Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    La culture, clé de voûte de Montmagny

    27 mai 2017 |Nadia Koromyslova | Actualités culturelles
    Le quai Boulanger a été transformé en promenade avec son Jardin des souches en 2009.
    Photo: Beaulieu Lavoie Photographes Le quai Boulanger a été transformé en promenade avec son Jardin des souches en 2009.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    La Ville de Montmagny s’apprête à accueillir la 30e édition du colloque Les Arts et la Ville. Pour le maire, Jean-Guy Desrosiers, accueillir le colloque allait de soi. « Avec le conseil municipal, on travaille depuis une dizaine d’années au développement de la culture et des arts. On pense qu’accueillir ce colloque ici va alimenter notre ville en idées. »

     

    Avec sa population de 11 500 habitants, Montmagny a de quoi faire rougir des villes qui ont le double de sa population. En plus de se doter d’une place publique, de reconvertir un ancien cinéma en salle de spectacle et de construire une bibliothèque, la ville accueille annuellement des événements d’envergure, comme le Carrefour mondial de l’accordéon et le Festival de l’oie blanche.

     

    Rencontre majeure pour la culture locale, le colloque Les Arts et la Ville vise à promouvoir la collaboration entre les acteurs culturels et municipaux afin de développer la vie culturelle et artistique locale. Avec le thème de cette 30e rencontre, « La citoyenneté culturelle : un art de vivre », la petite ville de Montmagny était toute désignée. Essentiels à la vie locale, la culture et les arts sont au centre de la stratégie de la municipalité pour retenir les jeunes et attirer de nouveaux habitants.

     

    Soigner l’accueil

     

    Nichée entre fleuve et Montagne, à 45 minutes de Québec, la ville a beaucoup à offrir. Accueillir un colloque d’une telle envergure ne fait pas peur à Jean-Guy Desrosiers. Montmagny est pourtant la plus petite ville à accueillir le colloque Les Arts et la Ville, qui s’est tenu l’année dernière à Rimouski. Le maire est persuadé que les visiteurs trouveront une expérience différente à Montmagny : « Ici, on vit avec les vents, on n’est pas isolés dans un grand hôtel. »

    Jean-Guy Desrosiers

    Jean-Guy Desrosiers est Magnymontois d’adoption et à la tête de la mairie depuis 12 ans. Il voit les activités culturelles comme un excellent espace de rencontre et d’intégration des nouveaux venus. Loin de l’image de la petite bourgade repliée sur elle-même, Montmagny s’est récemment dotée d’une place publique avec une scène extérieure ; un espace destiné aux événements publics, festifs, mais surtout à la vie communautaire. « On fait des infrastructures pour que les gens puissent se côtoyer, discuter, se chicaner s’il faut ! » La place est ouverte pour les initiatives de chacun, « il suffit d’imaginer des choses », souligne le maire.

     

    Fier patrimoine

     

    Longtemps centrée sur le secteur industriel, la ville a récemment subi des coups durs. « Quand je suis arrivée à la Ville, en 2005, on venait de perdre 600 emplois. Moi, j’ai toujours dit “on passe à l’action”, parce que c’était pas mal morose. » Le défi de la municipalité était de reconstruire le sentiment d’appartenance. « Depuis 10 ans, on a transformé la ville, on lui a donné une nouvelle image. Avec la culture, on redonne de la fierté aux citoyens », cite M. Desrosiers.

     

    Avec ses 371 ans d’existence, Montmagny possède une impressionnante quantité de bâtiments patrimoniaux, comme la Maison sir Étienne-Paschal-Taché ou encore le Manoir Couillard-Dupuy, qui accueille le Musée de l’accordéon. Pour renforcer son identité, la Ville a voulu encourager la mise en valeur de son patrimoine. La bibliothèque, nouvellement ouverte, a ainsi été annexée au presbytère, afin de relever son caractère patrimonial. Le bâtiment a depuis gagné de nombreux prix d’architecture. Audacieuse dans la conception, elle sert aussi d’espace d’exposition et accueille deux ou trois événements par semaine. En 2015, la bibliothèque s’est démarquée en accueillant l’exposition Riopelle, qui attira quelque 3000 visiteurs.

     

    Mais le patrimoine ne se limite pas à la pierre. Montmagny a ainsi été la première ville au Québec à procéder à l’inventaire de son patrimoine immatériel. Accordéon, chasse à la sauvagine, canot à glace, pêche à l’esturgeon et au bar rayé sont les quatre caractéristiques de la culture locale qui ont été considérées comme centrales à l’identité magnymontoise. La façon de faire de Montmagny correspond parfaitement à l’idée de citoyenneté culturelle sur lequel porte le colloque Les Arts et la Ville. Valoriser les pratiques et les savoirs locaux, tout en encourageant les initiatives partant des citoyens, telle est la recette pour s’assurer un fort sentiment d’appartenance et une vie collective riche et diversifiée.

     

    Un milieu vivant

     

    Marcelle Mercier, femme d’affaires de Montmagny, est coprésidente d’honneur du colloque. Encourager la culture permet de garder sa localité vivante, dit celle qui s’implique depuis plusieurs années dans l’organisme Les Arts de la scène de Montmagny. L’organisme qui existe depuis 14 ans mobilise désormais tout un réseau local. En collaboration avec la municipalité, il organise plus de 60 spectacles par année.

     

    Pour présenter leurs productions, Les Arts de la scène peuvent compter sur la nouvelle salle polyvalente de Montmagny. En effet, la Ville et la MRC n’ont pas lésiné sur les moyens pour reconvertir l’ancienne salle de cinéma du centre-ville. Désormais, ce théâtre multifonctionnel offre 250 places et occupe un rôle central dans la vie locale.

     

    Marcelle Mercier dirige l’entreprise Planchers Merciers, qui emploie 250 personnes. Elle admet que le départ des jeunes est le plus grand défi de Montmagny, comme pour tant d’autres villes en région. Ainsi, proposer une vie riche, ouverte à la participation des citoyens, est un facteur clé pour retenir les habitants. « Si on veut que les jeunes viennent habiter chez nous, il faut qu’ils trouvent une qualité de vie, qu’ils retrouvent ce qu’ils ont laissé ailleurs. »

     

    Par sa participation au colloque Les Arts et la Ville, Marcelle Mercier veut porter un message : celui de la responsabilité des entrepreneurs dans la vie de leur région. « C’est nécessaire que les entreprises se mobilisent pour aider à la mise en place des activités culturelles », plaide-t-elle. Elle ne doute pas que sa ville natale saura séduire les participants à ce rendez-vous.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.