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    Portragram

    Des artistes font écran

    La boîte de production Pelicula présente ses premiers portraits de créateurs québécois

    1 avril 2016 | Jérôme Delgado - Collaborateur | Actualités culturelles
    La mosaïste Adeline Benhammouda est l'une des neuf artistes qui font l’objet de films sur différentes formes de création.
    Photo: Pelicula Films La mosaïste Adeline Benhammouda est l'une des neuf artistes qui font l’objet de films sur différentes formes de création.
    Cinéma
    Portragram
    Centre Phi, 407, rue Saint-Pierre à Montréal, aujourd’hui, le vendredi 1er avril à 19 h. Entrée libre.

    Dans la vie, ils sont nombreux. À l’écran, ils sont plutôt rares. Les voilà enfin sujets de cinéma, ceux qui pratiquent au Québec la peinture, la sculpture, la photographie et autres arts dits plastiques.


    Après le Festival international du film sur l’art (FIFA), dont la 34e édition se déroulait encore il y a deux semaines, voici le mini-FIFA : neuf portraits d’artistes pour un soir de projections. Mini et surtout off FIFA, car le vénérable festival n’a rien à voir avec ce programme présenté sous le toit d’un de ses diffuseurs, le Centre Phi, dans le Vieux-Montréal.


    Une sorte d’élan contestataire anime cette soirée. Les neuf films esquissent des portraits d’artistes québécois, toujours actifs, dont certains sont des figures bien connues de l’art actuel montréalais, une scène qui fait rarement l’objet de documentaires. L’affiche annonce ainsi des courts-métrages sur le photographe Gabor Szilasi, le peintre Peter Krausz, le sculpteur Stephen Schofield, le sculpteur et performeur François Morelli. Que des noms, sauf erreur, jamais vus sur les écrans du FIFA.

    Photo: Pelicula Films La mosaïste Adeline Benhammouda

    Le programme, intitulé Portragram, sort de nulle part. Ou alors des limbes d’Internet, là où, déjà, le visionnement de ces documents est possible. Ils sont tous nés ces derniers mois sous les soins de la petite équipe de Pelicula Films, une boîte de production fondée en 2015.


    « Il y a beaucoup d’artistes que personne ne connaît. Il nous semblait que, si les gens les connaissaient, ils s’intéresseraient plus à l’art, ils comprendraient ce que les artistes font pour la société », explique Oz Yilmaz, directeur de Pelicula Films, dans un petit appartement de la rue Saint-Dominique qui sert autant de bureau que de salle de montage.

     

    « Nous filmons des artistes de tous les jours, ceux qui se battent [pour créer] et qui tentent de gagner leur vie. Ce sont des gens comme tout le monde, qui ont des choix à faire », soutient pour sa part le réalisateur Walid Kafi.

     

    Animés par le souci du travail bien fait, voire de grande qualité — « Nous créons des chefs-d’oeuvre », lit-on sur le site Web de la boîte —, les deux hommes ont fondé Pelicula Films avec de bonnes intentions. Celles de vulgariser l’art, même le plus complexe. Les neuf films à l’affiche sont une petite partie de ce qu’ils projettent de proposer d’ici la fin de l’année : 50 portraits. Et ils espèrent en diffuser au… FIFA de 2017.

     

    Ils ont une longue liste de noms et procèdent par différentes priorités. L’âge de l’artiste impose l’urgence de le filmer — Gabor Szilasi approche les 90 ans, Françoise Sullivan, sujet d’un prochain film, les a atteints en 2015. L’actualité aussi peut dicter leurs choix, c’est le cas de Stephen Schofield, qui inaugurera en 2016 une oeuvre publique dans le Quartier des spectacles. Pour mettre de l’ordre là-dedans, Claude Gosselin, l’ancien directeur de la Biennale de Montréal, les a conseillés.

     

    Oz Yilmaz, fils de la finance par son père, et de la création par sa mère-artiste, est aussi un globetrotter, lui qui a vécu en Argentine, au Japon et à New York. C’est l’argentier de la boîte, qui confie investir un demi-million de dollars dans l’aventure.

     

    Après des études à l’Université Concordia, Walid Kafi, un enfant de NDG, a gravité autour de la communauté arabe de Montréal, ainsi qu’auprès des artistes du graffiti. Il est le signataire de l’esthétique forte en contrastes d’ombre et de lumière qui colore les projets de Pelicula Films.

     

    Yilmaz, qui pratique aussi la photographie, et Kafi, se sont rencontrés par l’intermédiaire de Kijiji, comme quoi on y trouve là de tout, même un ami et complice. L’un cherchait des caméras, l’autre en vendait. Le besoin de donner quelque chose à leur communauté les a réunis.

     

    « J’aimerais que les futures générations puissent regarder nos films et comprendre qui étaient les meilleurs artistes du Québec, ce qu’ils faisaient », dit Oz Yilmaz. Le travail de « Mister Walid », comme il appelle son partenaire, lui fait croire que ce sera possible.

     

    « Ce sont des portraits sombres pour esquisser un peu de drame, ajouter un peu de symbolique. Les ombres donnent aussi de la profondeur, on est dans les trois dimensions. Ça aide à montrer toute une vie en cinq minutes avec un peu de respect », dit le réalisateur, qui affirme faire du cinéma et non pas juste un télédocumentaire comme il en a vu souvent dans le festival sur l’art.

     

    Cinq minutes, c’est la durée moyenne des courts-métrages réalisés et produits par Pelicula Films. Ils présentent autant l’individu que l’artiste, dont les paroles et gestes sont la matière première. On y voit ainsi, par exemple, un Peter Krausz fabriquer ses propres pigments.

     

    La première de cette série de Portragram comprend aussi des artistes encore plus à la marge tels que Pamela Vergara. Cette artisane du bois non seulement répare de vieux et précieux meubles, elle a aussi fait de sa petite entreprise un lieu de réinsertion pour des femmes de tous les horizons. La création artistique est loin d’être une affaire de gens isolés dans leur tour d’ivoire.

    La mosaïste Adeline Benhammouda est l'une des neuf artistes qui font l’objet de films sur différentes formes de création. Le peintre Peter Krausz












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