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    Ce que nous étions...

    Le musée met aussi en forme ce qui est en annonçant ce qui sera

    Jean Paul Lemieux, La Fête-Dieu à Québec, 1944. Huile sur toile, 152,7 x 122 cm. Coll. MNBAQ.
    Photo: MNBAQ, Patrick Altman Jean Paul Lemieux, La Fête-Dieu à Québec, 1944. Huile sur toile, 152,7 x 122 cm. Coll. MNBAQ.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    L’institution muséale a imposé dans les langages ses propres modules de connaissance. Et qui voit un tableau, vide serait-il, que déjà il accole à la « chose » une qualité qui la distingue du commun. Et, a contrario, qui visite le musée, voyant une peinture, par l’image reconstruit pour son plaisir ce qui fut. Le musée est un lieu de découvertes.


    Plus d’une et d’un membre d’une génération postérieure à celle des baby-boomers qui s’arrête devant cette Fête-Dieu à Québec, qui fit connaître en son temps un Jean-Paul Lemieux en début de carrière, pourrait s’interroger sur la nature de cette chose peinte.

    De quoi parle-t-on ici ? Et de lui répondre un aîné qui serait à ses côtés qu’il est ici question de ce grand rassemblement annuel qui avait lieu au printemps dans tous les villages et villes du Québec, et ce, paroisse après paroisse (et si notre « jeune » laisse parler son interlocuteur, il risque même d’entendre évoquer, sur ce même thème, une scène d’un film qui a pour titre Ovide Plouffe).

    Qu’un tel tableau se retrouve avec honneur dans le musée des Plaines à Québec, cela est tout à fait normal, car ce musée n’est-il pas appelé Musée national des beaux-arts ? Et ne s’est-il point donné pour mission de représenter et l’art d’ici et ce que ce pays est et a été ?

    Virtuellement et physiquement vôtre

    À l’autre bout de la 20, celui qui se déplacera cet été pourra toutefois vivre une aventure d’une tout autre nature. Car le couple Lemieux-Pilon (et ce Lemieux n’est qu’artistiquement frère avec le premier nommé) a construit ses installations en s’appuyant sur une conception reçue de la conservation, cette conservation qui est le mandat premier de plus d’une institution, qu’elle soit musée ou bibliothèque. Alors, l’œuvre est en nous : les tableaux que l’on voit ou les livres que l’on lit viennent au contact de l’œuvre de notre mémoire, et le déplacement dans l’espace fait surgir les idées, apparaître les sensations.

    Si l’œuvre de ce duo prend l’affiche à un autre musée des beaux-arts, celui de Montréal, elle est aussi comme en correspondance avec un travail présenté dans une autre institution de la même ville : quelle réflexion sera celle de qui déambulera dans le Pulse Room, cette installation interactive de Rafael Lozano-Hemmer que le Musée d’art contemporain met en salle ?

    Sur la route

    Déplacements, donc, et aussi par les expositions que les musées offrent cet été. Et qui se promène pourra accompagner Marco Polo dans son périple, s’arrêter là où l’Empress of Ireland sombra il y a un siècle, et ainsi de suite, s’attardant à l’occasion devant la beauté du monde (une œuvre de Fabergé) ou se désolant avec regret de la stupidité humaine (il y a un siècle s’enclenchait une Première Guerre mondiale).

    Car si le musée donne à voir, il donne aussi à réfléchir ; sur ce que nous sommes, fûmes ou espérons être.
    Jean Paul Lemieux, La Fête-Dieu à Québec, 1944. Huile sur toile, 152,7 x 122 cm. Coll. MNBAQ. Extrait de <em>Territoires oniriques</em> de Lemieux-Pilon Cette image tirée du <em>Livre des merveilles</em> nous montre l’empereur Kubilaï Khan lâchant son faucon de chasse.












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