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    Musée national des beaux-arts du Québec

    Naissance d’un complexe muséal

    L’architecte Shohei Shigematsu photographié sur le chantier du nouveau pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec, le plus important projet culturel de l’heure au Québec.
    Photo: Renaud Philippe - Le Devoir L’architecte Shohei Shigematsu photographié sur le chantier du nouveau pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec, le plus important projet culturel de l’heure au Québec.
    Un projet de 103,4 millions

    33,7 millions du gouvernement fédéral
    45,1 millions du gouvernement du Québec
    24,6 millions du secteur privé (86 % de la somme est amassée)


    Un redéploiement des collections en trois phases

    « Avec cette collection de bâtiments aux identités architecturales très différentes, on voulait qu’il y ait une signature muséologique au niveau des collections qui soit aussi très claire et cohérente. » Line Ouellet, directrice générale du MNBAQ.

    2014: L’art moderne au pavillon Charles-Baillairgé — quatre expositions monographiques : Fernand Leduc, Jean-Paul Lemieux, Alfred Pellan, Jean-Paul Riopelle.

    2015:Inauguration du nouveau pavillon Pierre-Lassonde dédié à l’art contemporain (post-1960), à l’art inuit, à l’art décoratif et au design.

    2017: Redéploiement de toute la collection nationale d’avant 1960 dans le pavillon Gérard-Morisset.

    Québec — Après la polémique entourant la démolition du couvent des Dominicains, le chantier du nouveau pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) se veut la promesse d’un renouveau. Visite guidée en compagnie de son architecte, Shohei Shigematsu.


    Après la polémique entourant la démolition du couvent des Dominicains, le chantier du nouveau pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) se veut la promesse d’un renouveau. Visite guidée en compagnie de son architecte, Shohei Shigematsu.

     

    Déjà, l’animation des grues surplombant Grande Allée change la perception du MNBAQ. Jusqu’ici en retrait dans le parc des Champs-de-Bataille, l’institution veut maintenant se mêler à l’activité urbaine et citoyenne, voire la susciter, tout en offrant un accès privilégié au bord du fleuve.

     

    « Quand on a vu que le site du musée se trouve entre la ville et le parc, on a voulu que les trois entités s’étendent. Pas seulement le musée dans la ville, mais aussi le parc vers la ville et la ville vers le parc », indique au Devoir l’architecte Shohei Shigematsu en marge d’une visite du chantier.

     

    Le directeur de l’antenne new-yorkaise de la prestigieuse firme internationale OMA mène le plus important projet culturel de l’heure au Québec, en partenariat avec les Québécois Provencher Roy + associés. « Entre ces deux domaines publics, l’art crée une espèce d’interface », poursuit-il. Un peu comme le Metropolitan Museum le fait dans le Central Park de New York, par exemple.

     

    Le concept architectural évoque bien ce double mouvement. Le geste ressemble à une tranche du terrain qu’on aurait surélevée sur trois niveaux, en escalier. Sur chaque palier donnant côté parc, un toit vert confond presque le bâtiment à la nature environnante. Depuis la rue toutefois, cette avancée donne une impression plus grandiose, avec sa façade de verre suspendue au-dessus d’un vaste parvis qui formera une place publique. « Cet usage citoyen, et pas juste l’architecture, sera assez convainquant pour ne pas qu’on ne regrette l’édifice démoli », croit-il.

     

    Porte d’entrée

     

    Cette relative monumentalité, côté urbain, n’est pas innocente. Nouvelle porte d’entrée du musée, le pavillon Lassonde, premier bâtiment de facture aussi contemporaine à Québec, se veut aussi un nouveau marqueur urbain, signalant l’arrivée en ville autant que l’accès au parc des Champs-de-Bataille.

     

    « J’ai été surpris de constater qu’il n’y a pas vraiment de moment où on a le sentiment que c’est l’entrée du parc. L’hôtel Le Concorde est pour l’instant le seul marqueur réussi, affirme celui qui travaille aussi au chantier du Marina Abramovic Institute for the Preservation of Performance Art dans l’État de New York. Je m’attends, si le nouveau pavillon est un succès, à ce que ça génère d’autres cas, d’autres invitations à aller dans le parc, qui est magnifique. »

     

    Fondée à Londres dans les années 1970 entre autres par la starchitecte Rem Koolhaas, la firme OMA répand son aura d’excellence et d’exploration des formes. On lui doit notamment la bibliothèque centrale de Seattle, la Casa da Musica de Porto, le Shenzen Stock Exchange en Chine. Le pavillon Lassonde sera le premier bâtiment signé OMA au pays.


    Rêver collectivement

     

    Cette nouvelle aile muséale dédiée à l’art contemporain abritera un auditorium de 250 places au sous-sol, un vaste hall d’entrée pouvant accueillir divers événements publics et quatre galeries d’exposition aux étages supérieurs. Elle oppose une architecture du XXIe siècle aux deux pavillons existants — Gérard-Morisset de style beaux-arts (1933) et Charles-Baillairgé, ancienne prison d’influence néo-Renaissance (1867), tout en respectant leur volume et celui de l’église des Dominicains toute proche.

     

    Le nouveau complexe muséal ainsi formé « mélangera l’expérience de l’architecture, de la nature et de l’art, souligne Line Ouellet, directrice générale du MNBAQ, qui promet un parcours d’art public reliant les édifices. On s’offre des routes, des viaducs, des hôpitaux et c’est très pratique et important, mais là, on s’offre l’occasion de rêver collectivement. »

     

    Le pavillon Lassonde sera relié à l’accueil, distant de 150 mètres, par un corridor souterrain où se déploiera l’imposant Hommage à Rosa Luxembourg de Jean-Paul Riopelle. À son ouverture en 2015, l’aile aura ajouté 15 000 m2 aux 18 500 m2 actuels, qui ne permettent d’exposer qu’un maigre 2 % des 37 000 oeuvres d’art québécois que compte le musée.

     

    Cet ajout majeur a d’ailleurs forcé le redéploiement de toutes les collections, dont la première phase sera lancée sous peu. « La construction d’un édifice appelle non seulement un nouvel espace physique, mais aussi de nouvelles idées et ambitions, note M. Shigematsu. C’est ce qui est le plus significatif de l’architecture, de prendre part à cette réflexion. »

     

     

    Notre journaliste a séjourné à Québec à l’invitation du Musée national des beaux-arts du Québec.

     
     
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