Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Musée des beaux-arts du Canada

    Au-delà de Colville, d’autres regards

    9 mai 2015 | Jérôme Delgado - Collaborateur | Actualités culturelles
    Les fleurs saccagées, v. 1956-1961. Œuvre du peintre franco-russe Marc Chagall qui sera présentée au MBAC à partir du 28 mai.
    Photo: MBAC Les fleurs saccagées, v. 1956-1961. Œuvre du peintre franco-russe Marc Chagall qui sera présentée au MBAC à partir du 28 mai.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Une diversité de regards sur le monde est au coeur de la programmation estivale du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). À moins qu’il ne s’agisse du contraire : une diversité de mondes sous le regard de l’art et en particulier celui de la peinture.

     

    Au départ, deux expositions centrales, inaugurées bien avant que le soleil d’été se pointe (lire : déjà en cours), et enracinées dans l’est du pays. Le gros morceau, bien sûr, s’appelle Alex Colville, une rétrospective en 250 oeuvres qui célèbre non seulement l’oeil avisé du peintre des Maritimes, mais aussi son influence chez une vaste confrérie artistique.

     

    Élève de Colville, Mary Pratt n’a peut-être jamais dépassé le maître (en matière de célébrité), mais le MBAC possède d’elle suffisamment de tableaux pour lui consacrer toute une exposition. Le musée d’Ottawa en possède même un du type « chef-d’oeuvre ». Red Currant Jelly, une huile de 1972, est à la base de Mary Pratt. Cette petite peinture, une expo montée dans le cadre du programme « Comprendre nos chefs-d’oeuvre ».

     

    Travaux d’études et autres tableaux accompagnent cette peinture, une oeuvre emblématique de la signature réaliste de Mary Pratt. Ainsi, on y apprend que le souci de l’artiste pour transposer sur la toile ce qu’elle observe autour d’elle passe notamment par l’utilisation de l’appareil photographique. Chez elle, son oeil de peintre a quelque chose de l’oeil d’une caméra.

     

    Frederick H. Evans (1853-1943) et Marc Chagall (1887-1985) ne partagent peut-être pas grand-chose, si ce n’est le fait d’avoir vécu presque cent ans. Le premier est un photographe peu connu, du moins pas autant que l’Evans (prénommé Walker) que les livres de la photographie citent, alors que le second est une des grandes figures de la modernité en peinture. Cet été, en fait à compter de la fin mai, Evans et Chagall se partagent les salles des dessins, estampes et photographies du MBAC.

     

    L’exposition Lumineuses et vraies. Les photographies de Frederick H. Evans met l’accent sur le travail imprégné à la fois par le mystère de la nature et par la rationalité scientifique de cet artiste de l’époque victorienne. Ses images offrent un vaste panorama de son monde et de son temps et scrutent autant des intérieurs et des façades de cathédrales que les forêts et de multiples paysages.

     

    Chagall : Daphnis et Chloé, quant à elle, ne concerne qu’un seul corpus d’oeuvres, celui que l’artiste franco-russe consacra, en lithographie, à la fable romantique grecque d’un chevrier (Daphnis) et d’une bergère (Chloé). La série des 42 « impressions sur pierre », considérée comme le travail graphique le plus important de Chagall, sera exposée dans son entièreté. On y retrouve l’onirisme qui fait la singularité de l’oeuvre de l’artiste, notamment ses compositions fantaisistes et l’utilisation de couleurs vives.

     

    Famillissimo

     

    L’été en famille et au musée, ça se décline en de nombreuses activités, tous les jours de la semaine. Le programme Artissimo, déjà en place les fins de semaine pendant l’année, s’expérimente au quotidien pendant juillet et août. Ceci veut dire que chaque billet d’entrée, peu importe le jour, peut donner lieu à une exploration du MBAC, et de ses collections, très participative.

     

    Dans l’activité Copains Copie, les visiteurs reçoivent des répliques de personnages de certaines toiles. Il s’agit de trouver lesquelles. Tactile-ô-Boîte met le sens du toucher en valeur. Le défi consiste à identifier par les doigts un objet, puis à le retrouver ensuite dans une oeuvre du musée. Un autre jeu d’associations, intitulé Qui suis-je ?, invite les gens à essayer un costume de la collection du MBAC, puis à le retrouver en peinture.

     

    Il n’y a pas que la vue qui guide les pas du public dans les salles. L’ouïe aussi, comme dans L’art sous écoute : un lecteur audio diffuse toute une bande-son, allant des bruits des feuilles aux aboiements de pitou, et c’est à la trace de ceux-ci qu’il faut déambuler dans le musée. Il est possible aussi de faire des visites plus traditionnelles, audioguide sur les oreilles, et des ateliers de création, les mains dans la pâte.

     

    Alex Colville, l’expo phare de l’été, a aussi un volet très varié d’activités, entre les « visites commentées pour groupes d’adultes », réservation et frais en sus du billet d’entrée, et les « conversations sur Colville », les fins de semaine et sans frais supplémentaires.

     

    Deux ateliers de création ont été mis en place en marge de la grande rétrospective Colville. L’un, d’écriture, se tient sous les conseils d’auteurs professionnels à deux occasions, dimanche 24 mai et dimanche 7 juin. Il faut cependant payer (50 $) pour y participer. L’autre, de dessin, est gratuit et se déroule tous les jeudis, en soirée. En plus d’évoquer les talents du peintre décédé en 2013, cet atelier montre l’importance de l’esquisse (des esquisses !) chez Colville pour obtenir des tableaux si précis et détaillés.

    Les fleurs saccagées, v. 1956-1961. Œuvre du peintre franco-russe Marc Chagall qui sera présentée au MBAC à partir du 28 mai. Alex Colville fait partie des expositions majeures de l’été au MBAC. Une rétrospective en 250 œuvres qui célèbre l’œil avisé du peintre des Maritimes du 23 avril au 4 septembre. Ci-dessus : Vers l’Île-du-Prince-Édouard, 1965.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.