Francis Ducharme, l’apatride
Est-il plus danse ou plus théâtre ? Francis Ducharme embrasse également les deux. Il aime le mouvement comme « territoire où les mots ne suffisent plus », con-fie-t-il. Au point d’être un peu l’apatride, danseur pour les acteurs et acteur pour les danseurs.
Il sort à peine des représentations de Cinq visages pour Camille Brunelle à l’Espace Go, a travaillé avec Claude Poissant - « Quel esprit libre ! », dit-il -, Brigitte Haentjens - « pour son esprit de délinquance ». Mais c’est le chorégraphe Dave St-Pierre (No Man’s Land, La pornographie des âmes) qui l’a révélé, lui ouvrant les portes de la danse-théâtre du génie belge Sidi Larbi Cherkaoui pour aller créer la pièce Babel.
C’est d’ailleurs en voyant Foi de Cherkaoui que Francis Ducharme a eu la piqûre des oeuvres multiformes. « C’était le parfait mariage de danse et de théâtre, et il y avait des chants baroques en plus. Tout pouvait se côtoyer », dit-il.
Sorti de l’École nationale de théâtre il y a dix ans, danseur autodidacte, il reconnaît toutefois qu’il ne pourrait pas travailler avec n’importe quel chorégraphe. « Dave [St-Pierre] voulait travailler avec des acteurs et ne tenait pas à la finition. »
Qu’est-ce qui nourrit, selon lui, le chassé-croisé des talents artistiques ? L’esprit collaboratif ambiant, bien sûr, mais aussi l’esprit d’ouverture dans lequel il a été formé. Mais selon lui, le cumul des pratiques n’est pas un passage obligé, les formes pures sont encore pertinentes et il n’y a rien de bien nouveau sous le soleil. « Jeanne Moreau chantait et faisait des films… »








