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    Patrimoine

    Le vénérable Gesù pourrait changer de mains

    Une messe continue d’être célébrée tous les dimanches à l’église, où on trouve toujours un petit orgue, qui date de la construction de la chapelle, mais aussi un grand orgue Casavant, qui fut restauré et agrandi à deux reprises.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Une messe continue d’être célébrée tous les dimanches à l’église, où on trouve toujours un petit orgue, qui date de la construction de la chapelle, mais aussi un grand orgue Casavant, qui fut restauré et agrandi à deux reprises.

    Alors que le Gesù célèbre cette année son 150e anniversaire, la Compagnie de Jésus, qui en est propriétaire, songe à céder son administration à une organisation mixte. Des réunions sont prévues dès le début du mois de janvier pour jeter les bases de la relance de cette institution.

     

    C’est ce que disait hier Jean-Marc Biron, provincial des Jésuites du Canada français et d’Haïti, en marge de la cérémonie d’ouverture du nouvel espace Custeau du Gesù, au rez-de-chaussée de l’établissement.

     

    Un comité spécial a en effet convié une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles des artistes, des intellectuels, des gens d’affaires, des représentants du gouvernement et des jésuites, à une réflexion sur l’avenir du Gesù, début janvier.

     

    Au mois d’août, des membres du conseil d’administration du Gesù ont en effet approché la Compagnie de Jésus. « Ils nous ont demandé dans quelle mesure on pouvait assurer la pérennité de l’institution », explique Jean-Marc Biron. Or, la communauté des jésuites qui forme la « province du Canada français et d’Haïti » est vieillissante et déclinante, avec seulement quelque 70 membres au Canada francophone, auxquels s’ajoutent quelque 80 jésuites haïtiens. Elle ne peut donc pas assurer à long terme l’avenir culturel du Gesù, dit Jean-Marc Biron.

     

    Musique créative

     

    À terme, ce changement de statut du Gesù pourrait entraîner le remplacement de ce qui est aujourd’hui le Centre de créativité du Gesù, sans nécessairement modifier l’orientation de ses espaces, poursuit-il.

     

    Depuis un an, l’espace du Gesù est occupé par l’administration du Vivier, cet organisme qui regroupe quelque 35 organismes qui touchent à la musique créative. Le nouvel espace Custeau ainsi que de nouveaux équipements pour l’amphithéâtre du Gesù serviront entre autres à la diffusion et à la création des oeuvres du Vivier.

     

    Le complexe du Centre de créativité du Gesù, qui compte l’église, mais aussi plusieurs salles de spectacles ainsi que des bureaux, a été inauguré le 10 juillet 1865, rue de Bleury. Il était alors étroitement lié au Collège Sainte-Marie.

     

    Le nom Gesù, de Jésus en italien, lui vient sans doute du fait que Monseigneur Bourget souhaitait initialement y reproduire la chapelle Gesù de Rome. C’est là qu’est enterré Saint-Ignace de Loyola, qui a fondé les jésuites en 1539. Les plans initiaux de l’église ont finalement été modifiés pour laisser place à une architecture rappelant la Renaissance italienne. Les tours qui devaient chapeauter l’oeuvre n’ont jamais été construites, faute de fonds, expliquait hier l’historien de l’architecture Jean-Sébastien Sauvé. C’est ce qui explique en partie l’architecture étonnante de cette église, l’une des plus anciennes de Montréal.

     

    Nelligan

     

    À l’époque de sa fondation, et jusqu’à la fermeture du Collège Sainte-Marie en 1969, l’église du Gesù a servi de chapelle à l’établissement scolaire. Les étudiants de Sainte-Marie pratiquaient aussi le théâtre au sous-sol, où il y avait des locaux d’enseignement. Émile Nelligan y a écrit ses premiers poèmes, et l’établissement scolaire a ensuite été fréquenté par Hubert Aquin, Claude Gauvreau, Pierre Dansereau et Michel Rivard. L’amphithéâtre du Gesù ouvre ses portes en 1923, pour accueillir les spectacles professionnels des Anciens du Gesù. Cette salle était alors l’une des seules de Montréal à présenter du théâtre francophone. Et c’est là que se tiendra la mémorable première nuit de la poésie de Montréal, en 1970, à laquelle ont participé Gaston Miron, Michèle Lalonde, Michel Garneau et Raoul Duguay. À partir de 1969, le Gesù loue ses locaux à l’Université du Québec à Montréal, qui s’établira ensuite au Quartier latin.

     

    En 1975, le Collège Sainte-Marie est démoli. La même année, l’église du Gesù est déclarée monument historique, et elle se classera au patrimoine en 2012. Depuis 1993, le Centre de créativité du Gesù anime cet espace historique et culturel où sont présentés des expositions, des spectacles de danse, de musique, ou de théâtre, entre autres en collaboration avec les grands festivals montréalais.

     

    Une messe continue d’être célébrée tous les dimanches à l’église, où on trouve toujours un petit orgue, qui date de la construction de la chapelle, mais aussi un grand orgue Casavant, qui fut restauré et agrandi à deux reprises. Le 13 décembre prochain, l’organiste François Zeitouni interprétera sur ce dernier Les douze Noëls pour orgue, de Louis-Claude Daquin.

    Une messe continue d’être célébrée tous les dimanches à l’église, où on trouve toujours un petit orgue, qui date de la construction de la chapelle, mais aussi un grand orgue Casavant, qui fut restauré et agrandi à deux reprises. Les plans initiaux de l’église du Gesù ont été modifiés pour laisser place à une architecture rappelant la Renaissance italienne. François Bourassa à la console du petit orgue du Gesù












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