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    Bibliothèque et Archives du Canada met son catalogue dans les mains des États-Unis

    Mutations et interrogations. Le projet de Bibliothèque et Archives du Canada (BAC) de moderniser la gestion et l’accès à son catalogue national — AMICUS, c’est son nom — en le mettant entre les mains de l’américain Online Computer Library Center Inc (OCLC), est accueilli en deux teintes par le monde de la bibliothéconomie. Un monde qui salue d’un côté la nécessaire mise à jour du système de référencement, mais qui s’inquiète au passage de voir une infrastructure patrimoniale sensible basculer ainsi dans des codes numériques associés à un autre pays.

     

    « En favorisant ce nouveau mode d’accès à son catalogue, BAC est en train de suivre une tendance qui se développe un peu partout à travers le monde, résume Olivier Charbonneau, bibliothécaire et chercheur dans ce domaine à l’Université Concordia. Mais ce faisant, l’institution risque aussi de perdre un peu de son expertise interne » en matière de catalogage.

     

    La crainte a été éveillée il y a quelques jours par la publication sur le site de BAC d’un « préavis d’adjudication de contrat » annonçant ses couleurs pour la modernisation d’AMICUS. Le gardien du patrimoine canadien envisage de confier la chose à OCLC, un organisme à but non lucratif d’origine américaine dont le système, qui repose sur l’infonuagique — l’installation des données sur des serveurs distants pouvant être interrogées n’importe où sur Terre — et la collaboration entre les institutions connectées à ce système, est utilisé à ce jour par près de 16 700 bibliothèques, centre d’archives ou musées à travers le monde.

     

    BAC dit être placé devant un fournisseur unique pour mener à bien cette mutation d’envergure qui cherche à faire entrer l’institution etl’accès à ses ressources documentaires dans le XXIe siècle. D’autres fournisseurs peuvent se manifester toutefois et ont jusqu’au 9 avril pour le faire, précise le document.

     

    Jusqu’à maintenant, AMICUS est géré par les membres du personnel de Bibliothèque et Archives du Canada qui, dans les 20 dernières années, ont développé une expertise dans ce domaine. OCLC devrait décrocher le contrat de gestion de l’accès au Catalogue collectif national et aux collections, mais aussi au partage de ces informations avec 1300 bibliothèques d’un océan à l’autre pour une période de cinq ans, renouvelable cinq autres années. Les négociations sont en cours, a confirmé au Devoir un porte-parole de BAC jeudi, sans toutefois s’avancer sur le montant évaluer de cette transaction.

     

    Dans les pages de l’Ottawa Citizen, France Bouthillier, la directrice de la Faculté des études en gestion de l’information à l’Université McGill, a salué la décision de BAC qui, selon elle, va permettre « à la collection canadienne d’être plus accessible à travers le monde ». Pour sa part, le blogueur de Vancouver Myron Groover, qui s’intéresse aux questions de numérisation des archives nationales sur Bibliocracy, déplore que les Canadiens soient placés « devant ce fait accompli » alors qu’il y avait là une belle occasion de trouver une « solution collaborative » uniquement canadienne et propriété des Canadiens.

     

    Même s’il s’est répandupartout sur Terre, l’OCLC, un organisme créé en 1967, a un siège social à Dublin dans l’État de l’Ohio. Son conseil d’administration est composé pour une grande partie d’Américains. On y croise toutefois le bibliothécaire en chef de l’Université de Toronto, celui de l’Université de Francfort, mais aussi la directrice de la Catholic Research Resources Alliance.













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