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    Patrimoine

    Les jésuites souhaitent passer le flambeau du Gesù

    L’église du Gesù, l’une des plus belles et des plus anciennes de Montréal
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir L’église du Gesù, l’une des plus belles et des plus anciennes de Montréal

    Le Gesù entreprend ce jeudi une profonde réflexion sur sa vocation, et cette réflexion pourrait entraîner un changement de statut pour cette institution du centre-ville de Montréal. Un comité chargé de veiller à cette démarche a convoqué une trentaine d’acteurs issus de différents milieux pour poursuivre cette réflexion ce soir et demain.

     

    Ce remue-méninges compte des représentants du monde des affaires, du monde institutionnel, des différents ordres de gouvernement et de la scène culturelle.

     

    C’est que la Compagnie des jésuites, qui est propriétaire du site et de l’église, l’une des plus belles et des plus anciennes de Montréal, ne se sent plus capable d’assurer la survie du Gesù à long terme, expliquait hier le provincial de la compagnie pour le Canada français et Haïti, Jean-Marc Biron.

     

    « Écoutez, ça serait bête de dire : on ferme le Gesù. De toute façon, on ne peut presque pas le faire, étant donné que c’est un monument classé au patrimoine. On veut essayer de voir comment on peut continuer de faire en sorte que ce lieu soit un lieu de rassemblement, de vie spirituelle, de culture et d’éducation », dit-il.

     

    Fiducie

     

    Ce que la Compagnie des jésuites souhaiterait pour le Gesù, c’est la création d’une fiducie à laquelle elle continuerait d’être associée d’une manière ou d’une autre. Déjà, le ministère des Affaires culturelles du Québec et la Ville de Montréal ont démontré de l’intérêt pour le projet, poursuit M. Biron.

     

    Jean-Marc Biron évoque comme exemple le cas des augustines de Québec, dont le monastère a été transformé en centre de santé intégrale. Le Gesù pourrait ainsi devenir un « centre d’éducation intégrale », dont le projet serait ancré dans l’histoire de l’institution.

     

    « Dans l’éducation intégrale, il y a une place pour les arts, pour la musique, mais aussi pour la spiritualité et pour la religion », poursuit M. Biron. « On voit plus grand qu’un projet culturel », dit-il.

     

    On avance aussi l’idée d’y tenir des colloques ou des congrès internationaux sur des enjeux humanitaires ou écologiques, par exemple.

     

    À l’heure actuelle, le Gesù compte, en plus de son église, un amphithéâtre et deux salles de spectacle. Les jésuites occupent également un espace résidentiel d’une dizaine de chambres à l’arrière du bâtiment. L’ancien terrain de stationnement adjacent a été cédé à la Ville de Montréal, du temps de l’administration Bourque. La Ville de Montréal comptait alors y faire un jardin. Mais le projet a depuis été abandonné et l’espace de stationnement est tombé en désuétude.

     

    « On voudrait que la Ville reprenne ce projet de jardin », poursuit M. Biron.

     

    Quant à l’église, elle ne serait peut-être plus un lieu de célébration eucharistique quotidienne. À l’heure actuelle, les jésuites s’en servent également à l’occasion comme lieu de rassemblement pour des événements spéciaux. M. Biron évoque la possibilité qu’une partie de l’espace de l’église soit consacrée à d’autres activités.

     

    « On ne peut absolument pas transformer l’église, parce que c’est ça qui est le lieu historique, dit-il. Elle peut être utilisée comme salle de spectacle ou de conférence, avec certains aménagements. Mais aussi, ça peut garder son caractère de lieu de silence pour des gens qui veulent réfléchir ou prier. » Si l’église perd son statut de lieu sacré, « il faut la désacraliser pour des usages uniquement laïques », dit-il.

     

    Une étude de faisabilité sur les travaux à effectuer pour la transformation du Gesù est attendue pour la fin du mois de janvier. On y analysera les aménagements nécessaires à la conversion des lieux.

     

    Il faudra aussi déterminer qui payera cette transformation, poursuit M. Biron, qui précise que ce n’est pas la Compagnie des jésuites qui en assumera les frais. Selon lui, il est d’ailleurs impossible d’envisager de transformer le Gesù à moins d’investir plusieurs millions dans l’édifice. Puis, une autre rencontre entre les personnes engagées dans le processus est attendue le 13 février. Des conclusions pourraient être présentées en juin.

     

    Présentement, les représentants de l’organisme Le Vivier, qui regroupe quelques dizaines d’organismes actifs en création musicale, occupent les lieux quelques mois par année.













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