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    L’art japonais à l’honneur au MNBAQ

    Lorsque le Japon inspire l’Occident

    9 mai 2015 | Martine Letarte - Collaboratrice | Actualités culturelles
    L’œuvre de Mary Stevenson Cassatt, Sous le marronnier, peint vers 1895, fait partie des peintures de l’exposition qui illustrent l’influence du Japon sur les peintres occidentaux.
    Photo: 2015 MFA Boston L’œuvre de Mary Stevenson Cassatt, Sous le marronnier, peint vers 1895, fait partie des peintures de l’exposition qui illustrent l’influence du Japon sur les peintres occidentaux.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Le Japon fascine l’Occident, que ce soit par sa cuisine, son thé, ses bandes dessinées, ses samouraïs, ses kimonos. Des artistes occidentaux ont d’ailleurs été grandement influencés par l’art japonais. C’est ce que mettra en lumière l’exposition Inspiration Japon. Des impressionnistes aux modernes, présentée du 11 juin au 27 septembre au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).


    Qu’ont en commun Monet et Tiffany ? Plusieurs de leurs oeuvres ont directement été inspirées de l’art japonais. Tableaux, estampes, objets d’art décoratifs : environ 150 oeuvres du Museum of Fine Arts de Boston sont prêtées au MNBAQ pour la grande exposition estivale Inspiration Japon. Des impressionnistes aux modernes. Cet établissement américain a assemblé l’une des collections d’art oriental les plus réputées au monde.

     

    « L’Occident a été pénétré, fasciné par le Japon à partir du milieu du XIXe siècle », indique Jean-Pierre Labiau, conservateur du MNBAQ et commissaire responsable de l’exposition.

     

    Avant, les frontières de l’archipel étaient fermées au commerce international. C’est en 1853 que les Américains ont mis fin à plus de deux siècles d’isolement.

     

    « Le Japon a ensuite normalisé ses relations économiques avec l’Occident, dont les États-Unis, bien sûr, mais aussi la France, la Grande-Bretagne et même la Russie, explique le commissaire. Plusieurs traités d’amitié et de coopération ont été signés. Donc, tout d’un coup, on a vu arriver sur le marché quantité d’objets de la vie quotidienne et des estampes, puis des gens ont commencé à en collectionner et ils en ont fait un métier. Le plus connu était Siegfried Bing, le créateur du mouvement Art nouveau. »

     

    Ce mouvement est tout en courbes et le de- sign organique y est roi, en réaction à l’industrialisation. S’inscrivent dans ce mouvement des artistes européens et quelques américains, comme Tiffany avec ses vitraux et ses nombreux objets de bureau.

     

    Une de leurs grandes influences est le grand maître Hokusai, l’artiste japonais le plus connu dans le monde, avec le mouvement artistique ukiyo-e (« image du monde flottant »).

     

    « C’est un mouvement japonais proche de l’impressionnisme, indique M. Labiau. D’ailleurs, Monet en[des oeuvres]a collectionné, d’autres en ont reproduit, copié. L’arrivée de l’art japonais a eu une incidence réelle sur l’art occidental et l’exposition le montre très clairement. »

     

    Femmes et vie urbaine

     

    L’exposition a été bâtie en quatre thèmes. D’abord, celui des femmes.

     

    « On y voit une représentation de la maternité, de la vie domestique, indique Jean-Pierre Labiau. Avant, en Occident, il n’y avait pratiquement pas de représentation de scènes intimes, où on voyait par exemple des parents prendre des enfants dans leurs bras. On voyait beaucoup plus le monde intime dans l’art japonais. »

     

    Ensuite, la vie urbaine.

