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    Polanski veut retourner aux États-Unis pour clore l’affaire de viol

    17 février 2017 | Actualités culturelles
    Véronique Dupont - Agence France-Presse à Los Angeles
    Frankie Taggart - Agence France-Presse
    Naturalisé en 1976, Roman Polanski vit en France avec son épouse, l’actrice Emmanuelle Seigner.
    Photo: Jarek Praszkiewicz Archives Associated Press Naturalisé en 1976, Roman Polanski vit en France avec son épouse, l’actrice Emmanuelle Seigner.

    Le réalisateur franco-polonais de 83 ans Roman Polanski veut retourner aux États-Unis pour mettre fin à l’affaire de viol d’une mineure qui le poursuit depuis 40 ans, à condition d’avoir la garantie qu’il ne sera pas incarcéré.

     

    L’affaire, qui a rebondi ces huit dernières années après avoir été en suspens pendant des décennies, hante le lauréat de la Palme d’or de Cannes pour Le pianiste. Ces dernières semaines, il a ainsi dû renoncer à présider la 42e cérémonie des César sous la pression d’associations féministes.

     

    L’avocat du cinéaste a indiqué jeudi qu’il veut faire appliquer un accord amiable mentionné dans un document sous scellés, selon lequel le procureur de l’époque aurait accepté qu’il ne serve que 48 jours derrière les barreaux pour le viol de Samantha Gailey, 13 ans à l’époque.

     

    Polanski a déjà purgé 42 jours dans une prison de Chino en Californie. Son camp affirme que le juge Laurence Rittenband, responsable de l’affaire, est ensuite revenu sur l’accord, déclarant que le cinéaste devrait passer jusqu’à 50 années derrière les barreaux, ce qui a déclenché sa fuite en Europe en 1978.

     

    « Après la confirmation du contenu » du document sous scellés, ses avocats veulent aussi faire reconnaître une décision de la Cour suprême polonaise qui a mis fin en décembre à la demande d’extradition du cinéaste vers les États-Unis, ont-ils également fait valoir jeudi.

     

    Si le juge Gordon de Los Angeles reconnaît l’accord amiable et la décision de la justice polonaise, « Roman peut venir à Los Angeles et au tribunal sans craindre d’être détenu », souligne Harland Braun.

     

    Le cinéaste est accusé d’avoir drogué Samantha Gailey, aujourd’hui Geimer et cinquantenaire, de lui avoir fait prendre de l’alcool et de l’avoir violée le 10 mars 1977 dans une maison à Los Angeles appartenant à l’acteur Jack Nicholson — qui joue dans son film Chinatown.

     

    Il a reconnu une relation sexuelle avec elle, mais dément l’avoir violée. Dans l’accord amiable, il reconnaissait une relation sexuelle illégale avec une mineure.

     

    Rattrapé

     

    Naturalisé en 1976, Roman Polanski vit en France avec son épouse, l’actrice Emmanuelle Seigner. Le réalisateur du Bal des vampires, de Tess et de Rosemary’s Baby est l’un des plus acclamés et primés au monde. Il n’est jamais retourné aux États-Unis depuis sa fuite, pas même en vue de recevoir l’Oscar du meilleur réalisateur en 2003 pour Le pianiste.

     

    Son passé l’a rattrapé le 26 septembre 2009. Arrêté à Zurich en vertu d’un mandat international lancé par la justice américaine, il a passé deux mois en prison en Suisse, puis huit mois assigné à résidence dans son chalet à Gstaad.

     

    En juillet 2010, la Suisse a rejeté la demande d’extradition des États-Unis, et il a été libéré.

     

    À l’automne 2014, le cinéaste a ensuite été interpellé à Varsovie. La Cour suprême a finalement clos sa demande d’extradition en décembre.

     

    Le juge Michal Laskowski avait remarqué que Polanski avait « déjà purgé sa peine », que « 38 années s’étaient écoulées », que la victime lui avait publiquement pardonné et que ce dernier lui a versé le dédommagement qu’elle réclamait.

     

    Lors de la procédure en Pologne, les magistrats avaient aussi souligné que, sans la notoriété du cinéaste, l’affaire aurait été close depuis des années.

     

    « Enfin, je pourrai me sentir en sécurité dans mon propre pays », s’était-il réjoui après la décision polonaise.

     

    Destin marqué

     

    Samantha Geimer a réclamé à plusieurs reprises l’abandon définitif des poursuites, voulant tourner la page d’une affaire qui a profondément tourmenté sa vie.

     

    Le scandale a jeté une ombre sur la carrière de Polanski. Peu après l’annonce en janvier du choix du réalisateur pour présider les César, une pétition avait été lancée pour sa destitution, recueillant des milliers de signatures, ainsi qu’un appel au boycottage de la cérémonie.

     

    Le collectif « Osez le féminisme » avait qualifié son choix de « pied de nez indigne aux nombreuses victimes de viols ».

     

    Le destin de Polanski a été marqué par de multiples tragédies. Né à Paris en 1933 d’un père juif et d’une mère d’origine juive, il a déménagé en Pologne trois ans plus tard, où il a survécu à l’Holocauste. Ses années de guerre lui ont notamment inspiré Le pianiste.

     

    En 1969, sa femme, l’actrice Sharon Tate, enceinte, a été assassinée par des adeptes de la secte de Charles Manson lors de l’un des faits divers les plus célèbres des États-Unis.

     

    D’après ses avocats cités par TMZ, le cinéaste veut pouvoir se rendre sur la tombe de sa défunte épouse à Los Angeles.













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