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    Thomas Hellman raconte l’Amérique

    Le musicien lance «Rêves américains», à la fois disque et spectacle, présenté au théâtre Outremont dans le cadre du FIL

    Même si Thomas Hellman se défend de vouloir donner un cours d’histoire avec son spectacle, il puise abondamment dans la petite histoire de la conquête de l’Ouest.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Même si Thomas Hellman se défend de vouloir donner un cours d’histoire avec son spectacle, il puise abondamment dans la petite histoire de la conquête de l’Ouest.

    Il a pioché dans l’histoire de l’Amérique et en a tiré un beau filon d’or. Un filon où se miroitent les grandes légendes de la ruée vers l’or, fin XIXe siècle, à la Grande Crise des années 1930.

     

    Des histoires où des esclaves affranchis font des marteaux avec le métal de leurs chaînes, où les chercheurs d’or se convertissent en éleveurs de palourdes, où des hommes meurent au fond des mines tandis que d’autres deviennent millionnaires.

     

    Le tout est la trame du spectacle Rêves américains, que Thomas Hellman présente au théâtre Outremont : un spectacle de mots et de musique inspiré de Thoreau, de Steinbeck, de Woodie Guthrie, mais aussi de toutes ces chansons folkloriques, souvent anonymes, qui ont porté l’histoire trouble de cette époque américaine jusqu’à nous. Mais il ne faut pas s’y méprendre, c’est bien du Thomas Hellman qu’on entend ici, parce que l’artiste a écrit et réécrit, repris, mis en musique le tout pour en faire ce qui lui ressemble le plus, aujourd’hui.

     

    Le spectacle, présenté dans le cadre du Festival international de littérature, est nourri de la trentaine de chroniques que Thomas Hellman a présentées à Radio-Canada entre 2012 et 2014 à l’émission du regretté Jacques Bertrand. Mais il puise aussi dans l’histoire personnelle de Thomas Hellman, né à Montréal d’un père américain du Wisconsin, qui enseigne désormais l’histoire à l’Université McGill, et d’une mère française, enseignante.

     

    La chanson Une maison au bord d’un lac évoque d’ailleurs sa grand-mère américaine, une femme courtisée par plusieurs hommes, dont Joseph McCarthy, qui partit ensuite faire la chasse aux sorcières à Washington. La grand-mère de Hellman choisit finalement pour mari un Texan sans le sou avec qui elle bâtit une maison au bord d’un lac, suivant le rêve américain cher à Henry Thoreau.

     

    Dans le spectacle d’Hellman se côtoient d’ailleurs deux rêves américains, celui de la petite maison au bord d’un lac, au milieu de la forêt, et celui du capitalisme, du self-made-man, de la ruée vers l’or à l’empire automobile de Henry Ford. « Henry Ford est l’opposé de Henry David Thoreau », dit Hellman en entrevue.

     

    Même si l’artiste se défend de vouloir donner un cours d’histoire avec son spectacle, il puise abondamment dans la petite histoire de la conquête de l’Ouest. Il raconte celle de Frank H. Mayer, tueur de bisons. L’homme, mort à 104 ans dans une petite cabane sans eau courante, a confessé avoir participé au massacre de bisons de l’Ouest américain, avec l’encouragement du gouvernement fédéral, pour permettre à ce dernier de mieux contrôler les populations autochtones. Il raconte aussi celle de John Henry, ancien esclave dont l’épouse avait fait fondre les chaînes pour en faire un marteau. Selon la légende, c’est de ce marteau dont Henry s’est servi pour défier le marteau à vapeur, en Viriginie, et prouver que l’homme ne pouvait pas être remplacé par une machine.

     

    Il raconte aussi l’histoire de l’homme ayant inspiré la chanson traditionnelle Acres of Clams, qui a renoncé à chercher de l’or pour plutôt cultiver les palourdes.

     

    Sur scène, les textes lus côtoient les textes chantés, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens. L’accompagnement d’Olaf Gundel et de Sage Reynolds, du piano aux percussions en passant par le banjo, les voix viriles qui s’harmonisent, tout ça nous plonge dans l’esprit de cette Amérique oubliée, contée et chantée autour d’un feu de camp ou de quelques verres de whisky.

     

    Les chansons de la première partie du spectacle, relative à la ruée vers l’or, se retrouvent sur l’album Rêves américains, tome 1, qu’Hellman a lancé à Montréal quelques jours avant la première de son spectacle. Un tome 2, portant sur la Grande Crise de 1929, devrait suivre. « Mais le spectacle dépasse le disque », dit Hellman. « C’était un spectacle avant d’être un disque. »

     

    Le rêve américain est-il donc consommé ?

     

    Le spectacle pose la question plutôt qu’il y répond. En finale, avec ses musiciens, Hellman entame Auld Lang Syne, chanson d’origine écossaise connue en français sous le nom Ce n’est qu’un au revoir.

     

    Cette chanson, raconte-t-il en entrevue, a été chantée par Guy Lombardo en décembre 1929 à New York, alors que tout le monde pensait que la Crise était finie. Comme quoi l’Amérique n’a pas fini de livrer des surprises, et des histoires…

    Rêves américains
    Thomas Hellman
    Festival international de littérature
    25 et 26 septembre, 29 au 3 octobre, 20h
    Petit Outremont













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