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    Thomas Gaudy

    Des jeux vidéo québécois créés pour les personnes atteintes d’un handicap

    Français d’origine, Thomas Gaudy est cofondateur de l’entreprise Ludociels pour tous.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Français d’origine, Thomas Gaudy est cofondateur de l’entreprise Ludociels pour tous.

    À 39 ans, Thomas Gaudy assume ses contradictions. Complètement passionné des jeux vidéo, il est aussi très critique envers leur contenu et leurs effets. Installé au Québec depuis une dizaine d’années, ce Français d’origine a créé avec sa conjointe l’entreprise Ludociels pour tous, qui produit des jeux vidéo adaptés aux personnes handicapées.

     

    L’un de ces jeux, Vic Dor, s’adresse aux enfants souffrant de troubles cognitifs et moteurs graves. « Ils ne peuvent pas parler ou manger, ni utiliser un clavier ou une souris. Leur mode d’interaction avec l’ordinateur, ce sont de gros boutons », explique Thomas, qui a fait son doctorat sur l’adaptation de jeux vidéo pour les aveugles. Son entreprise, sans but lucratif, a produit à ce jour une trentaine de jeux. « La plupart de nos jeux sont gratuits », dit-il.

     
    Je trouve qu’actuellement, le jeu vidéo est vide de sens. Il existe quelques jeux vidéo présentant des revendications, mais pas assez.
    Thomas Gaudy, fondateur de Ludociels pour tous

    La boîte donne aussi des ateliers de formation à la création de jeux vidéo, qui s’adressent aux jeunes de plus de sept ans. Les jeux vidéo ainsi créés sont ensuite mis en disponibilité sur le site Web de Ludociels pour tous.

     

    « Je suis accro, admet Thomas Gaudy. J’ai du mal à m’en passer. Ce qui pose un problème. En tant que concepteur, il y a une question éthique. D’accord, c’est un média fantastique, mais est-ce qu’on cherche à rendre les autres accros, à leur prendre leur temps, à leur faire perdre du temps ? » soulève l’entrepreneur.

     

    « Ou est-ce qu’on n’essaie pas plutôt de s’approprier le média et de le faire évoluer en lui injectant quelque chose de personnel, une démarche éthique, quelque chose de plus social ? C’est ce qu’on essaie de faire. »

     

    Bien qu’il ait suivi des études doctorales, Thomas Gaudy reconnaît qu’il a obtenu durant toute sa scolarité des résultats moyens. « Parce que j’essayais de faire un minimum de travail, de façon à pouvoir réussir mes études, tout en ayant un maximum de temps à consacrer aux jeux vidéo. Maintenant, je joue toujours, mais je joue moins », confie-t-il.

     

    Plus de contenu

     

    Selon lui, le problème n’est pas tant le temps passé sur un jeu que l’expérience qu’on en retire ou non. « Je trouve qu’actuellement, le jeu vidéo est vide de sens. On en tire du plaisir, on passe un bon moment et on développe certaines compétences, mais par rapport à d’autres médias […] ou d’autres interactions sociales, l’expérience qu’on en retire est pauvre. »

     

    Thomas Gaudy s’est donc donné pour but de faire du jeu vidéo un média à part entière, porteur de contenu. Il cite quelques exemples. Il se souvient entre autres d’un jeu vidéo qui avait été créé durant le printemps érable.

     

    « Je trouvais à l’époque que c’était un des médias qui touchaient le fond du problème le plus justement, dit-il. Il existe quelques jeux vidéo présentant des revendications, mais pas assez. » Il aime citer les jeux qui ont remporté des récompenses, aux Games for Change Awards, un organisme américain qui favorise la création et la distribution de jeux à caractère social. « Nous devrions organiser une remise de prix similaire ici », dit-il.













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