Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous
    Golden Globes

    Donald Trump, vexé, vilipende Meryl Streep

    Le président désigné a été prompt à répliquer au discours de l’actrice sur les réseaux sociaux et l’accuse de servir Hillary Clinton

    L'actrice Meryl Streep, dimanche soir lors des Golden Globes
    Photo: Paul Drinkwater NBC Associated PRess L'actrice Meryl Streep, dimanche soir lors des Golden Globes

    Meryl Streep est une « actrice surévaluée » et une « soubrette de Hillary ». C’est du moins l’opinion du président désigné Donald Trump, qui n’a manifestement pas apprécié d’être critiqué par la star dimanche soir lors de la cérémonie des Golden Globes. Lauréate d’un prix honorifique, Meryl Streep a livré un discours à forte teneur politique dans lequel elle s’est inquiétée de ce qui attend l’Amérique sous le gouvernement Trump.

     

    Au coeur des angoisses de celle qui cumule plus de nominations aux Golden Globes et aux Oscar que quiconque, se trouve un incident bien précis qu’elle a évoqué avec émotion : ce point de presse lors duquel Donald Trump s’est moqué d’un journaliste handicapé.

     

    « Il y a une performance cette année qui m’a secouée. Elle a planté ses crochets dans mon coeur. Pas vraiment parce qu’elle était bonne ; ça n’avait rien à voir. Mais elle était efficace et a fait le travail. C’était destiné à faire rire son public, à lui faire montrer les dents. C’était ce moment où la personne qui demande à être assise dans le fauteuil le plus respecté de son pays a imité un journaliste handicapé. Quelqu’un qu’il dépassait en privilège, en pouvoir et en capacité de répliquer. Ça m’a brisé le coeur quand j’ai vu ça – et je ne peux toujours pas le faire sortir de ma tête – parce que ce n’était pas dans un film. C’était dans la vraie vie. Et cet instinct pour humilier, lorsqu’il est posé par quelqu’un de la sphère publique, par quelqu’un d’aussi puissant, ça s’infiltre dans la vie de tout le monde, parce que ça donne la permission aux autres de faire la même chose. »

     

    Insultes et dénégations

     

    Donald Trump n’a pas tardé à contre-attaquer sur Twitter, multipliant les gazouillis. S’en est suivi un florilège d’épithètes peu flatteuses, après quoi, le principal intéressé a nié les événements reprochés.

     

    « Pour la 100e fois, je ne me suis jamais moqué d’un journaliste handicapé (je ne ferais jamais ça), mais l’ai simplement montré… »

     

    « “Ramper” après qu’il eut totalement changé une histoire vieille de 16 ans qu’il avait écrite de manière à me faire mal paraître. Juste davantage de médias malhonnêtes ! »

           

    En l’occurrence, la « grande dame d’Hollywood », comme on la surnomme, a amorcé son discours en signalant que l’Association hollywoodienne de la presse étrangère, qui chapeaute les Golden Globes, réunissait les catégories d’individus les plus honnis du moment : les gens de cinéma, la presse et des étrangers.

     

    Si la vedette des films Le choix de Sophie et Le diable s’habille en Prada fut la plus explicite dans ses propos, elle ne fut toutefois pas la seule à s’en prendre l’ancien animateur de The Apprentice.

     

    Voix nombreuses

     

    À titre d’exemple, Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush, les coréalisateurs de Zootopia, sacré meilleur film d’animation, ont précisé avoir fait un film contre ceux « qui tentent de nous gouverner en utilisant la peur ».

     

    En s’exprimant en espagnol, un sourire complice aux lèvres, l’acteur mexicain Diego Luna (Rogue One) faisait clairement un commentaire politique, puisque Donald Trump continue d’évoquer l’érection d’un mur entre les États-Unis et le Mexique.

     

    Justement, l’icône française Isabelle Huppert, lauréate du prix de la meilleure actrice dans un film dramatique pour Elle, a de son côté lancé qu’il ne fallait pas compter sur le cinéma pour « ériger des murs et des frontières », et ce, après avoir signalé que la salle était remplie de gens issus de partout dans le monde.

     

    Marc Platt, le producteur du film La La Land, désigné meilleure comédie ou comédie musicale et désormais détenteur du record de Golden Globes avec sept trophées, a quant à lui plaidé pour un cinéma qui « unit » plutôt qu’il « divise ».

     

    Cette 74e édition, on le rappelle, s’est déroulée sur le thème de la diversité, tant de couleur de peau que d’orientation sexuelle, engendrant l’apparition du mot-clic #GoldenGlobesSoBlack venu tourner en dérision l’infâme #OscarSoWhite.

     

    Anecdote révélatrice

     

    Affirmant ne pas avoir regardé la cérémonie, Donald Trump s’est dit étonné d’avoir été la cible de ceux qu’il appelle « les libéraux du monde du cinéma ».

     

    En apparence banal, l’épisode aura en réalité confirmé ce que plusieurs observateurs craignaient : son statut et ses responsabilités ont beau venir de changer considérablement, le président désigné n’a de toute évidence pas l’intention de changer ses habitudes en ce qui a trait aux réseaux sociaux.


    Étonnantes omissions Saluée dans son ensemble par la plupart des médias américains au lendemain de la cérémonie des Golden Globes, la liste des lauréats a cela dit, sans surprise, prêté flanc à quelques critiques. Variety, bible de l’industrie, a par exemple titré l’un de ses articles « Les Golden Globes ne sont plus seulement respectables. Ils ont maintenant (gulp !) bon goût », tandis qu’un autre était consacré aux « surprises » et aux « omissions » de la soirée. À cet égard, difficile de ne pas remarquer que le géant HBO, malgré des séries phénomènes comme Game of Thrones et Westworld, a été complètement écarté. Idem pour la série de Netflix Stranger Things qui, qu’on le veuille ou non, a créé l’événement en 2016. Du petit, on passe au grand écran, où la victoire d’Isabelle Huppert pour Elle devant la favorite Nathalie Portman, pour Jackie, a étonné mais ravi. Pour ce qui est de celle d’Aaron Taylor-Johnson, nommé meilleur acteur de soutien pour Nocturnal Animals en lieu et place de Mahershala Ali pour Moonlight, on se gratte encore la tête.












    Envoyer
    Fermer
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.