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    Un classique toujours vivant

    L’UQAM jette un nouveau regard sur le célèbre spectacle musical «West Side Story»

    «J’ai délaissé la danse moderne qui était au cœur du travail de Jerome Robbins, explique la chorégraphe Manon Oligny. J’ai décidé de proposer quelque chose de plus contemporain où la violence est vraiment centrale, vraiment sentie. »
    Photo: Charlotte Hoffmann «J’ai délaissé la danse moderne qui était au cœur du travail de Jerome Robbins, explique la chorégraphe Manon Oligny. J’ai décidé de proposer quelque chose de plus contemporain où la violence est vraiment centrale, vraiment sentie. »

    On connaît la fin tragique de West Side Story, ce célèbre drame musical bien campé dans le Manhattan des années 50, avec ses morts et son désir poignant de vengeance. Repris des milliers de fois depuis la première sur les planches de Broadway, ce classique de Leonard Bernstein reprendra vie ce soir en plein coeur du Quartier latin, sous les traits, les corps et les voix d’une centaine d’étudiants des départements artistiques.

    Porté par la Faculté des arts, le projet voit le jour en 2012, alors que l’Orchestre philharmonique des musiciens de Montréal (OPMEM), dirigé par Philippe Ménard, entame sa résidence à l’UQAM. « Ce qui est intéressant dans cette université, c’est que ce n’est pas une faculté de musique mais une faculté des arts, souligne le jeune directeur musical. On pouvait donc se permettre de bâtir une production commune. »

     

    Il ajoute que si le programme de musique a un secteur classique développé, il repose également sur un répertoire populaire très important. « On voulait un spectacle adapté pour le département de musique, mais aussi pour celui de la danse. » West Side Story s’est un peu imposé de lui-même.

     

    Interfacultaire, donc, mais surtout interdisciplinaire puisque les étudiants qui prêtent leurs traits aux deux célèbres gangs ont dû apprendre les partitions musicale, théâtrale et chorégraphique. « Il s’agit d’un réel défi pédagogique », insiste la metteure en scène Angela Konrad, qui est également professeure à l’École supérieure de théâtre. « Il ne faut pas oublier que c’est une production universitaire mise sur pied dans le cadre d’un cours. Nous avions donc une double responsabilité puisqu’il fallait amener les étudiants plus loin dans leur cheminement. »

     

    Et il s’agit sans doute de la première production universitaire de cette envergure à fouler la scène du Centre Pierre-Péladeau. « On compte 21 danseurs, une quinzaine de comédiens et pas loin de 40 musiciens dans la fosse d’orchestre », énumère Angela Konrad. Aux étudiants s’ajoute également un choeur composé d’une vingtaine d’employés de l’université. « Le projet étant interfacultaire, nous voulions représenter tout le monde, y compris cette force vive que sont les employés de l’UQAM, d’où cette chorale », explique la metteure en scène allemande.

     

    Ce ne sont donc pas moins de 110 personnes qui se donnent corps et âme depuis plus de six mois pour redonner vie à ce grand classique.

     

    La trame narrative de West Side Story n’a rien de renversant au premier abord, et ce, déjà au moment de sa première présentation. Après tout, il s’agit d’une relecture de la tragédie shakespearienne Roméo et Juliette où le spectateur assiste, impuissant, aux balbutiements d’un amour entre deux jeunes amants issus de milieux en guerre.

     

    « Ce qui est révolutionnaire à l’époque, ce sont les thèmes qui s’entrecroisent », précise la chorégraphe Manon Oligny, qui a repensé chacun des mouvements joués sur scène cette fin de semaine. La violence, la guerre de gangs, l’immigration et les difficultés d’intégration ne sont que quelques-uns des problèmes que soulève ce drame chantant.

     

    Car, au-delà de cet amour déchirant, ce que l’oeuvre de Bernstein relate surtout, c’est l’histoire d’une jeunesse sacrifiée à une Amérique intransigeante, brutale. Un rêve américain brisé. « Ce sont ces thèmes qui font en sorte que West Side Story passe si bien l’épreuve du temps », ajoute Philippe Ménard.

     

    Le trio derrière la direction artistique a tout de même voulu jeter un éclairage nouveau sur le classique américain. Le public aura d’ailleurs droit à une traduction française inédite qui s’inscrira en filigrane autour des célèbres chansons, en anglais celles-là. « Les gens reconnaîtront la musique, c’est certain, fait remarquer Manon Oligny. Mais du côté de la chorégraphie, j’ai délaissé la danse moderne qui était au coeur du travail de Jerome Robbins. J’ai décidé de proposer quelque chose de plus contemporain où la violence est vraiment centrale, vraiment sentie. »

     

    Il n’en reste pas moins que les amoureux de la pièce — et de sa version cinématographique de 1961 — ne seront pas complètement déboussolés. « Nous avons gardé quelques clins d’oeil qui feront plaisir au public. »

     

    Une réinterprétation, donc, mais surtout un hommage au travail des pionniers derrière l’oeuvre, soulignent les trois créateurs. « Même si on n’est pas mélomane, ce que Leonard Bernstein a fait musicalement parlant, c’est renversant », lance dans un souffle Angela Konrad sous les regards entendus de ses collègues. « Il a créé un nouveau genre, précise le chef d’orchestre. À Broadway, on connaissait bien la comédie musicale, le côté comique. Ce qu’il a introduit sur ces planches, c’est le drame. »

    «J’ai délaissé la danse moderne qui était au cœur du travail de Jerome Robbins, explique la chorégraphe Manon Oligny. J’ai décidé de proposer quelque chose de plus contemporain où la violence est vraiment centrale, vraiment sentie. » Interfacultaire, le spectacle, mais surtout interdisciplinaire puisque les étudiants ont dû en apprendre les partitions musicale, théâtrale et chorégraphique.
    West Side Story, salle Pierre-Mercure, vendredi et samedi à 19h30 et le 29 mars à 14h30.












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