La note bleue - La nostalgie du blues
Un vent de nostalgie a soufflé dans la nuit d'hier à aujourd'hui avec le passage quasi surréaliste des Holmes Brothers au Spectrum. Un parterre plein, des bougalous dansants et trois hommes assez vieux pour avoir oublié leur âge soutenaient un rythme d'enfer ponctué de quelques louanges au Seigneur: pour un bref moment, la salle de la rue Sainte-Catherine est redevenue l'antichambre sacrée du blues.
Une hirondelle ne fait pas le printemps, dit l'adage, au même titre qu'une performance, aussi électrisante soit-elle, ne fait pas une programmation. Côté blues, le 23e Festival de jazz s'avère pitoyable, mais quand même un peu moins que lors du précédent, où les z'amateurs avaient dû endurer les Kristi Johnson Band, Doo The Doo et autres Frankie Lee. La fausse note tombe ici sur les spectacles extérieurs de 21h, repris au Spectrum à minuit. On passe par-dessus les Kelly Joe Phelps, Blind Boys of Alabama et J. J. Cale, qui forment cette année l'élite du blues payant en salle. À défaut de s'offrir les gros noms, le petit de la base pouvait historiquement se rabattre joyeusement et sans complexes sur le Spectrum. Pouvait.
Il fut un temps pas si lointain où le Spectrum servait de point de ralliement à tous les festivaliers encore debout passé minuit. Ils y soignaient leur syndrome d'insomnie collective avec les meilleurs remèdes, administrés tantôt par le barman, tantôt par un Charlie Musselwhite bien conscient qu'il venait de sombrer, au Spectrum, dans le voodoo garden de ses chansons.
Exception faite du concert des Holmes Brothers, l'endroit, cette année, est resté aussi vide que le paradis par un soir de péché. Avec des «têtes d'affiche» comme Jack de Keyzer, Anthony Gomes, Robert Ross ou Sean Costello, la chose n'étonne guère. Disons-le tout de go: inutile de se déplacer. Les z'organisateurs l'ont déjà compris: ils ne se montrent guère le bout du nez dans la salle de la rue Sainte-Catherine depuis le début de la grande féerie urbaine. Jugement sévère qui mérite d'être tempéré. Il reste toujours le spectacle de Mississippi Heat demain, même si la bande de Pierre Lacocque a perdu de précieux éléments au cours des dernières années.
L'affluence des mordus du blues lors du spectacle des Holmes, conjuguée à leur raréfaction les soirs précédents, permettra peut-être à des esprits éclairés de tirer quelques leçons de marketing. Primo, il y a un public pour le blues, malgré l'ampleur qu'a prise la série DJ dans la case horaire de minuit. Secundo, ce public est très mal servi par la direction du festival, et il le sait. Les croyants du blues ne sont pas des convertis. Mince consolation.
Une hirondelle ne fait pas le printemps, dit l'adage, au même titre qu'une performance, aussi électrisante soit-elle, ne fait pas une programmation. Côté blues, le 23e Festival de jazz s'avère pitoyable, mais quand même un peu moins que lors du précédent, où les z'amateurs avaient dû endurer les Kristi Johnson Band, Doo The Doo et autres Frankie Lee. La fausse note tombe ici sur les spectacles extérieurs de 21h, repris au Spectrum à minuit. On passe par-dessus les Kelly Joe Phelps, Blind Boys of Alabama et J. J. Cale, qui forment cette année l'élite du blues payant en salle. À défaut de s'offrir les gros noms, le petit de la base pouvait historiquement se rabattre joyeusement et sans complexes sur le Spectrum. Pouvait.
Il fut un temps pas si lointain où le Spectrum servait de point de ralliement à tous les festivaliers encore debout passé minuit. Ils y soignaient leur syndrome d'insomnie collective avec les meilleurs remèdes, administrés tantôt par le barman, tantôt par un Charlie Musselwhite bien conscient qu'il venait de sombrer, au Spectrum, dans le voodoo garden de ses chansons.
Exception faite du concert des Holmes Brothers, l'endroit, cette année, est resté aussi vide que le paradis par un soir de péché. Avec des «têtes d'affiche» comme Jack de Keyzer, Anthony Gomes, Robert Ross ou Sean Costello, la chose n'étonne guère. Disons-le tout de go: inutile de se déplacer. Les z'organisateurs l'ont déjà compris: ils ne se montrent guère le bout du nez dans la salle de la rue Sainte-Catherine depuis le début de la grande féerie urbaine. Jugement sévère qui mérite d'être tempéré. Il reste toujours le spectacle de Mississippi Heat demain, même si la bande de Pierre Lacocque a perdu de précieux éléments au cours des dernières années.
L'affluence des mordus du blues lors du spectacle des Holmes, conjuguée à leur raréfaction les soirs précédents, permettra peut-être à des esprits éclairés de tirer quelques leçons de marketing. Primo, il y a un public pour le blues, malgré l'ampleur qu'a prise la série DJ dans la case horaire de minuit. Secundo, ce public est très mal servi par la direction du festival, et il le sait. Les croyants du blues ne sont pas des convertis. Mince consolation.
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