Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Critique humour

    Vu / Pas vu, le spectacle «Prédictions 2017»?

    19 janvier 2017 |Le Devoir | Actualités culturelles
    Le spectacle «Prédictions 2017» est présenté au Théâtre Saint-Denis jusqu’au 25 janvier.
    Photo: Sarah-Jäde Champagne Le spectacle «Prédictions 2017» est présenté au Théâtre Saint-Denis jusqu’au 25 janvier.
    Le Devoir s’amuse et tente ici une version « plus » — donc bonifiée — de la critique culturelle. Rebondissant sur la chronique récurrente « Vu / Pas vu » de l’émission La soirée est (encore) jeune, nos journalistes Philippe Papineau et Stéphane Baillargeon donnent leur vision, une réelle et l’autre inventée avant la représentation de mercredi, du spectacle Prédictions 2017, présenté au théâtre Saint-Denis jusqu’au 25 janvier.


    La soirée est (encore) longue


    À un moment du spectacle, après beaucoup trop de numéros ordinaires, je me suis dit dans mon amphore intérieure qu’il était vraiment temps de conclure. J’ai discrètement regardé l’heure sur mon cell (je sais, ça ne se fait pas). Il restait encore une demi-heure pour combler les deux heures programmées. Trente fois une minute ! Au secours !

     

    C’est la première évidence de cette exploration scénique pour l’équipe radiophonique de La soirée est (encore) jeune : il aurait fallu que le metteur en scène Serge Denoncourt comprime vers l’essentiel du sympaticodrolatique.

     

    L’autre évidence découle aussi d’un trop-plein de confiance. Désolé, mais les personnalités brillantes, brouillonnes et attachantes du quatuor radiophonique ne fournissent pas une assise suffisante pour construire sur scène. Et, malheureusement, il n’y a pas dans chaque gars de radio un comédien qui sommeille.

     

    La bande le savait. Elle s’est donc adjoint l’aide du pro du one man show Fabien Cloutier. Il domine effectivement par sa présence théâtrale et s’intègre agréablement dans l’univers irrévérencieux de ses hôtes spectaculaires.

     

    On ne se refait pas. L’autodérision et la critique demeurent les deux mamelles de cette production. L’autodérision de vedettes par rapport au vedettariat. La critique des dérives kétaines, prétentieuses ou politiques de la société québécoise.

     

    C’est en activant ce ressort que le spectacle donne son meilleur — mais en quoi est-ce différent de ce qu’on entend le samedi et le dimanche soir, surtout quand on paye son billet ? Quelques blagues font mouche. Par exemple quand Fred Savard annonce que le cabinet Trudeau a allumé un gros joint en juin pour fêter la légalisation de la mari au Canada et qu’une fois stone, le premier ministre a renommé Stéphane Dion aux Affaires étrangères.

     

    Jean-Sébastien Girard parle évidemment de ses maladies imaginaires. Il annonce qu’il va réchapper de deux cancers, du Zika et de la petite Véro avant l’automne. Par contre, il ne montre pas son « péni » alors qu’on nous promettait de la nudité frontale depuis des mois. L’exhibition est assumée par un autre membre de l’Union.

     

    On tombe souvent dans ce genre de blague facile, de jokede mononc’ et d’humour de cuisine. Vers la fin du trop long spectacle, Olivier Niquet (« c’est notre meilleur ») prédit que le spectacle Prédictions 2017 a été encensé. Les inconditionnels vont effectivement applaudir. Mais ils auraient aussi dévoré et goûté une version en opérette de deux ou même quatre heures…


    Stéphane Baillargeon
     

    Pros du micro, apprentis de la scène


    Supposer que l’idiotie et l’absurdité seront encore reines cette année dans l’actualité, voilà un pronostic que les gars de l’émission de radio La soirée est (encore) jeune pouvaient faire sans trop de risques lors de leur spectacle Prédictions 2017, présenté sur la scène du Saint-Denis. Mais étant donné la forte moyenne au bâton de ces comiques des ondes, le public, lui, ne pouvait pas prévoir que les bons coups de ce spectacle longuet allaient s’accompagner de plusieurs soupirs.

     

    Dans ce Prédictions 2017, les pros du micro ont plutôt joué le jeu de la télévision, alors que, durant l’ensemble du spectacle, Jean-Philippe Wauthier, Jean-Sébastien Girard, Olivier Niquet, Fred Savard et leur invité Fabien Cloutier se sont tenus debout derrière un bureau de type téléjournal, tandis que l’arrière-scène était utilisée à la façon des late shows américains, avec des images en mortaise. Par moments, Wauthier s’avançait avec un de ses acolytes le temps d’un sketch.

     

    Le spectacle vit un trouble de personnalité. Annoncé comme un pronostic de l’année qui vient, Prédictions 2017 a souvent plus des allures d’un Bye Bye 2016. Avec au menu des blagues souvent déjà entendues lors de La soirée est (encore) jeune, comme les extraits sonores d’Olivier Niquet ou la chronique sur les micro-agressions de Fred Savard — par ailleurs très peu actif pendant le spectacle, à l’inverse de Jean-Sébastien Girard, omniprésent.

     

    A-t-on ri de bon coeur ? Souvent. Comme lors de l’apparition sur scène d’un technicien vêtu uniquement d’une ceinture d’outils. « Une mise en scène de Serge Denoncourt », a expliqué Girard sous les rires justifiés. Mais le gag ponctuel s’est révélé redondant, alors que le jeune homme et sa nudité frontale ont bien dû monter sur scène une dizaine de fois. Combien de blagues sur Lise Payette et Hélène David ? Les meilleures sont parfois les plus courtes.

     

    Fabien Cloutier, qui transforme habituellement tout ce qu’il touche en or, a un peu raté son coup avec un numéro long et futile sur la masturbation — « franchement… » — et joué les poncifs en fin de spectacle, soulignant les travers des spectateurs contents d’avoir les bonnes références pour rire de ces blagues mais qui, au fond, ne sont pas des vecteurs de changement.

     

    C’est peut-être le talent d’improvisateur de la bande à Wauthier dont on s’est le plus ennuyé lors de Prédictions 2017. Ce qui fait sa force à la radio a révélé des faiblesses sur scène. Après une heure et demie de spectacle, qui en dure deux, on avait envie de lui dire : « Rapidement! »

    Philippe Papineau

     













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.