Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous
    Patrimoine

    Tenir le fort de Ville-Marie

    Les vestiges seront mis en valeur par le musée Pointe-à-Callières en 2017

    Le maire Coderre a fait l’annonce de la découverte des vestiges du fort Ville-Marie jeudi à Montréal.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le maire Coderre a fait l’annonce de la découverte des vestiges du fort Ville-Marie jeudi à Montréal.

    C’est tellement à propos que ça semble organisé par le gars des vues. Des longues vues dans ce cas puisque l’incroyable surprise remonte au plus près de la fondation de Montréal, en 1642.

     

    Alors voilà. Des archéologues lancés il y a une douzaine d’années sur la très fragile piste souterraine des vestiges du fort Ville-Marie, érigé au temps de Jeanne Mance et de Maisonneuve, les ont retrouvés l’année dernière. Juste à temps pour en faire cadeau à la ville de Montréal pour son 375e anniversaire.

     

    L’annonce de la découverte et de sa mise en valeur en 2017 a été faite jeudi après-midi par le maire de Montréal. « C’est un moment très émouvant. C’est exceptionnel qu’une grande ville retrouve l’endroit exact où elle a commencé, a déclaré Denis Coderre. On a découvert le morceau qui manquait. »

     

    Capitale du vivre-ensemble

     

    Le lieu de mémoire exceptionnel se trouve juste derrière le Musée d’histoire et d’archéologie de Montréal, lui-même inauguré au moment du 350e anniversaire de la ville sur la Pointe-à-Callière, dans le vieux quartier évidemment. Les fouilles se poursuivent et la place longitudinale a l’air d’un autre chantier de rénovation dans une cité qui les accumule.

     

    La conférence de presse se déroulait dans la salle voisine du musée, celle du premier égout collecteur de la ville. Les vestiges du fort seront mis en valeur dans un nouveau pavillon utilisant des projections multimédias et d’autres techniques pour fairerevivre le temps des pionniers.

     

    Le maire actuel, passionné d’archéologie de son propre aveu (« Ça réveille l’Indiana Jones en moi »), voit paradoxalement dans les restes d’une archaïque architecture militaire un témoignage de l’esprit unique d’harmonie qui réglait du temps des Montréalistes. « Quand Jeanne Mance et Paul Chomedey de Maisonneuve sont arrivés ici, ils ont mis au monde la capitale du vivre-ensemble. À l’époque, quand on venait coloniser, on ne s’inquiétait pas trop des Premières Nations. On faisait le ménage, malheureusement. Aujourd’hui, on se rend compte que Montréal a toujours eu ce caractère unique. Jeanne Mance a bâti l’Hôtel-Dieu dans ce sens d’harmonie entre les Premières Nations et les Français. »

     

    La Ville a injecté une trentaine de millions de dollars dans les travaux de fouille et d’aménagement. La Fondation Pointe-à-Callière a participé à l’effort par l’entremise d’un don de 1,125 million de Québecor, qui donnera son nom au futur pavillon consacré au fort.

     

    La découverte et la mise en valeur des vestiges sont présentées comme la deuxième phase du legs patrimonial et architectural, la première étant dans et sous le musée. La troisième phase sera liée aux restes enfouis de l’hôtel du Parlement du Canada-Uni, incendié en 1849.


    Comment ça marche Une maquette du fort tel qu’il devait être à la fondation de Ville-Marie a été dévoilée jeudi. On y voit une palissade délimitant un espace protégé d’une superficie réelle de 2500 mètres carrés, soit la moitié d’un terrain de football canadien. Les pieux originaux s’élevaient d’environ six mètres. L’ensemble primitif, de forme rectangulaire, comprend des points de défense aux quatre extrémités (des bastions) reliés par des murets appelés courtines.

    Comment les archéologues ont-ils fait pour retrouver les vestiges d’une telle construction éphémère ? « L’élément déclencheur a été fourni par la découverte d’un angle avec le front et la face d’un bastion qu’on a pu connecter avec une partie de la courtine, explique Louise Pothier, conservatrice et archéologue en chef de Pointe-à-Callière. On a été chanceux. En faisant les fouilles sous le trottoir et dans la rue, malgré les constructions plus récentes, nous avons retrouvé des traces du coin et une partie de la face du bastion tronqué par un égout et un autre lambeau restant. »

    La découverte a été faite en 2015 par l’École de fouilles archéologiques de Pointe-à-Callière en partenariat avec l’Université de Montréal. Des traités du XVIIe siècle de l’ingénieur Antoine de Ville ont donné le modèle appliqué en Nouvelle-France. Le fort, maintenant sans plan, a été construit en 1643. Il pouvait abriter jusqu’à 70 personnes. Il a servi « presque chaque année » à se protéger des attaques des Iroquois et de leurs alliés. Le fort de Ville-Mariefut abandonné en 1674 et détruit en 1688 pour permettre la construction de la demeure du gouverneur Louis-Hector de Callière.
    Le maire Coderre a fait l’annonce de la découverte des vestiges du fort Ville-Marie jeudi à Montréal. L’égout sera mis en valeur par l’entreprise Moment Factory en 2017. Le premier égout collecteur de Montréal, vu de l’intérieur












    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.