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    Fonds numérique

    Le Conseil des arts du Canada veut briser le travail en vase clos

    Il est «minuit moins cinq» pour le milieu culturel à l’ère numérique, estime le président Simon Brault

    Le rapport des citoyens avec le contenu culturel et l’expérience attendue a changé.
    Photo: Emilio Morenatti Associated Press Le rapport des citoyens avec le contenu culturel et l’expérience attendue a changé.

    Le Conseil des arts du Canada (CAC) dévoilait jeudi les détails d’un nouveau fonds numérique de 88,5 millions de dollars sur quatre ans. Son président Simon Brault en a fait l’annonce en ouverture d’un sommet pancanadien pendant lequel il souhaite donner aux 300 participants réunis à Montréal un angle d’attaque pour leurs projets : celui de briser les vases clos.

     

    Ce grand sommet qui se déroule jusqu’à vendredi, Simon Brault le voulait différent des habituelles conférences ou consultations, où chacun défend sa chapelle, sa position éditoriale. Quelques invités ont certes présenté leur point de vue sur le numérique — dont Astra Taylor, auteure du livre Démocratie.com —, mais une grande partie des deux jours de ce Sommet sur les arts à l’ère du numérique se déroule en plus petits groupes de réflexion, en ateliers, avec des sommités de différents volets culturels.

     

    « Ce qu’on ne veut pas, finalement, c’est envisager le numérique en rangs dispersés, explique Simon Brault. On est encore en train de se battre et d’être compétitifs les uns par rapport aux autres, et de tirer la couverture, au moment où on est en train d’être marginalisés. On veut que les gens arrivent à des solutions ou à des approches ouvertes, partagées et qui vont avoir des effets structurants sur le plus grand nombre d’entre nous. »

    Photo: Tony Fouhse Le président du CAC, Simon Brault, veut donner un angle d’attaque aux projets que financera le fonds numérique en les encourageant à briser les cloisonnements.
     

    Simon Brault donne l’exemple d’une compagnie de ballet qui ne veut pas partager sa liste d’abonnés avec l’orchestre voisin, parce que les deux institutions se conçoivent comme des compétiteurs, alors que les bonzes de Silicon Valley « ont tous des informations sur les désirs culturels de 2,4 milliards d’êtres humains ! »

     

    Le président du CAC convient que, pour un conseil des arts, c’est là un changement de paradigme extrêmement important, car les processus habituels de financement mettent les organisations ou les créateurs en compétition.

     

    M. Brault ne veut pas non plus que les discussions portent seulement sur la technologie, « mais plus sur notre pertinence sociale » dans un contexte où le rapport des citoyens avec le contenu culturel et l’expérience attendue a changé.

     

    « Le fin fond de l’histoire, dit Brault, c’est de s’assurer que ce à quoi on croit, ce qui nous semble plus important, continue à attirer l’attention, que l’on continue à être fréquenté. »

    Il faut que ce sommet soit une espèce d’injection concentrée d’innovation, que les gens comprennent que c’est nécessaire, qu’il y ait différentes approches qui vont faire qu’on peut être innovant, et que le secteur des arts ne sera pas une victime du numérique, mais qu’il s’en servira pour avoir plus d’impact
    Simon Brault, président du Conseil des arts du Canada
     

    Trois volets

     

    Le Fonds numérique, qui sera lancé à l’automne et qui s’étirera jusqu’en 2021, soutiendra à la fois de petits projets de moins de 10 000 $ et de grands chantiers pouvant atteindre un maximum de 500 000 $.

     

    Les initiatives se répartiront dans trois volets : la littératie et l’intelligence numérique, la transformation de la gouvernance des organismes, et l’amélioration de l’accès et de l’engagement du public.

     

    Le CAC a d’ailleurs effectué un sondage récemment pour savoir ce qui, en ligne, inciterait le public à davantage participer à la vie culturelle sur son territoire. « Et ce que les gens disaient, c’est qu’ils n’y trouvent pas l’avis des autres, explique Simon Brault. Personne ne va à un hôtel sans regarder TripAdvisor, personne ne va au restaurant sans voir les commentaires faits sur le restaurant. Mais essayez d’avoir ça pour n’importe quel spectacle qui se donne, ou pour des expositions, il y en a très peu. »

     

    Simon Brault estime qu’il est « minuit moins cinq » pour le milieu culturel et que des investissements auraient dû avoir lieu il y a 10 ans.

     

    En voulant sortir le milieu des arts de ses sillons, craint-il d’être critiqué ? Non, ditBrault. Son inquiétude est davantage que la quantité de projets déposés pour son Fonds numérique soit maigre et qu’ils ne soient que l’apanage de ceux déjà versés dans les arts numériques.

     

    « Il faut que ce sommet soit une espèce d’injection concentrée d’innovation, que les gens comprennent que c’est nécessaire, qu’il y ait différentes approches qui vont faire qu’on peut être innovant, et que le secteur des arts ne sera pas une victime du numérique, mais qu’il s’en servira pour avoir plus d’impact. »













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