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    En 1992, le projet de loi 58

    Il revint à Liza Frulla l’honneur de déposer à l’Assemblée nationale le texte à l’origine du CALQ

    Une scène tirée du film <em>La route des cieux</em>, réalisé par Jean-Pierre Lefebvre. Le cinéaste a reçu du CALQ une bourse de carrière à l’intention des scénaristes et réalisateurs en 2009-2010.
    Photo: Festival du nouveau cinéma Une scène tirée du film La route des cieux, réalisé par Jean-Pierre Lefebvre. Le cinéaste a reçu du CALQ une bourse de carrière à l’intention des scénaristes et réalisateurs en 2009-2010.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Lauréats. Elles et ils le furent. Le Conseil des arts et des lettres du Québec instaurait en 1998, six ans après que la loi qui établissait sa création eut été adoptée, un programme de bourses de carrière. De Marie-Claire Blais, cuvée 1998, à Gilbert Poissant, heureux lauréat en 2014, nombreux furent-ils à recevoir une aide de longue durée pour avoir été reconnus par un travail exceptionnel. Mais un conseil des arts est beaucoup plus qu’une simple officine de bourses. Les vingt années d’existence du CALQ en font la preuve.


    Recherche. Un maître mot dans tous les domaines, qu’on soit en sciences, en industrie ou en exploration de la pensée ou de la connaissance. Tous, même les gouvernements, aussi conservateurs soient-ils, s’entendent pour admettre que sans innovation créée par la recherche, une société stagne.

     

    Aussi, quand, en 1998, le Conseil des arts et des lettres du Québec établit un programme de soutien aux artistes qui permettait, les subsides étant accordés sur deux années, de poursuivre en profondeur un travail de création, nombreux furent-ils à déposer un dossier. Mais, à ce jour, la liste ne compte que 42 élus, dont les Jean-Pierre Lefebvre, cinéaste, Margie Gillis, du monde de la danse, et René Derouin, artiste visuel et, à sa façon, animateur culturel.

     

    Car toute discipline est admise : cinéma, littérature, métiers d’arts, arts visuels, théâtre, architecture, musique, arts médiatiques. Et ce 42, on le voit, est finalement un petit nombre, et un « beaucoup d’appelés et peu d’élus » ici prévaut.

     

    Des bourses aux artistes, certes, mais un conseil des arts comme le CALQ a un mandat beaucoup plus vaste. Ce que constate une Hélène David, une nouvelle élue qui vient d’être titularisée comme ministre de la Culture et des Communications, elle qui voit les réalisations passées de l’organisme : « Le CALQ a fait preuve d’une grande équité entre les grandes villes et les régions de la province.Ce n’est pas banal pour les artistes à l’extérieur des centres urbains d’être ainsi soutenus, ni pour le public d’avoir accès à une offre culturelle intéressante en région. »

     

    Car si le CALQ soutient le travail individuel, il est aussi souvent premier intervenant pour appuyer les organismes et les compagnies qui mettent en scène, en images et en mots le travail de création. Et la ministre alors de retenir que « selon les données du CALQ, il se donne six spectacles québécois par jour à l’étranger ». Résultat : « Avec le CALQ, le Québec s’est doté d’un levier extraordinaire pour permettre l’épanouissement de notre culture ici et ailleurs dans le monde. »

     

    Mais un tel conseil ne peut connaître une création instantanée, et les « ancêtres » culturels tels les COZIC, Monic et Yvon ont sûrement encore en mémoire ces années où tout le milieu en faisait la demande. Et Gérald Grandmont, qui fut sous-ministre sous Clément Richard — nous sommes dans les années 1980 — se souvient de réclamations à cet effet : « Ce qu’on avait constaté, c’est que même s’il y avait eu quelques personnes dans le milieu qui en souhaitaient un [conseil], l’idée n’était pas vraiment mûre. » Mais « dix ans plus tard, l’idée était mûre ».

     

    Il reviendra donc à Liza Frulla l’honneur de déposer en 1992 le projet de loi 58, qui fut adopté par l’Assemblée nationale : un Conseil des arts et des lettres québécois était ainsi créé en décembre. Et seize mois plus tard, un 1er avril, nous sommes en 1994, des locaux sont inaugurés à Québec : la prise de possession d’un espace montréalais suivra.

     

    Et le premier conseil tient presque du cénacle quand on voit qui siège sous la férule d’un Guy Morin, premier président-directeur général : Jean-Claude Germain, Melvin Charney, Élise Paré-Tousignant, Godefroy-M. Cardinal, Marie Laberge, Ginette Laurin, Gilles Maheu, Jovette Marchessault, Monique Mercure, Luc Plamondon, Guy Rodgers et William St-Hilaire.

     

    Transformation

     

    Mais le Conseil se transforme. Et si, au dernier décompte, tout l’art, et l’activité de soutien qui l’accompagne, s’organisait selon une classification faite en partage sous 14 disciplines artistiques (qui parlaient en effet de l’art du cirque en ces temps-là), voilà qu’on opère maintenant une transformation radicale. « J’ai consulté l’ensemble des employés et les milieux artistiques pour savoir comment le CALQ pourrait mieux répondre à leurs besoins, nous raconte Stéphan La Roche, actuel président-directeur général, lui qui succède dans un tel poste aux Marie Lavigne, Marie-Claire Lévesque et Yvan Gauthier. En septembre, une restructuration a été implantée. Maintenant, nous avons trois champs d’intervention : création, production, diffusion. »

     

    Aussi, quand l’art évolue, le qualificatif « multidisciplinaire » souvent le décrivant, le CALQ, lui, veut correspondre à cette réalité : « Le CALQ a 20 ans, nous souhaitons qu’il se transforme en CALQ 2.0 ! dit ainsi notre p.-d.g. Grâce à sa nouvelle structure, nous souhaitons qu’il soit plus en phase avec les milieux, plus accessible, plus interactif, et qu’il continue à bouger, à s’adapter aux nouvelles réalités. »

     

    Ce qui demeure toutefois est que, si l’organisme fonctionne à équipes réduites (ne compte-t-on pas moins de 80 employés pour gérer et faire vivre une entreprise dont le budget dépasse les 90 millions?), on doit admettre qu’il navigue dans des eaux calmes, le milieu artistique le soutenant.

     

    Vingt ans déjà. Et ce Québec culturel dont on est fier, quand un Lepage triomphe, un Laferrière siège en auguste assemblée ou une Lecavalier fait vibrer une salle, que serait-il aujourd’hui sans ce CALQ ? Demandez-vous-le. Et si la même question était posée aux artistes, boursiers ou non, sans doute que tous répondraient : « On le veut encore plus grand. »

    Une scène tirée du film <em>La route des cieux</em>, réalisé par Jean-Pierre Lefebvre. Le cinéaste a reçu du CALQ une bourse de carrière à l’intention des scénaristes et réalisateurs en 2009-2010. La chorégraphe et danseuse contemporaine Margie Gillis a remporté une bourse de carrière du CALQ pour l’année 2000-2002. Projet de murale pour le marché Metro de Val-David, par René Derouin, lauréat de la bourse de carrière pour les années 1998-2000. Une œuvre de l’artiste René Derouin.












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