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    Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal

    À la découverte des trésors aztèques

    9 mai 2015 | Marie Lambert-Chan - Collaboratrice | Actualités culturelles
    Ce fragment céramique à trois visages montre les trois phases de l’existence. Au centre, la jeunesse, qui ouvre les yeux sur le monde. Puis, la vieillesse. Enfin, la mort, inéluctable, qui éteint le regard. 
    Photo: Conseil national pour la culture et les arts – INAH Ce fragment céramique à trois visages montre les trois phases de l’existence. Au centre, la jeunesse, qui ouvre les yeux sur le monde. Puis, la vieillesse. Enfin, la mort, inéluctable, qui éteint le regard. 
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Pour la première fois de son histoire, le musée Pointe-à-Callière présente une exposition sur la mystérieuse civilisation aztèque.


    L’année de l’archéologie se poursuit à Pointe-à-Callière qui, après avoir accueilli la plus grande exposition sur la Grèce antique jamais réalisée en sol nord-américain, s’apprête à dévoiler les trésors d’une autre grande civilisation, celle des Aztèques. Présentée du 29 mai au 5 octobre 2015, l’exposition internationale Les Aztèques, peuple du soleil propose une incursion dans le monde fascinant de cet empire qui a régné pendant 200 ans sur une large partie du Mexique avant d’être anéanti par les conquistadors.

     

    C’est la première fois que le Musée réalise une exposition sur le peuple aztèque, une aventure qui s’est faite en collaboration avec le Conseil national pour la culture et les arts – Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique.

     

    « L’exposition fait un survol de l’histoire des Aztèques », explique Francine Lelièvre, directrice générale du musée. Il y sera question de leur migration d’une durée de deux siècles du nord du Mexique vers le sud, de la fondation de la fabuleuse cité de Tenochtitlan en 1325 — aujourd’hui Mexico — et de son majestueux Templo Mayor ou « Grand Temple », de leurs innovations, de l’organisation de leur quotidien, de leurs dieux, de leurs calendriers et, bien sûr, des humains qu’ils offraient en sacrifice au soleil.

     

    Une expo poids lourd

     

    Les objets aztèques retrouvés dans les fouilles archéologiques ne sont pas légion et c’est pourquoi cette exposition est une rare occasion de pouvoir les admirer. Près de 20 musées mexicains, dont le Musée Templo Mayor et le Musée national d’anthropologie, ont prêté quelque 275 objets parmi lesquels on retrouve des statues monumentales. En fait, le poids total des artéfacts est estimé à 20 tonnes, ce qui fait dire à Francine Lelièvre que cette exposition « est la plus lourde et la plus imposante que Pointe-à-Callière ait jamais eue ».

     

    Parmi les pièces à ne pas manquer, on remarque des statues en terre cuite grandeur nature du guerrier aigle — symbole de cette civilisation précolombienne — et du dieu de la mort, Mictlantecuhtli. « Il n’existe que deux exemplaires de chaque statue dans le monde, indique Mme Lelièvre. Elles sont très impressionnantes ! » L’exposition comprend aussi des masques, des bijoux en or, des figurines de femmes, d’enfants et d’animaux, des sceaux, des coffrets, des boîtes à offrandes, des vases, des céramiques ainsi que des sculptures et des objets illustrant des sacrifices humains. « On nous a prêté des pièces de très grande qualité et bien préservées, comme en témoignent leurs couleurs vives », observe la directrice générale.

     

    On pourra admirer également des images extraites des fameux codex, ces manuscrits écrits à l’aide d’une combinaison de glyphes, de personnages et d’éléments graphiques — une transcription de la langue des Aztèques, le nahuatl. « Ces codex sont magnifiques, en plus d’être une source d’information exceptionnelle sur cette civilisation, car les Aztèques y traitent d’économie, de politique, d’éducation, d’histoire, de religion, de rituels sacrés, etc. », fait remarquer Francine Lelièvre.

     

    Une histoire aussi éblouissante que troublante

     

    Guerriers, ingénieux et cultivés, les Aztèques ont érigé un puissant empire commercial et militaire. « Ils étaient perpétuellement en guerre, mais ils ont su imposer leur force aux autres peuples grâce à leur secret : la guerre fleurie, explique Francine Lelièvre. Ils savaient pratiquer la diplomatie. Par exemple, ils épousaient les filles des peuples conquis afin de créer des alliances. Ils exigeaient aussi des tributs sous la forme d’impôts régulièrement prélevés. »

     

    Les innovations aztèques forcent encore aujourd’hui l’admiration. Tenochtitlan a été érigée dans une zone marécageuse à l’eau peu profonde dont les Aztèques ont tout de même su tirer parti. Grâce à un système alliant des pilotis, des treillis et des dépôts de sédiments, ils ont augmenté la surface habitable et créé des jardins flottants. Ces plantations étaient si fertiles qu’elles produisaient jusqu’à sept récoltes par année.

     

    Les Aztèques étaient aussi reconnus pour leur maîtrise de la métallurgie et la qualité de leur orfèvrerie. « Quand les Espagnols sont arrivés à Tenochtitlan, ils ont été fascinés par des chambres complètes de pièces d’or ouvragées, rappelle la directrice générale. Malheureusement, une grande partie de ces trésors a été fondue en lingots pour mieux être transportée… »

     

    Cela dit, l’histoire aztèque a sa part d’ombre avec les nombreux sacrifices humains commis pour assurer la course du soleil, dont la possible disparition terrifiait le peuple. Des prisonniers de guerre, des esclaves, des condamnés à mort et parfois même des enfants étaient ainsi immolés au cours de ces rituels religieux.

     

    Ce parcours aussi éblouissant que troublant est retracé dans l’exposition, qui se déploie en cinq temps : les origines et la fondation de Tenochtitlan, le quotidien de la cité, la conception aztèque du temps et de l’univers, l’au-delà — le Templo Mayor et les sacrifices — et, enfin, le drame de la conquête espagnole.

     

    « Cette exposition saura toucher le public, tant par l’envergure des pièces que par le destin de ce peuple », assure Francine Lelièvre.

     

    Ailes déployées, genoux garnis à l’avant et à l’arrière de griffes acérées, ce chevalier aigle, dont le visage apparaît dans un bec grand ouvert, rappelle l’existence de ce corps d’élite. Ce chef-d’oeuvre de terre cuite a été trouvé, avec un autre semblable, dans la « Maison des aigles » attenante au Templo Mayor, qui était réservée à cet ordre pour des rituels et des pénitences.

     

    Ce vase compte parmi les chefs-d’oeuvre de l’art aztèque. Il représente Tlaloc, le dieu de la pluie, comme en attestent les « lunettes » et les crocs, tout comme le bleu utilisé. Les formes pyramidales garnissant la coiffe évoqueraient les montagnes où, croyaient les Aztèques, ce dieu conservait l’eau.

    Ce fragment céramique à trois visages montre les trois phases de l’existence. Au centre, la jeunesse, qui ouvre les yeux sur le monde. Puis, la vieillesse. Enfin, la mort, inéluctable, qui éteint le regard.  Fragile masque de bois incrusté de turquoise, de coquille et de nacre, l’un des rares « masques de turquoise » de l’époque aztèque qui aient été préservés. Ce vase compte parmi les chefs-d’œuvre de l’art aztèque. Il représente Tlaloc, le dieu de la pluie, comme en attestent les« lunettes »et les crocs, tout comme le bleu utilisé. Les formes pyramidales garnissant la coiffe évoqueraient les montagnes où, croyaient les Aztèques, ce dieu conservait l’eau.












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