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    Critique humour

    Merci Francine!

    La pétulante Francine Lareau livre un hommage chaleureux à ses idoles

    Francine Lareau
    Photo: Michel Hannequart Francine Lareau

    « Manda, je l’aime tellement ! » dit-elle les mains sur le coeur. « La Poune, je l’aime tellement », dira-t-elle également. Et Juliette Pétrie, elle l’aime aussi. Et Dodo. Et Denise. Et Clémence. Oui, elle les aime, ces grandes dames de l’humour, ces femmes qui ont dû jouer du coude et faire fi des conventions sociales afin de préparer la voie aux Katherine Levac, Mariana Mazza et Virginie Fortin.

     

    Elle, c’est Francine Lareau. Peut-être que vous ne la connaissez pas. D’ailleurs, son premier one-woman-show s’appelait Chus pas connue (encore). À défaut d’être connue, l’actrice-humoriste parle de femmes connues, très connues même, mais qui risqueront d’être oubliées par l’histoire bien qu’elles aient marqué la petite histoire de notre showbizz. Au cours du spectacle, elle dira que dans un livre sur l’humour québécois, deux paragraphes sont consacrés à Clémence Desrochers et deux chapitres à RBO… Qu’à cela ne tienne, Francine Lareau est là pour nous faire revivre 100 ans d’humour au féminin dans ce deuxième spectacle : Merci Manda, La Poune, Dodo, Denise, Clémence et tant d’autres !

     

    Sa matière, elle la possède sur le bout des doigts. Et son cours d’histoire n’a rien d’académique. Avec ses yeux pétillants et son sourire de gamine espiègle, Lareau livre un devoir de mémoire chaleureux et bien vivant. « C’est pas une imitation, c’est une incarnation ! » lancera-t-elle après avoir joué un numéro inspiré de l’époque burlesque. Se moquant d’elle-même, partageant ses souvenirs d’enfance, l’artiste nous fait voyager dans le temps, mais ce voyage n’a rien de linéaire.

     

    De fait, Francine Lareau se plaît à faire des sauts dans le temps, histoire de tenir le public en alerte. En multipliant ainsi les aller-retour entre le présent et le passé, elle trace d’amusants parallèles entre la société d’hier et celle d’aujourd’hui. Disposant de peu de moyens, elle partage quelques rares enregistrements sonores. En entendant la voix de La Poune, d’Alis Roby et de Dominique Michel à l’époque d’En veillant su’l’perron, on souhaiterait voir des photos, des extraits de films ou de spectacles. Qui sait, ce sera peut-être pour une prochaine fois.

     

    Certes, on ne doute pas de l’amour et de l’admiration que Francine Lareau voue aux pionnières de l’humour. Pas plus que l’on ne doute de la noblesse et de la sincérité de sa démarche. Sans accessoires, ni costumes, ni décors, vêtue d’une petite robe à la Piaf, elle possède un tel pouvoir d’évocation que l’on croit voir apparaître sur scène l’élégance Juliette Pétrie et la truculente Rose Ouellette. À la fin du spectacle, force est de se demander si le spectacle ravira autant les nostalgiques du burlesque que le public de Like-moi !.

    Merci Manda, La Poune, Dodo, Denise, Clémence et tant d’autres !
    À la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, les 20, 21 et 22 juillet, à 18 h 30.












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