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    Ottawa impose le bâillon aux archivistes

    Des compressions budgétaires imposées l’an dernier ont entraîné l’élimination de 215 postes au sein de BAC. La moitié du personnel affecté à la numérisation et à la circulation a alors été congédié.
    Photo: Jacques Grenier - Archives Le Devoir Des compressions budgétaires imposées l’an dernier ont entraîné l’élimination de 215 postes au sein de BAC. La moitié du personnel affecté à la numérisation et à la circulation a alors été congédié.

    Après ses scientifiques, le gouvernement fédéral semble vouloir bâillonner ses archivistes et ses bibliothécaires. En tout cas, un nouveau Code d’éthique adopté en janvier par Bibliothèque et Archives Canada (BAC) identifie l’enseignement et les colloques savants comme des activités « à haut risque » éthique.


    « Avec ce Code de conduite, on interdit au personnel de BAC de participer à toute activité professionnelle ou scientifique dans laquelle il pourrait nous faire profiter de ses connaissances et de son expérience, explique au Devoir Carol Couture, président de l’Association des archivistes du Québec (AAQ). Pour nous, c’est une tentative d’imposer le bâillon aux archivistes et aux bibliothécaires. J’ai participé à beaucoup de congrès internationaux et je n’ai jamais entendu dire qu’un pays démocratique se rendait jusque-là. »


    Le président Couture lie cette tentative de contrôle des gardiens de la mémoire collective à la censure apparente des scientifiques au pays. « J’établis un lien direct entre les deux situations : dans les deux cas, il y a une atteinte à la liberté de parole et une volonté de contrôle de l’information », dit-il.


    La commissaire à l’information a accepté cette semaine d’ouvrir une enquête sur les allégations des scientifiques fédéraux qui se disent muselés à la suite d’une plainte déposée par le Centre du droit de l’environnement de l’Université de Victoria et par l’organisme Démocratie en surveillance.


    L’AAQ, l’Association of Canadian Archivists (ACA) et le Canadian Council of Archives (CCA) signent une lettre conjointe datée du 27 mars adressée à Daniel Caron, bibliothécaire et archiviste national du Canada, pour l’encourager à revoir « le ton et le contenu » de ce Code. L’Association canadienne des bibliothèques a aussi dénoncé la nouvelle balise professionnelle.


    Le texte de 21 pages, sous-titré « Valeurs et éthique », identifie l’enseignement et les conférences comme des « activités personnelles » au même titre que l’engagement politique. Il est spécifié qu’un employé de BAC peut par contre accepter de donner des cours ou de participer à un colloque dont le sujet n’est pas lié à l’institution.


    En fait, la tentative de contrôle, si elle s’avère, semble encore plus saugrenue pour les archivistes que pour les scientifiques, puisqu’elle concerne des sujets par définition passés, voire très lointains. Les documents du conseil des ministres déposés au BAC restent sous scellés pour 20 à 30 ans.


    « Pour les archives, par définition, on parle de documents historiques qui ont une valeur de témoignage, poursuit l’archiviste. Le Code de conduite vient placer un bâillon sur les personnes les plus à même de nous aider à rendre la mémoire accessible. Les archives comme telles demeurent accessibles, mais les experts de ces documents, eux, sont bâillonnés. »


    Des compressions budgétaires imposées l’an dernier ont entraîné l’élimination de 215 postes au sein de BAC. La moitié du personnel affecté à la numérisation et à la circulation a alors été congédié. Le Programme national de développement des archives (PNDA) a également disparu. Ce programme aidait à la constitution d’un réseau pancanadien du patrimoine documentaire basé sur les dépôts documentaires des provinces, des régions et des universités.


    « Le PNDA remontait aux années 1990 et servait beaucoup les chercheurs, dit M. Couture. Le Forum pancanadien des ressources documentaires devait prendre le relais, mais ça ne fonctionne pas. C’est un autre dossier qui nous inquiète. »


    Le bureau du bibliothécaire et archiviste national a accusé réception de la lettre « de manière laconique ». Il a été impossible d’obtenir un commentaire de son institution.


    « Je n’ai pas un espoir très, très grand, dit le président Couture. On comprend que ce Code de conduite s’inscrit très bien dans la démarche du gouvernement Harper pour le contrôle de l’information. »

     
     
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