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Le Devoir de débattre - Divergences de vue sur l’art public

François W. Croteau, Marie-Claude Langevin, Sarah McCutcheon Greiche et Marcel Côté, lors de la soirée Le Devoir de débattre dirigée par l’éditorialiste du Devoir Antoine Robitaille.
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir François W. Croteau, Marie-Claude Langevin, Sarah McCutcheon Greiche et Marcel Côté, lors de la soirée Le Devoir de débattre dirigée par l’éditorialiste du Devoir Antoine Robitaille.

Faut-il remettre en valeur les oeuvres d’art public, quitte à les déplacer de leur lieu d’origine, ou les utiliser comme levier pour revitaliser des espaces publics désaffectés par les Montréalais ?


C’est à une collision entre ces deux visions qu’a donné lieu le débat organisé par Le Devoir lundi soir sur le thème « Les dilemmes de l’art public à Montréal », tenu au Centre canadien d’architecture.


Nourrie ces derniers mois par les opinions polarisées soulevées par le sort de L’homme de Calder, la discussion a repris de plus belle lors de cette soirée, révélant que le débat n’est pas près de s’éteindre. Et cela, en dépit de la motion adoptée par le conseil municipal, confiant à la Société du parc Jean-Drapeau le soin de revaloriser l’oeuvre sur son site actuel.


Ce vif échange opposait Marcel Côté, économiste, et Sarah McCutcheon Greiche, historienne de l’art, deux farouches défenseurs du déménagement du Calder au centre-ville, à François W. Croteau, maire de Rosemont -La-Petite-Patrie et instigateur de la motion de Projet Montréal, et à Marie-Claude Langevin, chercheuse, M. A. en étude des arts à l’UQAM, tous deux partisans du maintien de la sculpture monumentale in situ.


« Une oeuvre est indissociable de son lieu d’origine et du moment historique pour lequel elle a été créée. C’est l’absence de consensus sur les valeurs historiques, culturelles et identitaires qui expliquent les divergences de vues dans ce débat », fait valoir Mme Langevin.


Dénature-t-on une oeuvre dès lors qu’on l’arrache de son contexte historique ? À cet argument, Marcel Côté et Sarah McCutcheon ont affirmé que plusieurs grands stabiles de Calder avaient été déménagés au cours des dernières années. Et certains, à plus d’une occasion. « Une trentaine ont été déplacés et sept plusieurs fois », de rétorquer Mme McCutcheon, qui a rappelé que L’homme, appartenant à une série de stabiles similaires, n’avait pas été créé uniquement pour l’Expo 67. « L’intention de l’artiste était qu’il occupe une place publique…, pas un endroit inaccessible, caché par les arbres », a-t-elle insisté.


À quoi bon sert une oeuvre d’art public, si elle n’est pas vue et admirée par le plus grand nombre ? a renchéri Marcel Côté. « Le Calder a besoin d’un lieu pour être mis en valeur ; si on se l’approprie, ça deviendrait un des symboles de Montréal, comme c’est le cas pour une autre oeuvre de Calder à Grand Rapids. »


Même si tous concèdent que le déplacement de La joute de Riopelle s’est avéré un succès, il n’y a pas de consensus sur le rôle que doit jouer l’art public dans la ville. Pour Marcel Côté et Sarah McCutcheon, Montréal doit se doter d’« oeuvres d’envergure internationale » et leur donner un « maximum de visibilité » en les plaçant au centre-ville. Le Calder est « abandonné au bout d’une autoroute », invoque M. Côté. « On possède l’une des oeuvres majeures du XXe siècle, il faut lui accorder un certain respect », a-t-il déploré.


Une vision que réfute François Croteau, maire de Rosemont qui estime que « l’art public doit devenir systématique dans les projets, dans les quartiers et au coeur de la vie des citoyens. On veut de la beauté dans les quartiers pas juste au centre-ville. On ne s’est jamais demandé si la statue de la Liberté était trop inaccessible aux citoyens. » Le maintien du fameux stabile permettra au contraire de redonner vie au deuxième parc des Montréalais en superficie.


Avec 225 oeuvres d’art public recensées à Montréal, contre plus de 1500 à Chicago par exemple, tous se sont entendus pour dire qu’il reste beaucoup à faire pour revaloriser l’art public, l’administration municipale peinant déjà à maintenir en bon état les oeuvres actuelles.

 
 
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