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    Nouveau Projet en péril?

    La faillite du distributeur du magazine crée un déficit de 60 000 $

    Le premier numéro de <em>Nouveau projet</em>, publié en 2012
    Photo: Le premier numéro de Nouveau projet, publié en 2012

    Le magazine intellectuel Nouveau Projet, lancé en 2012, survivra-t-il à l’été ? Pris avec un manque à gagner de 60 000 $, soit le quart de ses revenus, Atelier 10, l’entité derrière Nouveau Projet et la collection d’essais Documents, pourrait décider de mettre fin à ses activités en août. La situation actuelle de la revue est une conséquence directe de la décision des Messageries de presse Benjamin, prise en juin, de se mettre sous la protection de la Loi sur la faillite. Le distributeur de Nouveau Projet et d’un grand nombre de publications étrangères et québécoises, de L’actualité à Protégez-vous, avait annoncé dès janvier vouloir fermer ses portes.

     

    Les affaires allaient pourtant bien pour la petite maison d’édition, qui était fière, comme son cofondateur Nicolas Langelier, de n’avoir eu « aucune opération déficitaire. On arrive à vivre sans subventions », a-t-il dit au Devoir.

     

    Nicolas Langelier s’attendait à recevoir 60 000 $ en avril, mais depuis, le groupe dirigé par Paul Benjamin a repoussé son propre échéancier. Le montant dû correspondrait aux revenus de vente accumulés depuis l’automne 2013, y compris « toutes les ventes de Nouveau Projet 05 », lancé en mars.

     

    Le comportement de Benjamin n’enrage pas seulement Nicolas Langelier. Il le laisse dubitatif. « En janvier, Paul Benjamin avait été clair. Il disait fermer et assurait vouloir payer tous ses comptes. J’étais convaincu, comme les autres éditeurs, qu’il le ferait. [On apprend] qu’il a 15 millions de dollars en dettes. Il ne pouvait pas rembourser et a essayé de flouer le monde. Il y a quelque chose de louche là-dedans. »

     

    La situation est « catastrophique », selon les mots du rédacteur en chef de Nouveau Projet. À un tel point, qu’il ne voyait pas d’issue… jusqu’à lundi matin. Son dernier recours aura été de lancer un appel à l’aide aux lecteurs par une lettre mise en ligne, qui incitait les gens à prendre des abonnements sur-le-champ. « Les gens ont été très enthousiastes. Notre site a même planté. Ça fait chaud au coeur, c’est sûr », commente l’auteur et éditeur.

     

    Aussi positive qu’ait été la réponse, Nouveau Projet ne peut espérer survivre par ce seul appel à tous. Bien qu’il n’aime pas demander la charité, Nicolas Langelier s’est déjà adressé par écrit à des mécènes potentiels. Mais sa survie repose, d’après lui, sur les abonnements. « De l’argent donné d’avance », résume-t-il, et qui permettrait de livrer les prochains numéros, déjà engagés. Nouveau Projet 06 est attendu pour septembre et, en novembre, un essai de la metteure en scène Véronique Côté doit être publié.

     

    À Atelier 10, petite entreprise de deux employés — « je ne peux mettre du monde à pied », dit Nicolas Langelier —, une décision sera prise dans un mois. L’argent amassé déterminera si les affaires pourront continuer ou non.













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