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    Arts visuels

    Départ de la directrice de la Biennale de Montréal

    Le contrat de Sylvie Fortin n’a pas été renouvelé

    26 janvier 2017 | Jérôme Delgado - Collaborateur | Actualités culturelles
    Sylvie Fortin avait été nommée au poste de directrice générale et artistique en 2013.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Sylvie Fortin avait été nommée au poste de directrice générale et artistique en 2013.

    Après deux éditions à la tête de la Biennale de Montréal, Sylvie Fortin quitte son poste de directrice générale et artistique. C’est ce que l’organisme derrière la manifestation d’art contemporain fondée en 1998 a confirmé mercredi.

     

    « Le contrat de Sylvie Fortin couvrait deux biennales, il se termine le 31 janvier. On a décidé d’un commun accord de ne pas le renouveler », a précisé le président du conseil d’administration, Cédric Bisson.

     

    Les raisons de ne pas poursuivre avec celle qui « a mis la Biennale dans les rails de la pertinence artistique » demeurent obscures. « Sylvie a des intérêts au-delà et différents des nôtres. On veut quelqu’un qui puisse prendre en charge la Biennale en totalité », s’est contenté de dire Cédric Bisson au téléphone.

     

    Nommée en juillet 2013, Sylvie Fortin est arrivée afin d’arrimer la Biennale au Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) et d’en faire, comme elle l’a souvent répété, « un événement incontournable dans le monde ».

     

    Le conflit avec la vidéaste et photographe Isabelle Hayeur aura entaché son règne, conflit qui a mené la Biennale jusqu’en cour de justice. Lors de l’édition 2014, l’organisme a stoppé brutalement la projection publique de Murs aveugles, oeuvre d’Hayeur. La cause s’est réglée deux ans plus tard en faveur de l’artiste.

     

    L’édition 2016, qui a pris fin à la mi-janvier, n’a pas donné lieu à des cas aussi sombres. Elle s’est cependant ouverte dans la confusion, avec le retrait soudain d’un diffuseur, et s’est conclue sans la publication annoncée.

     

    « On va être honnête, on est en retard. La documentation, le catalogue, la signalétique, tout ça, sont des choses à améliorer, reconnaît le président de l’organisme. L’art contemporain est un langage pour comprendre le monde, comme la finance, la médecine. Il faut donner au public les outils. » Il assure que le catalogue sortira… un jour. « On travaille sur ça », garantit-il.

     

    Bilan

     

    « Un franc succès de fréquentation, de réception critique et de rayonnement de la métropole » : le bilan de la 9e édition, selon le communiqué de presse publié mercredi par la Biennale de Montréal, se veut rassurant.

     

    Le décompte de visiteurs s’est arrêté à 92 000, tous sites confondus, dépassant les 85 000 de la précédente édition. Un « nombre impressionnant de touristes » a été noté. Aussi, le relevé parle de plus de 250 articles ou mentions dans les médias, dont une majorité (55 %) parue hors Québec.

     

    Le MAC n’a pas voulu répondre à nos questions, faisant plutôt allusion aux commentaires de John Zeppetelli publiés dans le communiqué cité plus haut. « Nous sommes ravis de constater que l’engouement témoigné par le public s’est traduit par une fréquentation encore plus élevée », a exprimé le directeur du musée.

     

    Tout n’a pas été si positif. L’identification maladroite des oeuvres présentées au MAC avait forcé le personnel du musée, à quelques heures du vernissage, à bricoler de meilleurs cartels.

     

    Une communication déficiente, une production d’exposition assurée à moitié, un contrat jamais signé : un des partenaires diffuseurs, qui a demandé l’anonymat, a eu des relations compliquées avec la Biennale de Montréal. « Ce n’est pas normal qu’on envoie des informations à la directrice concernant les lettres en vinyle à afficher. Normalement, c’est aux communications ou à la direction technique à recevoir ça. Trop de tâches étaient centralisées. »

     

    « Je ne suis pas contre une biennale à Montréal, au contraire, précise cette voix active dans le milieu de l’art contemporain depuis longtemps. Mais la structure est à repenser. »

     

    Cédric Bisson n’a pas tenu à commenter ce cas et d’autres ; il ne les connaissait pas. Il a cependant reconnu que « la fonction objective des communications doit être améliorée ». Il ne rejette pas la responsabilité sur la directrice sortante, même pas pour le retard du catalogue, « un projet ambitieux ».

     

    Le président du conseil d’administration se montre optimiste : la Biennale de Montréal a atteint un cap important, il s’agit de passer au niveau supérieur. La prochaine édition, réaffirme-t-il, se tiendra en 2018 au MAC, une fois de plus. Reste à savoir qui dirigera.

     

    « L’objectif, c’est de trouver la personne le plus rapidement possible », dit-il. Les modalités et l’échéancier seront fixés dans les semaines qui viennent.













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