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    Caillou d’achoppement

    Les chicanes se poursuivent autour du personnage des livres et des émissions pour enfants

    Les disputes autour de la maternité et des droits liés à Caillou ont commencé au tournant du siècle.
    Photo: Archives Le Devoir Les disputes autour de la maternité et des droits liés à Caillou ont commencé au tournant du siècle.

    La saga juridique autour du célèbre personnage de Caillou se poursuit, plus d’une décennie après une décision de la Cour suprême. Une entente hors cour vient de forcer l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse (AEQJ) à publier des excuses aux Éditions Chouette pour avoir propagé « de façon flagrante et intentionnelle des propos diffamatoires, offensants et mensongers à son égard ».

     

    La maison publie les livres de Caillou, qui est aussi présent sur les écrans. La poursuite contre l’AEQJ est apparue le 14 mars 2014 devant la Cour du Québec.

     

    Une autre cause a été lancée le mois suivant, le 22 avril. Dans ce cas, l’illustratrice Hélène Desputeaux poursuit devant la Cour supérieure les Éditions Chouette et l’ancienne éditrice Christine L’Heureux. Mme Desputeaux prétend notamment que les deux autres parties ne pouvaient conclure des ententes d’exploitation pour les adaptations des illustrations « des livres pour enfant Caillou » illustrés par elle-même entre 1989 et 1997.

     

    Les deux démarches juridiques se recoupent. La poursuite d’avril fait référence à la pétition de l’Association.

     

    Les deux parties liées à l’entente hors cour se disent satisfaites. « Nous sommes très heureux de la situation, déclare au Devoir Simon Payette, de la direction des Éditions Chouette. On pense que c’est une bonne décision, de part et d’autre, pour mettre ça de côté et aller de l’avant. »

     

    Les Éditions Chouette réclamaient 24 000 $ à l’AEQJ à la suite de la diffusion en ligne, en novembre 2013, d’une pétition intitulée « Appui à la vraie créatrice de Caillou ! ». La démarche publique découlait de l’intention de Postes Canada d’émettre un timbre hommage. Les disputes autour de la maternité et des droits liés à Caillou ont commencé au tournant du siècle.

     

    Le texte de la pétition colportait des faussetés, admet l’avis publié dans La Presse Affaires le mercredi 16 septembre. Il y était par exemple affirmé que Mme Desputeaux était victime de plagiat et de non-respect de ses droits d’auteur par les Éditions Chouette. Un rapprochement était fait avec la cause de l’illustrateur Claude Robinson, victime d’un plagiat avéré et reconnu. La pétition a recueilli plus de 4800 signatures et 165 commentaires.

     

    « Nous réalisons que cette remarque et cette accusation ne sont nullement fondées et, à cet égard et en toute sincérité, nous regrettons ces propos et présentons nos excuses aux Éditions Chouette », dit la rétractation publiée cette semaine.

     

    En plus de cette publication (et d’un communiqué à venir), l’entente ne prévoit pas le versement de dédommagements. Par contre, l’Association s’engage à payer les avocats, soit environ 16 000 $ pour le cabinet lié à l’éditeur, en plus de quelque 3500 $ à son propre procureur. Cette dépense imprévue met la survie du regroupement en péril, selon son président par intérim, l’auteur et éditeur Robert Soulières.

     

    « Ç’aurait pu être pire si on avait en plus payé des dommages », dit M. Soulières, nommé au début du mois pour tenter de sortir l’association de ce pétrin. C’est lui qui a entamé les démarches pour régler le litige hors des tribunaux. « On s’en allait droit dans le mur. »

     

    La décision de publier des excuses a été prise en assemblée générale à 24 voix favorables, avec une abstention. Il reste 80 membres à l’association, qui en comptait le double il y a deux ans.

     

    « C’est une entente à l’amiable, mais je ne pensais pas que les frais étaient aussi élevés, reconnaît l’éditeur, président d’une association d’auteurs malgré lui. Mais, bon, on a eu à vivre avec de fausses déclarations. »

     

    Reste l’autre cause, qui désole M. Payette de son propre aveu. « Nous avons été surpris de ça, dit-il. Nous faisions une poursuite en diffamation parce qu’on nous accusait de plagiat. C’est faux et l’Association l’a reconnu. Personnellement, et je ne parle pas au nom des Éditions Chouette dans ce cas, j’observe que l’Association avait comme présidente au moment de la pétition Laïla Héloua, amie d’Hélène Desputeaux. Le même avocat,, Normand Tamaro, intervient dans les deux causes. »

     

    Le directeur Payette croyait que les ententes signées il y a plus d’une décennie tenaient le coup et satisfaisaient les deux parties. Il dit que Mme Desputeaux touche sa part sur chaque produit vendu lié à Caillou.

     

    « À titre de créatrice, elle a touché plus de 1,2 million de dollars depuis 10 ans, affirme-t-il. Je pense sans me tromper que ça en fait une des illustratrices les mieux rémunérées du Québec. Elle a repris tous les droits sur ses illustrations. Elle a le droit de publier son Caillou. Je ne comprends pas qu’on en soit encore là. Je ne comprends pas sa position. »

     

    Le Devoir a brièvement parlé à Mme Desputeaux vendredi. Son procureur n’a pas rappelé pour formuler des commentaires, comme promis par sa cliente.













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