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    Mémoires vives chez les dominicains

    L’archivage de la collection savante du père Lacroix ouvre un vaste chantier de numérisation

    Certains ouvrages précieux datant des XVe et XVIe siècles réclament des soins très complexes.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Certains ouvrages précieux datant des XVe et XVIe siècles réclament des soins très complexes.

    Homme de savoir et de culture, le père Benoît Lacroix a mené une vie intellectuelle riche, entouré de livres, d’oeuvres d’art et d’enregistrements de toutes sortes. Une archiviste s’active ces jours-ci à faire l’inventaire de cette collection savante qui comprend nombre de livres rares, dont plusieurs annotés avec passion par le père lui-même. Un legs d’une grande valeur qui pousse la Fondation du Collège universitaire dominicain à entrer de plain-pied dans le XXIe siècle en appelant à la numérisation de ses collections.

     

    Mardi, le public était invité à venir s’imprégner de l’atmosphère toute particulière du bureau du père Lacroix, laissé tel quel depuis son départ, en mars dernier. Le travail d’archivage et de mise en valeur du corpus de l’érudit sera colossal, convient d’emblée le directeur du développement de la Fondation, Jean-Philippe Rheault. « Il faudrait une personne à demi-temps qui travaille pendant une année pour arriver au bout de cet exercice. »

     

    Sur les murs, deux Lemieux et un Matisse jettent leur lumière sur une collection personnelle que les dominicains souhaitent voir offerte à tous. Couchés çà et là, des ouvrages de toutes sortes, dont une large part spécialisés en théologie, en philosophie et en pastorale, attendent sagement qu’on les sorte de leur torpeur. « Un livre qui dort, c’est un livre qui meurt. Pour nous, il est essentiel que ces ouvrages puissent être lus », résume Jean-Philippe Rheault.

     

    Dans la foulée de ce chantier, la Fondation lançait mardi une vaste campagne de financement visant à faire entrer le fonds savant de l’université, dispersé sur deux campus — un à Montréal, l’autre à Ottawa — dans la modernité avant qu’il ne disparaisse dans l’oubli, faute de pouvoir être fréquenté aussi assidûment que les dominicains le souhaiteraient. « La numérisation est la clé de la mise en valeur de ces ouvrages dont certains sont très rares, voire uniques dans le paysage québécois », fait valoir Jean-Philippe Rheault.

     

    Au campus montréalais, des siècles de connaissances reposent, dont plusieurs sont cordés dans de petites boîtes « peu ou pas protégées », illustre-t-il. Certains ouvrages précieux datant des XVe et XVIe siècles réclament quant à eux des soins très complexes. À Ottawa, la bibliothèque du campus accuse sa conception vieille d’un siècle et croule littéralement sous le poids des livres accumulés au fil des ans. « Nous voulons en faire une bibliothèque digne du XXIe siècle avec une vraie salle de lecture, vivante, ouverte sur le monde. »

     

    La Fondation calcule qu’elle aurait besoin de 400 000 $ de plus cette année pour mener tous ces chantiers, portant à 1,6 million l’objectif de sa campagne annuelle. De ce montant, 175 000 $ seront réservés à la création d’une chaire Benoit-Lacroix consacrée à la création de cours et de colloques sur des sujets qui étaient chers à l’auteur, professeur et historien : culture et foi, histoire et traditions populaires, art et littérature, peuples autochtones, etc.













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