Les arts vivants pour tous
Les revenus et l’âge ne sont plus des facteurs déterminants pour la fréquentation des scènes
La culture aide le moral et la santé, et pas seulement celle de notre économie, ont martelé de récentes études. Mieux encore, l’accès aux arts vivants semble transcender les classes socio-économiques et culturelles au Canada, révèle une nouvelle enquête rendue publique lundi.
Selon un rapport de Strategic Moves préparé par l’Association canadienne des organismes artistiques (CAPACOA), le revenu et le niveau de scolarité ne seraient plus les facteurs les plus influents sur le taux de fréquentation des arts de la scène au Canada. À en croire les données recueillies auprès de plus de 1000 Canadiens et plus de 288 diffuseurs à travers le pays, la fréquentation de spectacles en bas âge, autant parmi les personnes fortunées que démunies, serait le principal facteur prédictif de leur intérêt futur pour les arts vivants.
« Les facteurs démographiques tels que le revenu et l’éducation ont moins d’influence qu’on le suppose […] ou même, dans le cas de l’âge, une influence contraire à ce qu’on pourrait penser », indique le rapport.
De fait, deux Canadiens sur trois, résidants de villes de moins de 25 000 habitants, gagnant moins de 40 000 $, sans diplôme universitaire, ont assisté à un spectacle en 2011, comparativement à 87 %, chez les très privilégiés touchant plus de 120 000 $. Le fossé n’est donc pas celui que l’on pense.
Les jeunes, les plus vieux et Internet
L’enquête réfute la croyance voulant que les têtes blanches soient plus intéressées par les arts vivants que les plus jeunes. Les chiffres affirment plutôt que 83 % des jeunes de 18 à 34 ans ont assisté dans la dernière année à une représentation d’arts vivants, contre 70 % pour les Canadiens âgés de 55 ans et plus. Si le théâtre attire autant les jeunes que les plus vieux, les jeunes générations affectionnent davantage la musique populaire, la danse et les festivals, alors que la musique classique trouve davantage son public chez les quinquagénaires.
Malgré les bouleversements entraînés par l’arrivée d’Internet et les médias sociaux sur les modes de consommation de la culture, le rapport conclut que l’accès facilité aux arts vivants par l’entremise des médias ne vampirise pas la fréquentation en salles, mais vient plutôt s’y ajouter. « Internet n’est pas en voie de remplacer les arts vivants, il y facilite plutôt l’accès. Car les gens qui consomment l’art à travers les médias sont aussi ceux qui assistent à plus de spectacles sur scène », explique Frédéric Julien, chargé de projet pour CAPACOA.








