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    Centre national des arts

    Trouver enfin la porte du bunker

    Le complexe s’offre une cure de rajeunissement sous le signe de l’accessibilité

    23 avril 2016 | André Lavoie - Collaborateur | Actualités culturelles
    Maquette du remodelage du Centre national des arts
    Photo: Centre national des arts Maquette du remodelage du Centre national des arts

    La même histoire revient très souvent au sujet du Centre national des arts (CNA) à Ottawa, et elle persiste depuis son ouverture en 1969. Bien des spectateurs et autant d’artistes ont souvent fait deux-trois fois le tour de cet hexagone massif avant d’en trouver l’entrée.

     

    Cette incongruité incombe-t-elle entièrement à l’architecte canadien d’origine polonaise Fred Lebensold, également associé à la conception de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts à Montréal ?

     

    Comme pour beaucoup de projets de cette époque (et tant d’autres aujourd’hui), les fonds ont manqué, privant le CNA d’une esplanade qui devait surplomber le canal Rideau. Attirant les regards, elle aurait permis aux badauds de converger vers ce présent du gouvernement fédéral pour souligner le centenaire du Canada en 1967.

     

    Mais, tout comme pour le Grand Théâtre de Québec, le cadeau fut déballé avec quelques années de retard et certains ont toujours du mal à en trouver la clé.

     

    Le remodelage de ce complexe officiellement bilingue de quatre salles (dont la Southam avec ses 2323 fauteuils, lieu de résidence de l’Orchestre symphonique du CNA) constitue un autre cadeau du fédéral, cette fois pour le 150e anniversaire du Canada, le 1er juillet 2017.

     

    Au bout du fil à Toronto, Donald Schmitt, architecte et cofondateur de la firme Diamond Schmitt Architects (à qui l’on doit notamment la Maison symphonique de Montréal), assure en rigolant que tout sera prêt, ou presque, pour la fête. Ce n’est sans doute pas la première fois qu’on lui pose la question…

     

    « Mis à part la salle Panorama [souvent utilisée pour les banquets avec sa vue imprenable sur le canal], la nouvelle entrée, le nouveau foyer et les rénovations de la Quatrième salle seront prêts », affirme Donald Schmitt, très fier de ce défi architectural.

     

    Le pari est-il plus dur à relever lorsqu’il s’agit de modifier — du moins en apparence — l’oeuvre d’un collègue ? « Je ne sais pas ce qui est le plus difficile, admet l’architecte. Dans le cas d’un bâtiment existant, il faut comprendre les intentions de départ, et surtout en conserver les qualités. »

     

    L’indifférence qu’inspire l’apparence extérieure du CNA pourrait laisser croire qu’elles sont peu nombreuses. Donald Schmitt ne cherche pas à enjoliver le tableau. « Disons que le CNA est un peu difficile à aimer à cause de son côté forteresse. Il y a parfois jusqu’à 500 artistes qui travaillent à l’intérieur, et de la rue vous n’avez aucune idée de ce qui s’y passe. »

     

    Ce qui ne l’empêche pas de s’incliner devant cette autre manifestation d’amour pour le brutalisme tel qu’imaginé par Le Corbusier, « une période exceptionnelle pour les architectes qui expérimentaient toutes les possibilités de cette pierre liquide qu’est le béton ». Tout en admettant du même souffle que « le grand public n’a pas vraiment partagé cet enthousiasme ».

     

    Pour l’architecte, le CNA représente néanmoins une remarquable réussite une fois franchie — et d’abord trouvée ! — la porte principale : « La géométrie des lieux est tout simplement fascinante. »

     

    L’accessibilité à ces espaces qui, eux, remportent l’adhésion de tous, est le mot-clé de cette ambitieuse cure de rajeunissement au coût de 110 millions de dollars. « Selon moi, ça signifie une ouverture à l’égard de la ville [l’entrée principale sera déplacée face à la rue Elgin], des spectateurs, des artistes et de tous les passants. Je veux que l’endroit devienne un véritable carrefour, une place citoyenne, et que le spectacle ne soit pas qu’à l’intérieur des théâtres. » Bref, tout le contraire d’une forteresse.


    Le CNA en quelques chiffres Nombre de salles : 4

    Nombre de sièges : 3670

    Nombre de spectateurs par année : 1 041 601

    Nombre de représentations pour l’année 2014-2015 : 1357

    Budget annuel de fonctionnement : 73 731 000 $
    Source : Rapport annuel 2014-2015 et Service des communications du CNA












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