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En bref - Des statuettes de 30 000 ans en Allemagne

18 décembre 2003  Actualités culturelles
Paris - Trois minuscules statuettes en ivoire de mammouth — une tête de cheval, un oiseau et un homme-lion —, vieilles de plus de 30 000 ans et trouvées dans une grotte proche de la ville d'Ulm, font du sud-ouest de l'Allemagne l'un des grands berceaux de l'art figuratif, souligne l'auteur d'une étude publiée hier dans la revue Nature.

Ces figurines d'à peine cinq centimètres de l'ère aurignacienne (qui doit son nom à l'abri d'Aurignac, dans le sud-ouest de la France), ont été mises au jour sous la direction de Nicholas Conard, paléontologue américain travaillant à l'université de Tübingen, dans la grotte de Hohle Fels. Après plusieurs années de fouilles menées dans cette grotte située dans la vallée d'Ach, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest d'Ulm, les excavations ont livré, entre 1999 et 2001, les objets d'art les plus anciens connus à ce jour. Il s'agit d'une tête de cheval (certaines personnes y voient plutôt un ours), d'un oiseau aquatique (canard ou cormoran), peut-être représenté en train de plonger, les ailes pliées le long du corps, et d'une statuette humaine à tête de lion. «Ces figurines ne sont pas des objets d'art comme nous l'entendons aujourd'hui», souligne Anthony Sinclair, de l'université de Liverpool, dans un commentaire. Pour l'archéologue britannique, elles constituent une sorte de fétiche ou de porte-bonheur. «Le polissage dû à une manipulation constante est facile à voir», relève-t-il. L'âge de la découverte correspond à la période de l'arrivée en Europe des premiers humains modernes (Homo sapiens), connus aussi sous le nom d'hommes de Cro-Magnon, et originaires d'Asie centrale ou du Proche-Orient. Les découvertes faites à Hohle Fels et sur d'autres sites préhistoriques de cette région du Jura souabe, traversée par le Danube, ainsi qu'en aval de ce fleuve, pourraient confirmer les hypothèses selon lesquelles certains hommes modernes ont pénétré en Europe le long du «corridor du Danube». Ces migrations se sont cependant produites aussi le long de la côte méditerranéenne, voire par d'autres itinéraires. Quoi qu'il en soit, résume Nicholas Conard, «le Jura souabe garde des éléments exceptionnels remontant à la première période de l'aurignacien et constitue une des zones clés du rayonnement culturel au début du paléolithique supérieur».
 
 
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