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    Intégrer la culture au développement municipal

    27 mai 2017 |Etienne Plamondon Emond | Actualités culturelles
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Fonctionnaires municipaux, acteurs économiques, organismes communautaires, élus, artistes, citoyens : ces personnes de divers horizons se rencontrent pour échanger et discuter de la place que pourrait prendre la culture dans leur localité lors de la tenue de cliniques culturelles. L’objectif : déboucher sur des propositions d’actions et de politiques publiques pour favoriser l’intégration de la culture dans le développement de leur municipalité.

     

    L’organisation Les Arts et la Ville, qui encadre la démarche, remet ensuite un rapport de recommandations à la municipalité, selon les enjeux soulevés. Ce rapport est notamment rédigé par Antoine Guibert, un expert qui travaille sur ces questions auprès de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), un organisme réunissant des villes à l’échelle internationale.

     

    « On est là pour que les gens soient capables de mobiliser leur milieu et de développer une vision commune, explique David Pépin, chargé de projet à l’organisation Les Arts et la Ville et directeur de la stratégie Action culture, à laquelle se rattachent les cliniques culturelles. Souvent, ils sont chacun dans leur coin avec de super bonnes idées. Tout ce qu’il manque, c’est de se rendre compte qu’ils ne sont pas les seuls à les avoir. » Depuis le début de 2017, des cliniques culturelles ont été organisées à Cowansville, à Chibougamau, à Val-d’Or, dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles à Montréal et à Rogersville au Nouveau-Brunswick.

     

    Cowansville ouvre la voie

     

    Cowansville a été la première à se prêter au jeu. Cet exercice lui apparaissait comme une belle occasion de réunir des citoyens qui ne se connaissaient pas pour écouter les propositions qui en émergeraient. « On a souvent le nez collé sur ce qu’on fait, dit Marie-Maude Secours, directrice du service de la culture à la Ville de Cowansville. Quand je suis arrivée et que je leur ai demandé ce qu’ils pensaient de l’offre culturelle, ils me disaient que c’était correct. J’ai quadruplé les activités et j’ai des gens à ces activités. Donc, il y avait un besoin. »

     

    La proposition de l’organisation Les Arts et la Ville tombait à point, puisque Cowansville s’apprêtait à élaborer son plan de développement durable. La clinique culturelle l’aide ainsi à inscrire la culture dans ce chantier, comme le veut l’Agenda 21 de la culture, un document de référence adopté par CGLU en 2004 conviant les villes du monde à intégrer cet aspect dans tous les secteurs d’activités pour atteindre les principes du développement durable.

     

    Depuis, la Ville de Cowansville s’inspire des recommandations qui ont émané des discussions. Elle travaille notamment à la création d’un fonds de médiation culturelle, dont elle souhaiterait l’entrée en vigueur en 2018. La Ville réfléchit aussi à la création d’un comité consultatif sur le développement culturel formé des acteurs économiques de la région. La clinique culturelle a aussi révélé la volonté d’inclure l’art de rue dans la planification de l’aménagement du territoire et de créer un espace de vie urbain autour du parc central. « On s’est dit qu’on devrait développer le parc comme un espace où les gens vont faire des activités, tels le marché public et des événements culturels, indique Mme Secours. On a aussi un projet de ville nourricière, dans lequel plutôt que de planter des fleurs, on fait pousser des fruits, des légumes et des arbres fruitiers. »

     

    Val-d’Or souhaite aller plus loin

     

    À la Ville de Val-d’Or, le service culturel collabore depuis quelques années avec celui du sport et du plein air, notamment à travers l’installation d’oeuvres d’art éphémères dans la forêt récréative. « Il y avait déjà eu des actions menées de manière instinctive, qui ont eu une répercussion importante, raconte Brigitte Richard, directrice du service culturel de Val-d’Or. Mais on s’est dit qu’on était rendu à documenter et à intellectualiser ce que l’on faisait, puis à trouver des éléments plus fort pour mobiliser d’autres personnes. »

     

    C’est pourquoi la municipalité a fait appel à l’expertise de l’organisation Les Arts et la Ville pour la tenue d’une clinique culturelle en avril dernier. Les responsables de l’atelier ont entre autres invité des représentants des communautés autochtones et du service de la sécurité publique, notamment pour que les projets culturels prennent une dimension inclusive et aident le dialogue. Bien que la municipalité attende toujours les recommandations du rapport, certains constats se dégagent déjà. Le centre-ville apparaît, pour Mme Richard, comme un « point d’ancrage » rassembleur et mobilisateur pour inspirer les mesures à venir. « À court terme, il y aura des projets d’animation dans nos parcs et dans notre centre-ville, indique-t-elle. Il y a aussi une réflexion sur la revitalisation de notre centre-ville. »

     

    Un réseau d’ambassadeurs

     

    Toujours dans le cadre de sa stratégie Action culture, l’organisation Les Arts et la Ville a aussi nommé et formé huit professionnels reconnus dans leur milieu et implantés dans différentes régions pour agir en tant qu’ambassadeurs. Ces derniers, identifiés comme étant en mesure de sensibiliser et de mobiliser les acteurs de leur région, jouent le rôle d’accompagnateurs auprès des municipalités dans leur implantation de l’Agenda 21 de la culture.













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