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    L’architecte Shigeru Ban crée un éphémère « Pavilhao » à Tokyo

    11 juin 2014 | Agence France-Presse à Tokyo | Actualités culturelles
    L'architecte Shigeru Ban présente une maquette de son pavillon éphémère à l'ambassade brésilienne à Tokyo.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Yoshikazu Tsuno L'architecte Shigeru Ban présente une maquette de son pavillon éphémère à l'ambassade brésilienne à Tokyo.

    Dans trois jours, il recevra à Amsterdam le prestigieux prix Pritzker 2014, le « Nobel de l’architecture », mais pour le moment le Japonais Shigeru Ban monte un éphémère pavillon en carton à l’ambassade du Brésil à Tokyo, Mondial oblige.

     

    Et comme au Brésil, où certains stades sentent encore le ciment humide et ne seront prêts qu’à la dernière seconde, le « Pavilhao » est lui aussi en retard : il devait être terminé lundi, mais la saison des pluies a démarré très fort durant le week-end dernier.

     

    Mardi, timides rayons de soleil. Sanglé dans un éternel costume noir, Shigeru Ban est venu sur le chantier avec une trentaine d’enfants d’ouvriers brésiliens qui vivent dans la ville de Joso, au nord de Tokyo, pour leur expliquer sa façon toute particulière de travailler avec du carton dur recyclé.

     

    La communauté brésilienne au Japon est particulièrement importante avec près de 200 000 personnes.

     

    Sur le parvis de la façade incurvée de l’ambassade jaune et bleue, le célèbre architecte japonais a monté en haut d’une volée de neuf marches d’imposants tubes marron clair en carton dur, qui donnent au bâtiment des petits airs de temple grec.

     

    La toiture en plastique ondulé transparent est elle soutenue par des tubes plus fins, le tout donne un « effet bambou » garanti.

     

    Pour Shigeru Ban « peu importe la taille du projet » sur lequel il travaille, dit-il dans un entretien avec l’AFP. « La taille ne détermine pas l’importance », explique celui qui dirige notamment l’imposant ouvrage de la future « Cité musicale » de l’île Seguin, à côté de Paris, ancien haut lieu du constructeur automobile Renault.

     

    C’est le second auditorium qu’il conçoit, le précédent était celui-là en carton, son matériau fétiche, dans la ville italienne de L’Aquila, dévastée en 2011 par un tremblement de terre.

     

    Ne pas changer

     

    S’il galope après les avions (« je fais la navette entre Paris et Tokyo chaque semaine »), il ne court visiblement pas après l’argent, même s’il ne cache pas qu’il en a impérativement besoin pour continuer à faire ce qui, outre ses audaces conceptuelles, l’a rendu célèbre dans le monde entier : des structures provisoires dans des zones dévastées par des catastrophes naturelles ou des conflits.

     

    Dernièrement, l’architecte-humaniste a monté des constructions en carton pour les rescapés du typhon Haiyan aux Philippines. Il avait aussi érigé une église en carton à Kobe après le séisme de 1995, ainsi qu’une cathédrale avec le même matériau à Christchurch (Nouvelle-Zélande), également après un tremblement de terre.

     

    « Je dois faire de l’argent pour ça », justifie-t-il, tout en admettant que le Pritzker ne « doit pas » changer sa vie et sa conception de l’architecture.

     

    « Je ne dois rien changer, continuer à faire la même chose, travailler dans les zones de catastrophes, mais aussi pour les privilégiés, et continuer à enseigner », explique-t-il encore, tandis que quelques-uns de ses élèves l’écoutent.

     

    Ce qu’il dira lors de la cérémonie de remise du Pritzker le 13 juin au Rijksmusem d’Amsterdam ? « J’ai promis de ne rien dire avant, je viens juste de finir d’écrire mon discours. » Il finira tout de même par lâcher : « Ma conclusion sera : je ne veux pas changer, même si c’est un prix tellement important. »

     

    Durant toute la Coupe du monde, le Pavilhao sera ouvert au public, avec en plus du « futebol » des activités culturelles et musicales, bossa-nova et peut-être caïpirinha.

     


    Par Jacques Lhuillery

     
     
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