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    L’UDA dénonce Netflix

    La chaîne américaine met un terme au doublage québécois de ses productions

    L’annonce de Netflix survient alors qu’une entente avait été conclue avec l’UDA pour le doublage de la troisième saison de la populaire série «House of Cards».
    Photo: Source-Netflix L’annonce de Netflix survient alors qu’une entente avait été conclue avec l’UDA pour le doublage de la troisième saison de la populaire série «House of Cards».

    « Il faut agir de toute urgence pour soutenir le doublage au Québec. » C’est en ces termes sans équivoque qu’a réagi la présidente de l’Union des artistes, Sophie Prégent, à la nouvelle que l’entreprise Netflix allait cesser de doubler ses productions au Québec. Ce n’est pas la première fois que l’UDA tire la sonnette d’alarme dans le dossier du doublage.

     

    De fait, l’épisode Netflix ne constitue, selon l’UDA, qu’un symptôme supplémentaire d’un mal plus profond.

     

    « Ça fait 40 ans que je fais du doublage et c’est la quatrième crise que je vis », a confié au Devoir Sébastien Dhavernas, qui est responsable de la commission sur le doublage mise sur pied par l’UDA.

     

    « Ceci est une opinion personnelle, mais, lors de l’implantation de Netflix au Québec, je me doutais que ce ne serait pas du long terme ; qu’il s’agissait plutôt d’un détour en attendant le développement d’une plateforme en France. D’ailleurs, en installant son siège social aux Pays-Bas, Netflix s’évite d’être sous juridiction française, laquelle est bien plus sévère que la nôtre sur ces questions. »

     

    Là où l’annonce de Netflix a surpris M. Dhavernas, c’est qu’une entente avait été conclue pour le doublage de la troisième saison de la populaire série House of Cards, une chronique politique sardonique mettant en vedette Kevin Spacey et Robin Wright. « Les comédiens étaient en studio en train de doubler l’épisode 2 de la saison 3 lorsque la décision est tombée. »

     

    À cause des bouleversements que connaît l’industrie depuis quelques années, de la croissance des sorties directement en DVD à la multiplication des plateformes de visionnement, on craint à l’UDA que la tendance ne s’alourdisse, ce qui, plaide-t-on, priverait le public québécois de productions étrangères lui étant adaptées.

     

    Des pistes et une rencontre

     

    En septembre, l’UDA y est allée de propositions faites auprès de l’Association nationale des doubleurs professionnels (ANDP), qu’elle a alors invitée à rouvrir l’entente collective en cours afin d’effectuer une baisse de tarifs de 21 %, et davantage dans le marché du DVD/Blu-ray. L’UDA s’est dite prête à mettre cette mesure en application séance tenante. L’UDA dit « tendre de nouveau la main » à l’ANDP, après qu’une entente de principe eut presque été conclue.

     

    L’UDA a en outre lancé un appel aux gouvernements fédéral et provincial en leur soumettant son plan d’action. « Il faut savoir qu’un film qu’on achète ou qu’on loue en DVD dans un magasin ou un club vidéo est sous juridiction provinciale. Or, si on regarde le même film en ligne, il est alors sous juridiction fédérale. Rien n’est simple. »

     

    La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Hélène David, a d’ores et déjà convenu d’une rencontre dans deux semaines.

     

    « En cette occasion, il faudra impérativement répondre à la question suivante : qu’est-ce qu’un doublage ? Est-ce un produit commercial assujetti aux lois du marché ou est-ce un produit culturel tel que défini dans le rapport Lampron, en 1999, un produit relevant de l’exception culturelle pour lequel les gouvernements sont libres d’adopter des mesures protectionnistes ? »

     

    Inquiet, Sébastien Dhavernas insiste sur un point : « On ne demande pas d’argent. On demande simplement des mécanismes et des règlements. »













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