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    Musée national des beaux-arts du Québec

    Le MNBAQ double ses surfaces d’exposition

    28 mars 2015 | Réginald Harvey - Collaborateur | Actualités culturelles
    Dominique Blain, Monuments, 1997-1998, émulsions sur film marouflées sur toile, bois et corde (sculpture avec poutres)
    Photo: MNBAQ Jean-Guy Kérouac Dominique Blain, Monuments, 1997-1998, émulsions sur film marouflées sur toile, bois et corde (sculpture avec poutres)
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Branle-bas de redéploiement au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) : le pavillon Pierre-Lassonde, actuellement en chantier, doublera presque la superficie de cet espace muséal à son ouverture dans la Grande-Allée, en 2016. Fiche technique et impacts sur les collections.

     

    Rapidement esquissé, le portrait du projet en cours de réalisation se présente comme suit : « Le nouvel édifice ajoutera quelque 14 900 mètres carrés aux 16 690 mètres carrés de superficie utilisable que compte actuellement l’établissement, soit un accroissement de plus de 89 %. À l’issue des travaux d’agrandissement, les surfaces d’exposition auront augmenté de près de 85 %. Des espaces fonctionnels (ateliers, zones de préparation, etc.) seront aussi aménagés. Une nouvelle aire d’accueil pour les visiteurs, un café, un amphithéâtre à sièges fixes et des espaces locatifs viendront bonifier la construction. »

     

    Directrice et conservatrice en chef du Musée, Line Ouellet dresse cet inventaire d’un ensemble architectural qui se veut « la mémoire vivante de l’art et des artistes québécois » : « Son mandat, c’est vraiment de créer, de documenter et de diffuser la collection de référence pour l’art du Québec, des origines ou de la fondation jusqu’à nos jours. » Elle fait démarrer sa description au XVIIe siècle : « On a toute cette collection initiale sur les arts de la Nouvelle-France, mais on possède aussi des oeuvres de la période qui va suivre après la Conquête et avec le déploiement majeur qui s’est passé au XIXe siècle. »

     

    Une collection de 37 000 oeuvres

     

    Elle fournit des détails sur cette période, avant de passer à d’autres dates-charnières dans le temps : « Bien sûr, on conserve également le passage avec la photographie et, par la suite, on se dirige vers les premiers mouvements de la modernité avec le tournant du siècle jusqu’au XXe. » Font leur apparition entre les murs toute la gamme des trésors de ce siècle de même que celle du XXIe siècle jusqu’à aujourd’hui. Elle résume : « C’est une collection qui se compose en tout de 37 000 oeuvres et la portion sur l’art contemporain se situe autour de 9000 numéros ; celle-ci sera valorisée avec le nouveau pavillon Pierre-Lassonde. »

     

    Deux autres collections prendront le chemin de ces nouveaux aménagements : « Celle des arts décoratifs et de design et de l’art contemporain, et celle de l’art inuit qui prenait place dans l’un des trois pavillons qui existent actuellement. » Le complexe muséal s’articule autour des pavillons Central, Gérard-Morisset et Charles-Baillairgé.

     

    La directrice élabore au sujet de cet art inuit, dont les oeuvres totalisent autour de 2600 pièces et figurent comme la 4e collection en importance au Canada : « Cet art remonte après 1950 et s’est développé au contact des blancs. Il existait auparavant sous la forme de très petites pièces, puisqu’il possédait des fonctions spirituelles et ludiques, mais essentiellement pour un peuple qui était nomade. C’est au contact des blancs que les artistes inuits ont vu qu’il y avait un véritable intérêt pour leurs créations ; beaucoup d’échanges ont alors eu lieu, si bien qu’ils se sont mis à créer des ateliers, de sorte que cet art est maintenant devenu une partie intégrante de l’économie du Nord. »

     

    Un redéploiement global

     

    Retour vers les bâtiments qui abritent le musée : les trois pavillons sont associés au redéploiement et sont de la sorte axés sur des périodes spécifiques des collections. Line Ouellet guide le visiteur : « Une première phase de ce dernier s’est déroulée l’an dernier autour de l’art moderne et de quatre corpus majeurs et de quatre artistes très importants de cet art, qui sont Jean-Paul Lemieux, Alfred Pellan, Jean-Paul Riopelle et Fernand Leduc. Dans le pavillon de la prison qui porte le nom de son concepteur, Charles Baillairgé, qui est un espace splendide tout en pierres à l’extérieur et en briques rouges à l’intérieur, il y a quatre très belles salles et chacune d’elles est consacrée à l’un de ces artistes. »

     

    Elle fournit ces informations au sujet de la deuxième phase : « Grâce à l’accroissement de la surface offerte par le pavillon Pierre-Lassonde, il est non seulement possible d’exposer l’art contemporain, l’art inuit et les arts décoratifs et de design, mais on pourra également déployer toute la collection historique. Voilà le grand projet qui va nous occuper pendant les trois ou quatre prochaines années. On planche là-dessus depuis déjà quatre ans et il faut comprendre qu’il en est ainsi en raison du grand nombre d’oeuvres dont on dispose et de la surface totale du musée, qui va faire plus de trois kilomètres avec l’ajout du nouveau pavillon. »

     

    De ce vaste parcours, qu’elle qualifie de magnifique, elle dit encore que c’est une promenade qui marie l’art, l’architecture et la nature, puisque le musée loge dans le parc de prestige des Champs-de-bataille, aussi appelé plaines d’Abraham. Le pavillon initial Gérard-Morisset de 1933, avec la colonnade beaux-arts, héritera donc de tout le redéploiement de la collection historique d’avant 1960.

     

    Un enrichissement continu

     

    Le Musée national regorge déjà d’une multitude de pièces d’art témoignant de la vie artistique québécoise sous ses diverses facettes. Dans la foulée de l’expansion en cours, sa direction caresse-t-elle de nouveaux projets, l’acquisition d’autres oeuvres ? Line Ouellet apporte cet éclairage : « Tous les musées sont toujours actifs sur ce plan, parce qu’une collection, c’est vivant. » Elle assure que « c’est la beauté d’une collection que de vivre de toutes sortes de façons : elle vit parce qu’on l’expose, qu’on la prête, etc., et aussi par les ajouts qu’on y apporte, ce qui crée de nouveaux dialogues et ce qui sert de plus à éclairer la démarche d’un artiste sous un angle différent ».

     

    Elle lève le voile sur le fait que « la portion de ce que tous les musées montrent dans leurs salles, c’est un peu la pointe visible de l’iceberg. On aura bien compris qu’on a toujours beaucoup plus de pièces en réserve que ce qu’on expose. En même temps, c’est la beauté de la chose, parce qu’on peut constamment se renouveler et faire de nouvelles propositions. » Une fois sa superficie pratiquement doublée, le MNBAQ sera bien servi dans ce sens-là.













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