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    13e Nuit blanche à Montréal

    Bain de foule et de culture… pour le meilleur et pour le pire

    Vue sur la place des Festivals durant la Nuit blanche
    Photo: Éliane Brisebois Le Devoir Vue sur la place des Festivals durant la Nuit blanche

    Aaaaahhiiiiiiiiii ! Le cri retentit dans la nuit au-dessus de la foule massée rue Sainte-Catherine et sur la place des Festivals. Traverser le site central de la Nuit blanche en tyrolienne a été l’apogée — l’émotion forte — d’une soirée et d’une nuit bien remplies. Cette année encore, plusieurs quartiers foisonnaient d’activités diverses et variées, organisées expressément pour cette 13e Nuit blanche à Montréal.

     

    Mais où donner de la tête devant un choix de plus de 200 activités ? Il fallait définir quelques incontournables et un trajet logique entre eux pour ne pas passer la nuit dans les files d’attente.

     

    Notre soirée a commencé autour de 18 h au bar L’Inspecteur épingle sur le Plateau-Mont-Royal pour Les dix heures de poésie, marathon d’enfilades de mots qui laisse place aux poètes de la relève et à d’autres plus connus. Pendant qu’on entendait le bruit des glaçons cogner dans les verres dans le silence relatif du bar, des poètes émergents se succédaient sur la scène pour livrer leur prose et leurs vers avec une aisance variable selon chacun, mais devant un public encourageant.

     

    Arrêt suivant : la place Pasteur de l’UQAM. Elle était habillée pour l’occasion de fascinants saules pleureurs et de brins d’herbe géants en fibres optiques. L’installation nommée Aura – traversée immersive faisait s’agencer une ambiance sonore mystérieuse à des images projetées sur le clocher de l’UQAM et à des jeux de lumière. Joli.

     

    Plus loin rue Saint-Denis prenaient place les Jeux géants de Montréal, dont une version réelle et augmentée du jeu vidéo Pac-Man bien amusante. Plus haut dans la rue, les passants s’agglutinaient, impressionnés, au bord d’une piste de glissade sur neige qui avait été aménagée pour des descentes en trois-skis. Malheureusement, la mauvaise texture de la neige semblait rendre l’expérience de Crayski peu concluante pour quelques glisseurs qui étaient stoppés dans leur élan après le jump. Malgré tout, il était très drôle d’assister à un tel spectacle et d’entendre le commentateur décrire la « performance » des glisseurs.

     

    L’énergie des danseurs

     

    Une des meilleures idées de la soirée a été de se rendre à l’Agora de la danse où se tenait Bouge anyway, une battle de danse qui regroupait de férus danseurs de l’École de danse contemporaine de Montréal et d’autres du milieu des danses urbaines. Les sièges de la salle ont fini par se remplir, mais il fallait être tout près du plancher où se tenait la compétition pour en ressentir les meilleurs effets. Quinze équipes de deux sont passées devant les juges et le DJ Big Feelings, qui a su user avec adresse de ses fichiers numériques. Certains affrontements de danseurs se faisaient dans un style plus contemporain, d’autres étaient davantage teintés par des mouvements de hip-hop. Lors de la série préliminaire, c’est une musique aux accents africains qui a su réchauffer l’ambiance, autant chez les danseurs que dans le public. L’énergie des danseurs était palpable et on surfait sur les ondes musicales avec eux lorsque les partenaires d’une même équipe réussissaient à évoluer en réelle communion.

     

    Retour à l’extérieur pour un peu de plein air. C’est empreint de l’énergie contagieuse de Bouge anyway que le climat de la soirée a été atteint lors de la traversée en tyrolienne entre les rues Balmoral et Saint-Urbain. L’activité était proposée par Arbraska. Le fait de survoler une forêt de gens plutôt qu’une forêt d’arbres rendait la chose d’autant plus spéciale et permettait d’avoir un point de vue incomparable sur la place des Festivals.

     

    Pas très loin de là, dans la Place des Arts, à l’abri de l’air humide, des centaines de gens entouraient Jean-Philippe Wautier, Fred Savard, Jean-Sébastien Girard et Olivier Niquet, de l’émission de radio La soirée est (encore) jeune. ICI Radio-Canada Première en a diffusé une version nocturne, La nuit est (encore) blanche. Comme d’habitude, le public ne s’est pas fait prier pour assister à l’enregistrement de l’émission. « On est entourés de 600 personnes », ont lancé, impressionnés, les animateurs de l’émission.

     

    À côté, l’ambiance était plus feutrée à l’exposition L’art érotiques’expose, qui regroupait les propositions sur le désir et la sexualité de divers artistes contemporains. La série photographique Désirs secrets, de Johan Jansson, suscitait des sentiments ambivalents avec ses photos sensuelles inspirées de scènes bibliques, tandis que la vidéo de la chanson Sexo futur, de Yann Perreau, nous entraînait dans un univers psychédélique tout à fait différent avec ses jambes en l’air et ses corps s’étreignant sur fond d’étoiles et de galaxies.


    Coup de chapeau
     

    La nuit s’est étirée. Un passage au Métropolis à l’événement Total crap, qui projette des montages du pire de la télévision, de la vidéo et de la publicité, a rapidement permis de constater qu’un concentré de mauvais goût, d’humour raté et de vulgarité peut donner des maux de coeur et faire rire en même temps. Coup de chapeau aux irréductibles qui étaient encore là cinq heures après le début de l’événement lorsque Le Devoir est arrivé pour assister au neuvième bloc de projections ! Une version turque d’E.T., la vidéo maison et absurde d’un ancien candidat à la mairie de Pointe-Calumet et des scènes de bataille horriblement mal truquées faisaient partie du montage. Entre autres choses.

     

    Vers 2 ou 3 h du matin, plusieurs activités prenaient fin. Les participants ont notamment pu continuer à festoyer jusqu’à 6 h dans neuf bars du Quartier latin, ce qui leur a été exceptionnellement permis par la Régie des alcools, des courses et des jeux à l’occasion de la Nuit blanche.

     

    S’il est humainement possible de ne faire qu’une dizaine d’activités sur les 200 proposées pour minimalement en profiter, on peut se consoler en pensant à cette ambiance lumineuse et égayante qui a recouvert Montréal toute la nuit et dans laquelle on s’est baignés.

    Vue sur la place des Festivals durant la Nuit blanche À l’Agora de la danse se tenait «Bouge anyway», une «battle» de danse qui regroupait de férus danseurs de l’École de danse contemporaine de Montréal et d’autres du milieu des danses urbaines. Certains affrontements de danseurs se faisaient dans un style plus contemporain, d’autres étaient plus teintés par des mouvements de hip-hop. La mauvaise texture de la neige semblait rendre l’expérience de «Crayski» peu concluante pour quelques glisseurs qui étaient stoppés dans leur élan après le «jump».  L'exposition «Le cirque de Monsieur Lapin» courue par les enfants au musée McCord Sur la rue Saint-Denis prenaient place les Jeux géants de Montréal. De la musique rock accompagnait les patineurs à la Patinoire Atrium Le 1000. 












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