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    Bandes dessinées - Le phylactère francophone célèbre ses 100 ans

    28 janvier 2004 |Denis Lord | Actualités culturelles
    À Montréal, le samedi 30 janvier 1904, dans le quotidien La Patrie, paraissaient Les Aventures de Timothée, signées Albéric Bourgeois, première bande dessinée de la francophonie à utiliser le phylactère, pour d'aucuns le signe essentiel de la bd.

    Lorsqu'il crée Timothée, Albéric Bourgeois (1876-1962) arrive d'un séjour aux États-Unis où il a étudié l'illustration et publié dans le Boston Post le family strip The Education of Annie. Son personnage de Timothée, dragueur entêté, élégant et gaffeur, se retrouve régulièrement aux prises avec les forces de l'ordre. Au fil des aventures, Bourgeois lui adjoint une fiancée, Sophronie, une belle-mère et un chien. Timothée jouit d'une grande popularité: il devient l'objet d'un casse-tête, sert à annoncer des corsets et donne son nom à une marque de cigares! À partir de la parution de cette bande, l'usage du phylactère se généralise au Québec.

    Lorsqu'en 1905, Bourgeois quitte La Patrie pour le quotidien de la rue Saint-Jacques, les aventures de Timothée continuent. Théophile Busnel, Arthur LeMay et Maurice Gagnon animeront le personnage jusqu'en 1933, malgré quelques éclipses. Avec plus de 500 planches publiées, il s'agit vraisemblablement de la plus longue bédé jamais créée au Québec. Rien de tout cela n'est hélas disponible aujourd'hui en librairie. Bourgeois, lui, poursuivra sa carrière artistique en tant que peintre, caricaturiste, illustrateur et auteur de textes radiophoniques. Une rue de Pointe-aux-Trembles porte son nom.

    La bataille du phylactère

    La question du phylactère est digne d'intérêt: pour plusieurs théoriciens, c'est avec son invention qu'est née la bande dessinée. C'est pourquoi en Europe, en 1996, on célébrait en grande pompe le centenaire de la première apparition d'un phylactère, soit dans The Yellow Kid de l'Américain Richard F. Outcault. Il y eut alors d'orageuses polémiques entre les tenants de la bulle et ceux pour qui une simple séquence narrative d'images légitime l'appellation «bande dessinée». Selon Michel Viau, historien de la bande dessinée et rédacteur en chef du magazine d'humour Safarir, les positions ont évolué simultanément à la recherche: actuellement, en Europe tout comme aux États-Unis, les chercheurs sont de plus en plus unanimes à croire que la bulle est superflue. Ainsi donc, la création du genre remonterait à 1833, avec la parution du Monsieur Jabot de Rodolphe Töpffer.

    Jusqu'à très récemment, on croyait que le premier phylactère en français était apparu en 1925, dans le Zig et Puce d'Alain Saint-Ogan. On a depuis retrouvé une utilisation antérieure de la bulle, dans le Sam et Sap (1908) de Rose Candide. Auteur de l'incontournable BDQ: Répertoire des publications de bandes dessinées au Québec des origines à nos jours, Michel Viau a réussi à faire prévaloir la préséance de l'oeuvre de Bourgeois dans quelques publications européennes, notamment dans le chapitre de l'Encyclopédie Universalis consacré à la bande dessinée.
     
     
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