     

    « Les scènes de la vie urbaine étaient aussi peu présentes avant l’arrivée de l’art japonais en Occident, remarque le commissaire. Il y avait pourtant de grandes villes déjà à l’époque, comme Londres et Paris bien sûr, mais les sujets représentés étaient toujours les mêmes. Tout d’un coup, on a vu des peintres descendre dans la rue, pas nécessairement dans les quartiers les mieux fréquentés, et peindre ce qu’ils avaient sous les yeux. Encore une fois, on n’avait pas l’habitude de voir cette urbanité dans l’art occidental. Par contre, au Japon, c’était présent depuis longtemps. Les artistes s’intéressaient notamment au quartier des plaisirs, aux geishas, etc. »

     

    Rapidement, on en a vu l’influence dans l’art occidental, non sans que cela provoque des remous.

     

    « Toulouse-Lautrec a montré des scènes de cabaret et de maison close, Manet a montré une serveuse devant le comptoir des Folies Bergère, mais il y avait une ambiguïté quant à savoir si c’était une prostituée, explique Jean-Pierre Labiau. Cela avait fait scandale puisque ce genre de sujets n’était pas abordé à l’époque. Il y avait auparavant une retenue artistique. Mais tout d’un coup, les artistes se sont mis à représenter le quotidien de tout le monde, à entrer dans l’intimité. Les Japonais allaient beaucoup plus loin toutefois et avaient notamment beaucoup d’images érotiques. »

     

    Nature, art décoratif et paysages

     

    La nature et l’art décoratif composent un autre thème de l’exposition Inspiration Japon. Des impressionnistes aux modernes.

     

    « Des motifs de poissons, de crustacés et d’oiseaux notamment qu’on retrouve de façon assez systématique dans l’art japonais ont été repris dans la peinture occidentale ou dans l’art décoratif en Occident, affirme M. Labiau. Par exemple, on le voit dans plusieurs oeuvres de Tiffany, particulièrement dans ses pièces de bureau. »

     

    Des chaises Art déco seront aussi de l’exposition. On pourra entre autres y voir une célèbre chaise haute de l’architecte américain Frank Lloyd Wright.

     

    « Ses maisons intégraient vraiment un paysage qui venait du Japon, explique le commissaire. Il y avait vécu, d’ailleurs. »

     

    Puis, on retrouvera la thématique du paysage.

     

    « On y verra entre autres comment les paysages de Munch, de Gauguin et de Monet ont été influencés par l’estampe japonaise. Dans cette thématique, on voit aussi un retour : des artistes japonais contemporains ont été influencés par des artistes occidentaux. »

     

    Activités pour les petits et grands

     

    Le salon Paul-Rainville sera transformé à l’occasion en espace participatif avec l’exposition jeunesse Nippon Fiction créée par l’artiste Cynthia Dinan-Mitchell. On y trouvera des objets en céramique, des sérigraphies et des créations textiles. Dans cet environnement ludique, les participants pourront plonger dans l’extravagance à la japonaise.

     

    Pour la famille, le MNBAQ organise aussi des ateliers d’origamis, d’aquarelles et de Koinoboris, ces carpes japonaises qui s’envolent comme un cerf-volant.

     

    Richard Béliveau, docteur en chimie et auteur, donnera une conférence pour partager sa passion pour le Japon et les samouraïs le 12 août.

     

    Véronique Rivest, sommelière, présentera une soirée saké le 27 août.

     

    La musique et la danse japonaises seront à l’honneur le 22 août avec l’ensemble Matsu Také et un atelier manga est prévu le 19  septembre.

     

    L’exposition Inspiration Japon. Des impressionnistes aux modernes propose aussi un médiaguide conçu spécialement pour les enfants.

    L’œuvre de Mary Stevenson Cassatt, Sous le marronnier, peint vers 1895, fait partie des peintures de l’exposition qui illustrent l’influence du Japon sur les peintres occidentaux. Utagawa Hiroshige I ; Éditeur : Uoya Eikichi, Le pont Suid? et le quartier Surugadai (Suidôbashi Surugadai), de la série Cent vues célèbres d’Edo (Meisho Edo hyakkei), période Edo, 1857.












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