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    Des prix soulignent des partenariats remarquables

    «La culture est importante pour toute grande ville, pour toute grande métropole, puisque c’est une fabrique du tissu social»

    15 juin 2013 |Claude Lafleur | Actualités culturelles
    L’alliance arts et affaires peut permettre la naissance ou la pérennisation de projets culturels importants.
    Photo: Jean-Louis Fernandez L’alliance arts et affaires peut permettre la naissance ou la pérennisation de projets culturels importants.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    « Une belle alliance », nous dit Charles Lapointe. « Il y a une prise de conscience de la valeur économique de la culture et des arts », ajoute Michel Leblanc. Les présidents du Conseil des arts de Montréal et de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain sont d’accord : une conjonction arts et affaires, c’est une bonne affaire pour les deux parties !


    « Les grandes villes riches, mais pauvres en culture, sont des villes ennuyantes et elles sont, à mon avis, menacées à long terme, déclare Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). En fait, les grandes villes dont on se souvient dans l’histoire sont généralement celles qui ont eu du succès économique, mais également du succès culturel et artistique. Or je constate que les gens d’affaires de Montréal le comprennent très bien. »


    C’est pourquoi la CCMM et le Conseil des arts de Montréal (CAM) décernent conjointement quatre prix Arts-Affaires. « C’est une belle alliance, puisque ça ajoute à la complicité entre le monde culturel et le milieu des affaires, relate Charles Lapointe, président du CAM. Avec le temps, on se rend compte qu’une certaine émulation s’installe chez nos amis du monde des affaires. »


    Ce que confirme M. Leblanc en indiquant que ces prix, qui soulignent l’engagement des gens d’affaires auprès d’organismes artistiques du Grand Montréal, sont de plus en plus convoités. « Le jury indépendant qui décerne ces prix a, en général, un travail très difficile à faire, dit-il, puisque tous ceux et celles qui sont mis en nomination le sont parce qu’ils font un travail remarquable. Il faut donc choisir parmi des gens dévoués et engagés, ce qui n’est pas une tache facile. »


    Les candidats sont mis en nomination par le milieu de la culture selon quatre catégories : Grande Entreprise, PME, Personnalité arts-affaires et Bénévole d’affaires. Des 17 candidats retenus au départ, les quatre lauréats ont été récompensés mardi dernier, le 11 juin, lors d’une cérémonie qui s’est tenue au Théâtre Rialto, dans une ambiance inspirée des années 1920.


    Au service de la culture


    « Les prix Arts-Affaires sont nés de la volonté de donner au milieu de la culture la chance de célébrer des gens d’affaires qui font un bon travail, relate Charles Lapointe. C’est pourquoi ils sont si intéressants. » Ces prix soulignent souvent l’action à long terme d’entreprises ou de gens d’affaires qui s’engagent personnellement, ajoute Michel Leblanc. En outre, leur contribution est souvent plus que financière, mais aussi beaucoup humaine. « Voilà qui est très important, puisque la présence de mécènes, de mentors ou de conseillers qui ont réussi dans les affaires sert à valider une démarche à long terme. Ces gens d’affaires fournissent de bons conseils et souvent ils peuvent valider le modèle d’affaires de l’entreprise culturelle ou sa structure. Voilà qui compte pour beaucoup ! », insiste-t-il.


    M. Lapointe remarque pour sa part que, souvent, des gens d’affaires contribuent à une entreprise culturelle par goût et par choix personnel. « Ils le font humblement, sans penser que, un jour, on soulignera leur contribution », remarque-t-il. Par contre, ajoute-t-il, ils sont souvent « très, très heureux » de recevoir un prix Arts-Affaires.


    M. Leblanc insiste beaucoup sur l’importance de soutenir à long terme les entreprises culturelles. « Pour celles-ci, dit-il, il n’y a rien de tel qu’un engagement d’appui à long terme, puisque ça vient les rassurer, ça leur donne la possibilité de se projeter. Par exemple, si une troupe veut faire des tournées ou des expositions ou si elle veut se mettre à créer en retrait durant un certain temps, elle dispose alors d’un appui dans la durée, ce qui est très important ! »


    C’est ainsi que le p.-d.g. de la Chambre de commerce rapporte que, dans les choix des lauréats des prix Arts-Affaires, un critère qui ressort régulièrement est justement l’engagement dans la durée. « La présence durant plusieurs années - dans certains cas, même sur des décennies - d’individus ou d’entreprises est fondamentale pour le bien-être et le développement des entreprises culturelles », dit-il.


    Vers un financement citoyen de la culture?


    Michel Leblanc observe avec satisfaction l’« engagement grandissant et systématique » du monde des affaires en culture. « Je dirais même qu’il y a récemment eu une prise de conscience de la valeur économique de la culture et des arts, ajoute-t-il, de sorte que le milieu des affaires s’engage parce que c’est bon pour la collectivité et bon pour notre identité. La culture est importante pour toute grande ville, pour toute grande métropole, puisque c’est une fabrique du tissu social. »


    De ce fait, il considère qu’on pourrait ajouter deux outils pour appuyer plus solidement l’essor de la culture à Montréal. « À mon avis, dit-il, nos grands établissements - je pense entre autres à l’Orchestre symphonique et à nos grands musées - bénéficieraient de fondations mieux dotées, à l’exemple des grands établissements américains. Notre défi serait donc de construire, au fil des prochaines années, des fonds de dotation qui mettraient ces établissements à l’abri des grandes fluctuations économiques. »


    Pour ce qui est des plus petites entreprises culturelles, le p.-d.g. de la Chambre de commerce préconise le recours au financement via les réseaux sociaux - ce que les anglophones appellent le crowd-funding. « Il s’agit d’un outil qui a été pensé ici mais qui est développé en partie ailleurs, précise-t-il. Imaginez un site web, par exemple, qui permettrait aux créateurs et aux diffuseurs d’afficher leurs projets ou leurs produits, et où chacun d’entre nous soutiendrait ce qui nous intéresse en y contribuant quelques dollars. Voilà qui permettrait à tous les Montréalais de participer directement à l’essor culturel !


    Pour M. Leblanc, ce serait là « l’optimisation des nouveaux médias et réseaux sociaux. J’ai l’impression qu’on est presque rendu là, soutient-il. Il y a beaucoup de gens à Montréal qui y réfléchissent… »


    « C’est ainsi que, disposant d’un système de dotation pour les grandes entreprises culturelles et d’un système de financement citoyen, la culture montréalaise bénéficierait d’un système en appui très efficace », conclut-il.


     

    Collaborateur

    L’alliance arts et affaires peut permettre la naissance ou la pérennisation de projets culturels importants. Le Musée d'art contemporain de Montréal La Nuit blanche - présentée dans le cadre du festival Montréal en lumière - accueille, chaque année, des milliers de personnes dans la métropole. Le Musée des beaux-arts de Montréal offre des ateliers artistiques aux enfants.












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