Une citadelle du VIIe siècle découverte à Hanoï
23 décembre 2003
Actualités culturelles
Hanoï — Au lieu des grues et des pelleteuses s'affairent brosses fines et truelles: en plein de coeur de Hanoï, là où devait être érigé un nouveau parlement, ont été récemment découverts d'exceptionnels vestiges archéologiques, dont une citadelle du VIIe siècle.
Bronzes, porcelaines et céramiques, dragons, unicornes et oiseaux mythiques, vases, bols et instruments de cuisine, plus de trois millions de pièces ont été extraites du sol sur lequel devait s'élever le nouveau bâtiment législatif.
Très amateur de symboles, le pouvoir communiste entendait construire son nouveau parlement à proximité de l'actuel, en face du mausolée de Ho Chi Minh, l'omniprésent père de la nation. Mais pour l'heure, le projet est au point mort. Dans l'immense chantier où s'affairent des dizaines d'ouvriers apparaissent les structures d'une citadelle du VIIe siècle ainsi qu'un complexe réseau d'irrigation.
Mieux encore, les archéologues ont découvert les restes d'un immense palais, le plus grand jamais découvert dans le pays, qui appartenait à la citadelle de Thang Long, bâtie au XIe siècle lorsque le monarque Ly Thai To décida de déplacer la capitale du Dai Viet — le Vietnam actuel — de Hoa Lu vers ce qui deviendra Hanoï.
Des restes d'enfants datant de la dynastie des Ly (1010-1225) ont même été découverts. «Nous pensons qu'ils ont pu être enterrés vivants pour éloigner les mauvais esprits», a expliqué Phan Huy Le, président de l'Association vietnamienne d'histoire. À Hanoï, les milieux scientifiques sont en émoi. La découverte a longuement été cachée au public: certains responsables étaient favorables au bétonnage en catimini de la zone afin d'éviter de retarder la construction du parlement.
L'histoire en aura décidé autrement. Hanoï fêtera son millénaire en 2010, et rayer du patrimoine national une telle trouvaille semble désormais exclu.
«C'est la découverte historique la plus importante au Vietnam car la citadelle royale était un centre culturel, politique et économique et le symbole typique d'une nation ancienne», explique le Dr Tong Trung Tin, directeur adjoint de l'Institut d'archéologie du Vietnam. La ville recherche désormais de l'aide étrangère.
Des scientifiques vietnamiens se sont rendus en Chine et au Japon ces dernières semaines et un séminaire international sera consacré à ce dossier dans les mois à venir. Plusieurs bailleurs auraient déjà signifié leur intérêt, notamment la Banque mondiale. «Nous allons envoyer un rapport à Paris sous peu», a par ailleurs indiqué Chu Shiu-Kee, représentant de l'UNESCO à Hanoï.
En attendant, aucune décision officielle n'a été prise en ce qui concerne le futur parlement. Certains proposent de construire une crypte dans laquelle les reliques seraient exposées et qui formerait le sous-sol du parlement.
D'autres préfèrent chercher de nouveaux sites. Les experts occidentaux soulignent que la découverte est d'importance.
Bronzes, porcelaines et céramiques, dragons, unicornes et oiseaux mythiques, vases, bols et instruments de cuisine, plus de trois millions de pièces ont été extraites du sol sur lequel devait s'élever le nouveau bâtiment législatif.
Très amateur de symboles, le pouvoir communiste entendait construire son nouveau parlement à proximité de l'actuel, en face du mausolée de Ho Chi Minh, l'omniprésent père de la nation. Mais pour l'heure, le projet est au point mort. Dans l'immense chantier où s'affairent des dizaines d'ouvriers apparaissent les structures d'une citadelle du VIIe siècle ainsi qu'un complexe réseau d'irrigation.
Mieux encore, les archéologues ont découvert les restes d'un immense palais, le plus grand jamais découvert dans le pays, qui appartenait à la citadelle de Thang Long, bâtie au XIe siècle lorsque le monarque Ly Thai To décida de déplacer la capitale du Dai Viet — le Vietnam actuel — de Hoa Lu vers ce qui deviendra Hanoï.
Des restes d'enfants datant de la dynastie des Ly (1010-1225) ont même été découverts. «Nous pensons qu'ils ont pu être enterrés vivants pour éloigner les mauvais esprits», a expliqué Phan Huy Le, président de l'Association vietnamienne d'histoire. À Hanoï, les milieux scientifiques sont en émoi. La découverte a longuement été cachée au public: certains responsables étaient favorables au bétonnage en catimini de la zone afin d'éviter de retarder la construction du parlement.
L'histoire en aura décidé autrement. Hanoï fêtera son millénaire en 2010, et rayer du patrimoine national une telle trouvaille semble désormais exclu.
«C'est la découverte historique la plus importante au Vietnam car la citadelle royale était un centre culturel, politique et économique et le symbole typique d'une nation ancienne», explique le Dr Tong Trung Tin, directeur adjoint de l'Institut d'archéologie du Vietnam. La ville recherche désormais de l'aide étrangère.
Des scientifiques vietnamiens se sont rendus en Chine et au Japon ces dernières semaines et un séminaire international sera consacré à ce dossier dans les mois à venir. Plusieurs bailleurs auraient déjà signifié leur intérêt, notamment la Banque mondiale. «Nous allons envoyer un rapport à Paris sous peu», a par ailleurs indiqué Chu Shiu-Kee, représentant de l'UNESCO à Hanoï.
En attendant, aucune décision officielle n'a été prise en ce qui concerne le futur parlement. Certains proposent de construire une crypte dans laquelle les reliques seraient exposées et qui formerait le sous-sol du parlement.
D'autres préfèrent chercher de nouveaux sites. Les experts occidentaux soulignent que la découverte est d'importance.
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