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    Le traité de Paris sera exposé à Québec

    Le document cédant le Canada à l’Angleterre quittera pour la première fois les archives françaises

    Lire le texte intégral du Traité de Paris (1763)

    Paris — À moins d’un imprévu de dernière minute, le traité de Paris, qui a scellé la cession du Canada à l’Angleterre en 1763, sera exposé à Québec cet automne. Le précieux document qui a conclu la guerre de Sept Ans entre la France et l’Angleterre sera exposé au Musée de la civilisation pendant une dizaine de jours à compter du 21 septembre. Ce prêt exceptionnel précédera de peu la visite officielle que fera au Québec le président François Hollande cet automne. Même si le ministère des Affaires étrangères français précise que certaines questions techniques liées au transport, à la conservation, et à la sécurité du document n’ont toujours pas été réglées, la décision semble prise au plus haut niveau.

     

    C’est la première fois que le document quittera les archives du ministère des Affaires étrangères, situées à La Courneuve, en banlieue de Paris. Le directeur du Musée de la civilisation, Michel Côté, confirme qu’il entend présenter ce traité dans le cadre des expositions intitulées Rares et précieux qui se tiennent chaque année au musée et qui permettent aux visiteurs de découvrir des documents exceptionnels. Contrairement aux grandes messes qui rassemblent des dizaines de milliers de visiteurs, le traité de Paris ne pourra être vu que par tout au plus un millier de privilégiés. La visite, qui durera environ 45 minutes, ne sera possible que par groupes d’une trentaine de personnes accompagnées d’un guide qui expliquera en détail le contexte de sa signature qui exigea trois ans de négociations.

     

    Le musée en profitera pour exposer aussi des cartes, des livres et des manuscrits de cette époque tirés de la fabuleuse collection du Séminaire de Québec. Cette collection est l’un des deux seuls fonds d’archives canadiens reconnus par le programme Mémoire du monde de l’UNESCO.

     

    Une guerre mondiale

     

    « Nous voulons faire de cette exposition une expérience intimiste ainsi qu’une occasion de réfléchir au contexte et aux conséquences du traité de Paris », dit Michel Côté. L’exposition sera accompagnée d’une série de conférences ouvertes à tous qui se tiendront au Musée de l’Amérique francophone.

     

    Loin de sceller le seul sort de la Nouvelle-France, le traité de 1763 mit fin à un affrontement qui se déroula sur trois continents et assura la mainmise de la Grande-Bretagne sur les mers. Par ce traité, la France ne perdait pas seulement le Canada et la Louisiane (cédée à l’Espagne), mais aussi Minorque, plusieurs îles des Antilles et ses comptoirs de Pondichéry, Kârikâl, Mahé, Yanaon et Chandernagor.

     

    Il ne s’agit pas seulement de rappeler Wolfe et Montcalm, dit la responsable des services de documentation du Musée, Pierrette Lafond. « L’exposition permettra de découvrir des voix qui se sont tues », dit-elle, comme celle du curé de Québec, Félix Richer, qui tint une chronique minutieuse de l’effroyable bombardement de Québec. 
     

    Un nouvel éclairage

     

    On avait aussi envisagé d’exposer le traité de Paris à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à Montréal. Mais le déplacement d’un document aussi précieux exige des conditions telles que le projet a été abandonné. Afin d’en assurer la conservation, le parchemin doit en effet être maintenu à une humidité, à une température et à une lumière constantes. Il doit aussi être accompagné en permanence d’un conservateur du ministère français des Affaires étrangères.

     

    La venue du traité a exigé plus d’un an de discussions entre Paris et Québec. L’opération vient couronner un intense travail d’édition permettant de jeter une lumière nouvelle sur cette période cruciale de l’histoire de ce qui allait devenir le Canada français puis le Québec. Plusieurs ouvrages majeurs ont notamment été publiés par l’historien québécois Denis Vaugeois (éditions Septentrion) et son collègue français Laurent Veyssière du ministère français de la Défense. Tous deux ont d’ailleurs contribué à la venue du traité au Québec.













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