget de fonctionnement de 1,8 %. « Pour BAnQ, poursuit M. Fortin, ça donne 855 600 $ et toutes les sociétés d’État ont eu la même ponction au prorata. » Après les toutes récentes coupes, BAnQ comptera ainsi 709 employés, alors qu’on en recensait 706 dans le rapport annuel de l’an dernier, rappelle le ministre. « À la suite de cette demande, BAnQ a pris ses décisions, qui m’apparaissent responsables puisqu’elles n’ont pas d’impact sur les heures d’ouverture ni sur les services directs à la population. »

     

    C’est aussi la lecture qu’en fait le cabinet du maire de Montréal, Denis Coderre. « L’entente sur les heures d’ouverture ne concerne que la Grande Bibliothèque et n’est pas remise en question par les réformes entreprises par BAnQ, en ce sens qu’il n’y a pas de modifications des heures d’ouverture ou de diminution des services pour les Montréalais », a fait savoir son attaché de presse, Marc-André Gosselin.

     

    Le Parti québécois ne l’entend pas ainsi et s’est positionné récemment en soutien à ceux qui réclament plus de marge de manoeuvre pour BAnQ. La députée de Taschereau, Agnès Maltais, a proposé une motion le mercredi 14 juin, exigeant du gouvernement qu’il renonce à la réduction des crédits alloués à BAnQ. Une motion « à laquelle tout le monde s’est joint sauf le Parti libéral », précisait-elle au Devoir au lendemain du rejet. « C’est inadmissible qu’on coupe autant en culture, a commenté Mme Maltais. Je n’ai jamais vu un ministre se vanter dans une année d’ajouter de l’argent en culture et en même temps couper partout. »

     

    Rappelons que, le 15 juin dernier, 168 professionnels des bibliothèques clamaient en nos pages que les coupes ne seront pas sans impacts, tentant de nommer déjà leurs effets. L’Association des archivistes du Québec a aussi publié une lettre ouverte, sur son site Internet, soulignant que les « conseils sur la gestion des archives publiques et privées [de BAnQ] aident les archivistes provenant de tous les milieux et font avancer la profession. Avec l’expertise de son personnel, BAnQ est et doit demeurer à l’avant-garde du domaine archivistique ».













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